17/08/2006

Pouvoir juif

Pouvoir juif
par Paul Eisen *
on israelshamir.net
http://www.israelshamir.net/shamirImages/Shamir/3.htm
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Le crime contre le peuple palestinien est en train d’être perpétré par un Etat juif dont les soldats juifs utilisent des armes ornées de symboles religieux juifs, avec l’entier soutien et la complicité de l’immense majorité des juifs organisés, de par le monde. Mais de là à désigner les juifs en tant que responsables de ce crime… : voilà pourtant qui semble impossible !

L’avenir est toujours ouvert, et rien ne peut jamais être écarté. Mais, pour l’instant, il est difficile d’entrevoir comment Israël pourrait être stoppé. Depuis plus de cinquante ans, ils est clair qu’Israël ne relâchera son attitude exterminatrice envers les Palestiniens et l’existence palestinienne que lorsqu’il sera contraint à le faire. Cette nécessité ne saurait résulter d’une action militaire, et il est néanmoins difficile d’entrevoir de quelle manière quelque chose d’autre pourrait l’imposer. La croyance généralement admise – selon laquelle, si l’Amérique tournait le robinet à dollars, Israël serait mis à genoux – est loin d’être prouvée. Tout d’abord, cela n’arrivera pas. Ensuite, ceux qui y croient sous-estiment vraisemblablement tant la cohésion de la société israélienne que la force de l’histoire juive qui l’imprègne. Encore plus invraisemblable est l’option militaire. La seule force, au monde, qui pourrait éventuellement réduire Israël, c’est l’armée américaine. Et, là encore, cela n’arrivera pas.

La résistance palestinienne nous surprendra toujours. Après plus de cinquante ans d’agression brutale par ce qui risque fort d’être considéré un jour comme l’une des puissances les plus impitoyables et irrationnelles des temps modernes, confronté à la coalition de la quasi totalité des puissances terrestres, les Palestiniens sont encore parmi nous, ils tiennent toujours bon, ils savent encore qui ils sont et d’où ils viennent ! Néanmoins, actuellement, la résistance effective est peut-être déjà derrière nous (bien que la possibilité d’une résistance non-violente ne puisse jamais être totalement écartée) et, pour l’instant, la seule stratégie qui s’offre encore à eux risque fort de n’être qu’une stratégie pour la survie.

Pour nous, il est tellement plus facile de nier cette réalité, plutôt que l’accepter, et sans aucun doute : le combat va continuer. Jusqu’à quel point ce combat sera-t-il fructueux, personne ne peut le prédire. Bien que le présent semble totalement désespéré, la survie est toujours vitale, et personne ne sait quand de nouvelles opportunités pourront se présenter. Quoi qu’il en soit, le combat contre l’injustice vaut toujours le coup d’être mené. Mais quid, si ce combat devient tellement décevant qu’il fait obstacle à la résistance, plutôt qu’il ne la seconde ? Quid si la lutte devient une manière d’éviter la réalité, plutôt que de l’affronter ? Ces slogans : « A bas l’occupation ! » et « Deux Etats, pour deux peuples » sont désormais rejoints par un nouveau slogan : « Une seule solution : un Etat unique ! ». Ce slogan est exactement aussi fantasmatique que ses prédécesseurs, parce que, de la même manière que l’occupation ne prendra jamais fin, et qu’il n’y aura jamais de véritable Etat palestinien, il n’y a pour l’instant, aucune possibilité d’un quelconque « Etat unique » que l’Etat d’Israël, qui s’étend désormais de la Méditerranée au Jourdain, et la seule « solution » est une solution finale, laquelle – même elle – ne saurait être écartée du revers de la main.


« Le sionisme, ce n’est pas le judaïsme ; le judaïsme, ce n’est pas le sionisme »…

Le crime contre le peuple palestinien est en train d’être perpétré par un Etat juif dont les soldats juifs utilisent des armes ornées de symboles religieux juifs, avec l’entier soutien et la complicité de l’immense majorité des juifs organisés, de par le monde. Mais de là à désigner les juifs en tant que responsables de ce crime… : voilà pourtant qui semble impossible ! Le passé est simplement trop terrible. Nous savons tous à quelle haine et à quelle violence ont conduit, dans le passé, les accusations portées contre les juifs. Aussi, si nous nous mettions à examiner d’un œil critique le rôle des juifs dans ce conflit, qu’en adviendrait-il de nous, et de notre combat ? Serions-nous étiquetés d’antisémites, perdant l’essentiel du soutien que nous avons tant peiné à conquérir ?

Le présent, lui aussi, est plein d’ambiguïtés. Le sionisme n’est pas le judaïsme ; le judaïsme n’est pas le sionisme : voilà qui est devenu un article de foi, répété comme un mantra, à l’infini, ainsi que l’assertion selon laquelle le sionisme serait une idéologie séculière, opposée, pour l’essentiel de son histoire, à l’immense majorité des juifs religieux et à laquelle s’opposent encore aujourd’hui des juifs véritablement respectueux de la Torah, tels ceux du mouvement Neturei Karta. Mais le sionisme est désormais au cœur de la vie juive, des juifs religieux étant parmi les sionistes les plus virulents. Et les Neturei Karta, en dépit de leur judaïsme impeccable, de leurs magnifiques discours et de l’enthousiasme avec lequel ils sont accueillis dans les meetings de solidarité, etc., risquent fort de n’être que des juifs de carnaval, à des années lumières de la réalité de la vie juive.

Et, quand bien même le sionisme pourrait être désolidarisé du judaïsme, pourrait-il être distingué d’une identité juive plus large, ou de la judéité ? Très souvent, le sionisme est proclamé un ajout moderne à l’identité juive, une nouvelle idéologie colonialiste de peuplement, fût-elle anachronique, à la seule différence qu’elle serait adoptée par des juifs, en réponse à leur vocation. Mais ne serait-ce pas plutôt que notre besoin d’échapper à l’accusation d’antisémitisme et nos propres perceptions et sentiments conflictuels, notre insistance à affirmer que le sionisme et la judéité sont disjoints, nous ont amenés à interpréter la situation de manière erronée ? Notre refus de regarder en face la judéité même du sionisme et ses crimes ne nous a-t-il pas empêché de comprendre exactement ce contre quoi nous nous battons ?


Les juifs, le judaïsme et le sionisme

Les juifs sont complexes ; l’identité juive est complexe et la relation entre le judaïsme, une religion, et une identité juive, ou judéité, plus large et souvent laïque, est véritablement très complexe. La judéité, cela peut s’expérimenter à l’écart de toute synagogue, de toute yeshiva ou de tout autre aspect formel de vie juive religieuse. Et pourtant, elle n’en est pas moins inextricablement liée au judaïsme. C’est la raison pour laquelle les juifs laïcs sont enclins à proclamer leur laïcisme au moins aussi fort qu’ils clament leur judéité. Marc Ellis, un juif religieux, dit que lorsque vous examinez ces juifs qui sont solidaires des Palestiniens, l’immense majorité d’entre eux sont laïcs – mais, d’un point de vue religieux, l’Alliance les concerne tout autant. Pour Ellis, ces juifs laïcs sont peut-être porteurs de l’avenir de la vie juive, à leur insu, voire même à leur corps défendant.

L’identité juive, qui lie les juifs entre eux, provient des profondeurs de l’histoire juive. Il s’agit d’une histoire partagée, à la fois réelle et imaginaire, en ceci qu’elle est à la fois littérale et théologique. Beaucoup de juifs, en Occident, partagent une véritable histoire de vie commune en tant que peuple distinct, ayant vécu tout d’abord en Europe orientale ou centrale, puis en Europe occidentale et en Amérique. D’autres partagent une authentique histoire d’installation en Espagne, suivie d’une expulsion, puis d’une réinstallation un peu partout dans le monde, et en particulier dans les pays arabes et musulmans. Mais cela n’est peut-être pas ce qui unit tous les juifs, parce que cela n’est pas avéré pour tous les juifs, mais d’autres liens existent, qui peuvent être théologiques ou historiques. La plupart des Palestiniens, aujourd’hui, ont sans doute plus de sang hébreu dans leurs petits doigts que la plupart des juifs occidentaux n’en ont dans tout leur corps. Et néanmoins, l’histoire de la Sortie d’Egypte est aussi réelle, pour beaucoup d’entre eux, et – plus important – cette histoire a été aussi réelle pour eux, quand ils étaient enfants – que s’ils s’étaient personnellement trouvés, avec tous les juifs, en compagnie de Moïse lui-même, au pied du Mont Sinaï.

Et des histoires comme celles-ci ne s’arrêtent pas à l’époque contemporaine. Même pour des juifs laïcs, il existe un sentiment, même s’ils ne le reconnaissent pas ou n’en ont pas conscience, non seulement d’une histoire en partage, mais aussi d’un destin commun. Central, dans l’histoire juive, tant religieuse que séculière, est le sentiment d’une mission centrée sur l’exil et le retour. Comment expliquer autrement la dévotion extraordinaire de si nombreux juifs, religieux et laïcs, envers le « retour » sur une terre avec laquelle, en termes réalistes, ils n’ont qu’un lien extrêmement ténu, et encore, lorsqu’ils en ont un ?

Pour bien des juifs, cette histoire leur confère une « spécificité ». Cela n’est pas unique aux juifs – après tout, qui, au plus profond de soi-même, ne se sent-il pas un tant soi peu différent d’autrui ? Mais, pour les juifs, cette spécificité est au centre de leur auto-identification, et la plupart des hommes, autour d’eux, semblent y apporter leur concours. Pour les juifs religieux, leur spécificité découle d’une alliance supposée avec Dieu. Mais pour les juifs laïcs, leur spécificité provient d’une histoire particulière. Dans les deux cas, cela peut être une bonne chose, et même une très belle chose. Dans l’essentiel de la tradition religieuse juive, cette spécificité n’est pas autre chose qu’une obligation morale, qu’une responsabilité particulière, à offrir en exemple au monde, et pour beaucoup de juifs laïcs, cela les a conduits à lutter pour la justice, en beaucoup d’endroits, dans le monde entier.

Au cœur de cette spécificité juive, il y a la souffrance et la victimitude juives. Comme l’histoire partagée elle-même, cette souffrance peut – mais pas nécessairement – correspondre à la réalité. Les juifs ont indéniablement souffert, mais leur souffrance demeure inexpliquée, car inexplorée. L’Holocauste, qui représente désormais le paradigme de la souffrance juive, n’appartient plus depuis longtemps à l’histoire : il s’agit désormais d’un phénomène théologique, considéré tel aussi bien par les laïcs que par les religieux – presque un texte sacré – et il est, partant, au-delà de tout examen critique. Et la souffrance ne trouve jamais de fin. Quelque grande qu’ait été leur souffrance, les juifs ne souffrent pas, aujourd’hui, c’est une évidence. Mais, pour de nombreux juifs, leur histoire de souffrance n’est pas simplement un passé auquel on ne saurait rien changer ; c’est aussi un futur possible. Aussi, peu importe le degré de sécurité dont puissent jouir les juifs, beaucoup parmi eux ont le sentiment qu’ils ne sont qu’à un jet de pierre d’Auschwitz.

Le sionisme est au cœur de tout ceci. Le sionisme est, lui aussi, complexe, et il provient, lui aussi, du tréfonds de l’histoire juive, avec ce même sentiment d’exil et d’aspiration au retour. Le sionisme, lui aussi, confirme que les juifs ont une spécificité, dans leur souffrance, et il explique que les juifs doivent « retourner » sur une terre qui leur aurait été donnée – à eux, exclusivement – par Dieu, s’ils sont croyants, ou par l’histoire, s’ils ne le sont pas et, cela, pour la « bonne » et simple raison qu’ils ne sauraient être en sécurité, où que ce soit, ailleurs, sur Terre.

Et alors, allez vous demander ? Si les juifs pensent qu’ils sont un peuple doté d’un lien avec une terre et s’ils ont un désir profond d’y « retourner », en quoi cela nous regarde-t-il, dès lors que cette terre ne serait pas déjà peuplée par les Palestiniens ? Et si les juifs ont le sentiment qu’ils sont spéciaux et que Dieu a conclu quelque marché spécial avec eux, où est le problème, dès lors que cela ne les amène pas à exiger de traitement préférentiel, ni à user de discrimination envers d’autres qu’eux-mêmes ? Et si les juifs ont le sentiment qu’ils ont souffert comme nul autre sur Terre, très bien, dès lors qu’ils n’utilisent pas leur souffrance afin de justifier la souffrance qu’ils imposent à d’autres, ni de manière à exercer un chantage moral sur le monde entier, en lui imposant un silence complice, sinon…

C’est bien là le problème, avec le sionisme. Il exprime l’identité juive, mais il lui donne aussi le pouvoir. Il dit aux juifs (et à beaucoup de non-juifs, aussi) que les juifs peuvent faire ce que les juifs ont toujours rêvé faire. Il s’empare des sentiments religieux parfaitement acceptables des juifs, ou si vous préférez, des illusions parfaitement inoffensives des juifs, et il s’efforce de les transformer en une réalité terrible. Les notions juives de spécificité, d’élection, voire même de suprématisme, sont parfaites, pour un petit peuple errant, mais lorsque ce peuple s’est doté d’un Etat, et d’une armée équipée d’avions de chasse F-16, elles deviennent préoccupantes pour chacun d’entre nous.

Le sionisme, en tant qu’accession des juifs à la nationalité, change tout. Israël n’est pas simplement un Etat comme les autres, c’est un Etat juif, et ceci signifie quelque chose de plus que simplement un Etat pour les juifs. Cet Etat juif est édifié sur des traditions et des modes de pensée qui ont évolué, parmi les juifs, à travers les siècles - et parmi ces modes de pensées, se trouvent notamment les notions que les juifs sont particuliers et que leur souffrance est particulière. De leur propre aveu, les juifs sont une « nation qui vit à part », et pratique le « nous, et eux », et même, dans bien des cas, le « nous, ou eux ». Et ces tendances trouvent leur traduction dans l’Etat moderne d’Israël. Il s’agit d’un Etat qui ne connaît pas de frontières. D’un Etat qui croit, et utilise en guise de justification de ses propres agressions, en la notion que sa survie est en permanence en jeu, et que par conséquent tout et n’importe quoi est justifié afin d’assurer cette survie. Israël est un pays qui pense manifestement que les règles tant juridiques qu’humanitaires applicables à tous les autres Etats ne s’appliquent tout simplement pas à son propre son cas.


Leur pire cauchemar, mais un cauchemar bien à eux…

Quelle terrible ironie, de constater que cette accession au pouvoir des juifs en est venu à ressembler comme deux gouttes d’eau aux avènements de ces pouvoirs sous lesquels les juifs ont souffert mille morts. Le christianisme au pouvoir, là aussi un mariage entre foi et puissance, a imposé son idéologie et poursuivi ses dissidents et ses ennemis avec une ferveur en rien supérieure à celle manifestée par le judaïsme au pouvoir. Dans son zèle et sa confiance en lui-même, le sionisme en est venu à ressembler aux idéologies modernes les plus brutales et les plus implacables. Mais, à la différence du rationalisme brutal du stalinisme, prêt à sacrifier des millions d’êtres humains au nom de la révolution politique et économique, cette idéologie juive, dans son zèle et son irrationalité, s’apparente plutôt au national socialisme, qui a pourtant condamné des millions de personnes au nom de l’atteinte d’une suprématie raciale et ethnique insensée.

Bien sûr, il y a des différences. Mais il y a aussi des similitudes. Le national socialisme, comme le sionisme, autre alliage entre mysticisme et pouvoir, a acquis une crédibilité en tant que moyen supposé susceptible de redresser des torts infligés à un peuple victime. Le national socialisme, comme le sionisme, aspirait à maintenir la pureté raciale / ethnique d’un groupe humain déterminé et à maintenir les droits de ce groupe ethnique particulier au-dessus de ceux des autres peuples. Le national socialisme, comme le sionisme, a proposé, lui aussi, un attachement quasi mystique de ce groupe humain déterminé à un territoire particulier. De même, tant le social nationalisme que le sionisme avaient en partage un intérêt commun : séparer les juifs des non-juifs, dans ce cas particulier, en faisant partir les juifs d’Europe – et ils coopérèrent activement dans la poursuite de ce but. Et si la similarité entre ces deux idéologies est tout simplement trop profonde et trop amère pour être admise, on peut se demander de quoi le national socialisme, avec ses uniformes, ses oriflammes et sa jeunesse enrégimentée avait l’air, aux yeux des Allemands désespérés par les accords de Versailles et les ravages subis par l’Allemagne du fait de la Première guerre mondiale ? Sans doute l’image qu’ils en eurent n’était pas si différente de celle retirée des uniformes, des oriflammes et de la jeunesse au pas cadencé de l’Etat pré- et post-sioniste par les juifs, après leur histoire faite de souffrances, en particulier après l’Holocauste.

Il s’agit là, pour les juifs, de leur propre pire cauchemar : ce qu’ils aiment le plus au monde est devenu ce qu’ils haïssent par-dessus tout. Quant à ces juifs, et d’autres aussi, qui pâlissent en comparaison, laissons-les se poser eux-mêmes la question suivante : qu’est-ce qu’un Allemand moyen, quand bien même eût-il été un nazi fanatique, aurait dit, par exemple en 1938, si vous aviez évoqué devant lui la possibilité d’un Auschwitz ? A ses yeux, vous auriez passé pour dément!


Les juifs américains et l’Amérique juive

Au cœur du conflit, il y a la relation entre Israël et l’Amérique. Il est inutile de rappeler ici les statistiques – des milliards de dollars d’aides et de prêts, les veto américains automatiques à l’ONU,etc. – le soutien américain à Israël semble sans limite. Mais quelle est la nature de ce soutien ? Pour beaucoup de gens, sans doute la majorité, la réponse est relativement simple. Israël est un Etat client de l’Amérique, et cet Etat sert les intérêts américains ou, plus précisément, les intérêts de ses élites au pouvoir. Cette vision des choses est sous-tendue par l’importance évidente du pétrole, l’énorme importance stratégique de la région du Moyen-Orient et le fait que, si Israël ne défendait pas les intérêts des gens qui contrôlent l’Amérique, alors nous pourrions être certains que l’Amérique ne soutiendrait pas Israël. Aussi nul doute que l’Amérique ait trouvé dans les Forces israéliennes « de défense » une armée merveilleusement souple et efficace, aisément mobilisable et excitable, et qu’on peut laisser se déchaîner à loisir, dès lors qu’un quelconque groupe d’Arabes se monterait un peu trop le bourrichon.

Mais est-ce là toute l’histoire ? Israël sert-il réellement les intérêts de l’Amérique, et leur relation est-elle entièrement fondée sur ces intérêts partagés ? Considérons l’immensité des pertes, en terme de bonne volonté de la part d’autres pays, accusées par l’Amérique en raison de son soutien à Israël, et considérons la puissance et l’influence du lobby « juif », « sioniste » ou « pro-israélien » (comme on voudra), qui fait que beaucoup de législateurs généralement responsables, confrontés à la perspective d’une intervention du lobby juif susceptible de leur faire remporter les prochaines élections, semble trop heureux de placer leurs perspectives de réélection très au-dessus de ce qui serait simplement « bon, pour l’Amérique »…

Les détails, qui filtrent, de temps à autre, sur les agissements de l’Aipac (et d’autres officines) et les mécanismes grâce auxquels ces groupes exercent des pressions sur les législateurs et les gouverneurs américains, ont été traités ailleurs ; nous voulons simplement relever ici que ce groupe de pression est sans aucun doute extraordinairement efficace et qu’il rencontre beaucoup de succès. Il ne s’agit pas simplement de petits groupes de juifs favorables à Israël, comme leurs financeurs et soutiens voudraient nous le donner à accroire : il s’agit d’idéologues, puissants et motivés : des multimilliardaires, des magnats des médias, des hommes politiques, des activistes et des leaders religieux. Quoi qu’il en soit, le capacité du lobby juif à bâtir – ou à démolir – toute personnalité publique est légendaire – ce n’est pas pour rien qu’on y fait le plus souvent référence en utilisant l’expression elliptique « The Lobby » [Le Lobby, par excellence]…

Mais, là encore, il y a sans doute bien plus, dans les relations israélo-américaines, qu’une simple communauté d’intérêts et l’efficacité de certains groupes de pression. Le fait que le soutien d’Israël serve nécessairement les intérêts des gens qui contrôlent l’Amérique est certainement la réalité, mais : qui contrôle l’Amérique ? Sans doute, la véritable relation n’est-elle pas entre Israël et l’Amérique, mais entre les juifs et l’Amérique…

L’écrasante majorité des juifs, en Amérique, vivent leur vie, exactement comme le font tous les Américains, non-juifs. Ils sont aisés, et ils sont indubitablement satisfaits de voir l’Amérique soutenir leurs coreligionnaires juifs en Israël, mais les choses s’arrêtent là. Néanmoins, un groupe considérable de juifs contrôle une partie considérable de l’Amérique – oh, bien sûr, pas les muscles industriels de l’Amérique, tels la sidérurgie, les transports, etc., ni le pétrole et les industries de l’armement, ces usines à fric traditionnelles. Non, si les juifs ont une influence, quelque part, en Amérique, ce n’est ni sur les muscles ni sur les tendons, mais plutôt sur le sang et le cerveau. C’est dans la finance et les médias que nous trouvons beaucoup de juifs à des positions extrêmement stratégiques. Les listes abondent (bien que vous deviez consulter des sites ouèbes particulièrement sulfureux pour les trouver) de juifs éminents dans la finance et la vie culturelle : Les juifs dans le secteur bancaire, Les juifs figurant dans la liste des Américains les plus fortunés, établie par Forbes Magazine ; les juifs d’Hollywood ; les juifs de la télévision ; les journalistes, écrivains, critiques juifs, etc…

Les juifs n’ont pas été particulièrement manchots lorsqu’il s’est agi d’exploiter leur position. Ils n’ont pas hésité à utiliser les moyens (quels qu’ils fussent) dont ils disposaient pour assurer la promotion de leurs intérêts bien sentis. Inutile d’adhérer à une quelconque théorie du complot pour remarquer combien il est naturel, pour un juif des médias, de faire la promo des juifs et de leurs valeurs, qu’ils présentent comme positifs et dignes d’être imités. Qui, parmi vous, a vu dernièrement un juif présenté sous un jour autre que favorable ? Les juifs sont intelligents, moraux, intéressants, trépidants, chaleureux, futés, complexes, éthiques, contradictoires, prophétiques, insupportables, parfois passablement irritants, mais toujours formidablement séduisants. Pas étonnant, dès lors, si les juifs occupant des positions enviables sont enclins à faire la promotion de ce qu’ils pensent être les intérêts collectifs des juifs. N’est-il pas tout simplement incroyable que les conseillers juifs qui entourent la présidence américaine aient les intérêts d’Israël à l’esprit lorsqu’ils prodiguent leurs conseils en matière de politique étrangère au président américain ?

Mais bon… Ainsi, il y a beaucoup de juifs qui ont beaucoup d’argent, et beaucoup de juifs qui ont beaucoup de choses à dire et aussi les moyens de les dire et d’être entendus. Si les juifs, en vertu de leur capacité à utiliser des ressources (gagnées tout aussi honnêtement que celles des autres), font la promotion de ce qu’ils perçoivent être leur propre intérêt collectif, qu’y a-t-il à redire à cela ? Tout d’abord, à de rares et notables exceptions, la grande majorité des juifs peuvent, en toute bonne foi, mettre la main sur leur cœur et jurer qu’ils n’ont jamais pris la moindre décision, ni entrepris la moindre action, en ayant à l’esprit des intérêts collectifs juifs, en tout cas, certainement pas consciemment. Et même si c’est le cas, ils ne se comportent pas différemment de tout un chacun. A quelques exceptions près, les juifs ont gagné durement leurs positions avantageuses. Ils sont partis de rien, ils ont joué en respectant les règles du jeu, et s’ils utilisent leur influence afin de promouvoir ce qu’ils pensent être des intérêts juifs, qu’y a-t-il là de si répréhensible ? Les Polonais, les Ukrainiens, le lobby des armes, les évangélistes chrétiens, n’oeuvrent-ils pas, eux aussi, à l’avancement de leurs intérêts spécifiques ?

La différence, entre les juifs et les autres groupes, c’est que les juifs le font probablement mieux que les autres. Les juifs sont, en fonction de quasiment la totalité des critères, le groupe ethnique qui réussit le mieux aux Etats-Unis et, quelle qu’en soit la raison, ils sont depuis longtemps extraordinairement doués lorsqu’il s’agit d’assurer leur auto-promotion, tant individuelle que collective. Et ils n’y aurait probablement rien à redire à cela, si ce n’est le fait que ces mêmes personnes qui exercent une telle influence et un tel contrôle sur la vie américaine sont aussi celles qui semblent refuser d’être tenus de rendre des comptes. C’est subrepticement que les juifs sont perçus comme ayant atteint le succès, ce qui soulève des soupçons. Les juifs, c’est le moins qu’on puisse en dire, se montrent particulièrement chatouilleux sur le chapitre de l’influence qu’on leur prête ou qu’ils ont véritablement. Prononcez simplement l’expression « pouvoir juif », et vous verrez la réaction ! Ils affirment que cette susceptibilité tient au fait que cette accusation a souvent été utilisée à leur encontre, et qu’elle a été le signe annonciateur de discriminations et de violences dirigées contre eux, mais ils ne prennent jamais en considération la possibilité que leur propre réticence à discuter du pouvoir qu’ils détiennent puisse susciter des soupçons, voire même de l’hostilité à leur encontre…

Et puis il y a cette autre allégation, plus subtile, et aussi plus inquiétante. C’est celle selon laquelle ce pouvoir n’existerait pas ; les juifs ne détiendraient aucun pouvoir ; il n’y aurait pas de lobby juif ; les juifs en Amérique n’exerceraient aucun pouvoir et aucune influence afin de promouvoir des intérêts juifs, et même que des intérêts juifs, cela n’existe pas ! Il n’y a pas d’intérêts juifs impliqués dans la guerre en Irak, il n’y a pas d’intérêts juifs en Amérique ; plus étonnant encore, il n’y a pas d’intérêts juifs non plus, ni en Israël, ni en Palestine ! Il n’existe pas de collectif juif. Les juifs n’agissent pas collectivement afin de promouvoir leurs intérêts. Ils disent même que le lobby pro-israélien n’a en réalité pas autant à voir qu’on le dit avec les juifs, que la judéité d’Israël n’a aucune importance et que les Comités pour les Affaires Publiques [Public Affairs Committees – PACs) qui font un lobby effréné en faveur d’Israël ne font rien de plus, en réalité, que soutenir un allié, et par conséquent veiller aux intérêts bien sentis de l’Amérique, allant même jusqu’à dissimuler leur véritable objectif sous des noms d’emprunt d’organismes tels « American for Better Citizenship » [Les Américains pour une meilleure citoyenneté], « Citizen’s Organized PAC » ou encore « National PAC » - dont aucun ne fait la moindre allusion, dans sa raison sociale, ni à Israël, ni au sionisme, ni aux juifs. De même, les juifs et les organisations juives sont censés faire la promotion non tant des valeurs et des intérêts juifs qu’américains, voire universels. Ainsi, le plus grand musée de l’Holocauste, présenté comme « Musée de la Tolérance », met l’accent non seulement sur l’antisémitisme, mais sur toutes les formes d’intolérance connues de l’humanité (excepté celle dont des juifs font preuve envers les non-juifs, en Israël et en Palestine…). De même, l’Anti-Defamation League ne serait rien d’autre qu’une organisation visant à assurer la promotion des principes universels de tolérance et de justice, non seulement en ce qui concerne les juifs, mais pour tout le monde…

Cette convergence entre intérêts juifs et américains n’est nulle part plus éclatant que dans le domaine de la politique extérieure américaine actuelle. Si jamais un tableau a pu évoquer puissamment une conspiration mondiale juive, c’est bien le spectacle donné par les néocons juifs assemblés autour de la présidence actuelle et dirigeant sa politique au Moyen-Orient. Mais on nous dit que le fait que les néocons juifs soient si nombreux à avoir des liens avec des formations de droite en Israël et à être aux premières lignes pour inciter (l’administration américaine) à (adopter) une politique pro-israélienne n’est pas autre chose qu’une simple coïncidence, et toute suggestion que ces personnages puissent être influencés par leur judaïté et leurs liens avec Israël est immédiatement repoussée du revers de la main : elle ne saurait relever que des mythes antisémites surannés concernant la loyauté duplice des juifs. L’idée que l’intervention américaine en Irak, seule véritable contrepoids militaire à l’hégémonie israélienne au Moyen-Orient, et, partant, instigateur de la résistance palestinienne, serve essentiellement des intérêts israéliens, bien avant les intérêts américains, a été elle aussi consignée dans le monde succube des mythes antisémites médiévaux. La suggestion que ces juifs, dans l’entourage du président américain, agissent poussés par des motivations autres que la promotion des intérêts de l’ensemble des Américains, voilà qui n’est pas autre chose que de la diffamation antisémite. Et peut-être ont-ils raison. Peut-être ceux qui assurent la promotion des intérêts juifs sont bien, en fait, en train de défendre des intérêts américains, dès lors que, tout au moins pour l’instant, ils semblent ne faire qu’un…


La Juimérique

A Washington, District of Columbia, on peut admirer un mémorial immortalisant une terrible tragédie. Non pas un mémorial dédié à une tragédie infligée par une puissance étrangère aux Américains, comme à Pearl Harbour, ou encore les attentats du 11 septembre 2001. Non pas un mémorial dédié à une tragédie infligée à des Américains par des Américains, comme la mise à sac de la ville d’Atlanta. Non pas un mémorial de contrition pour une tragédie infligée par des Américains à un autre peuple, tels l’esclavage ou l’histoire de la discrimination raciale en Amérique. Rien de tout cela. Le mémorial de l’Holocauste est là pour rappeler une tragédie infligée à des gens qui n’étaient pas Américains, par des gens qui n’étaient pas Américains, et en un lieu très très éloigné de l’Amérique. Et les coreligionnaires, ou même, si vous voulez, les concitoyens de gens auxquels cette tragédie fut infligée et auxquels le mémorial est dédié représentent environ 2 % de la population américaine. Comment se fait-il qu’un groupe de personnes qui représentent un pourcentage tellement minime de la population américaine générale puisse imposer un respect et une prévenance tels qu’un monument leur soit dédié au cœur symbolique même de la vie nationale américaine ?

Le narratif juif occupe désormais le centre de la vie américaine, en tous les cas, avec certitude, de celle des élites culturelles et politiques de l’Amérique. Il existe, quoi qu’il en soit, beaucoup de choses, dans la façon dont les Américains veulent se voir et voir leur histoire, qui est tout à fait naturellement compatible avec la manière dont les juifs se perçoivent eux-mêmes et dont ils perçoivent leur histoire. Pourrait-il y avoir paradigme plus adéquat, pour un pays fondé sur l’immigration, que l’histoire d’immigration massive des juifs à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècles ? Pour beaucoup d’Américains, l’histoire de ces juifs venus vers leur Goldenes Medina, comme ils disent en yiddish, vers leur Eldorado, démunis de tout, et parvenus, à force de travail acharné et de persévérance, au top niveau même de la société américaine, c’est aussi leur propre histoire. Et pourrait-il y avoir meilleur sujet d’inspiration, pour un pays (sinon officiellement, en tous les cas viscéralement et profondément chrétien) que l’histoire des juifs, le peuple même de Jésus, et le peuple élu de Dieu, retournant dans son ancienne patrie et la transformant en un Etat moderne ? Et pour une nation qui se perçoit comme un phare de démocratie illuminant le monde, quelle meilleure âme-sœur que l’Etat d’Israël, qui passe largement pour « la seule démocratie au Moyen-Orient » ? Enfin, quelle plus éclatante validation, pour un pays lui-même fondé sur une narration de conquête et d’épuration ethnique que le narratif biblique de la conquête et de la purification ethnique de la Terre promise, à laquelle vient se surimposer la colonisation tout aussi violente de la Palestine moderne, avec sa propre épuration ethnique, suivie du « refleurissement du désert » ?

Bien sûr, la notion de peuple juif = peuple souffrant a encore bien plus de résonances. Le fait que ce « peuple souffrant » jouisse aujourd’hui d’un succès qui va bien au-delà des rêves les plus fous d’un quelconque autre groupe ethnique aux Etats-Unis semble n’avoir aucune espèce d’importance. Tout aussi ignorée est la manière dont les juifs américains sont parvenus à accéder au sommet du sommet de la société américaine, tout en se plaignant, tout au long de leur ascension, de la manière dont ils ont fait l’objet de discrimination. Néanmoins, pour l’Amérique, les juifs ont connu une histoire ininterrompue de souffrances et de victimitude. Mais cette histoire a, il est vrai, rarement été étudiée, voire même débattue.



Un peuple souffrant

Le fait que les juifs aient souffert est indéniable, mais la souffrance juive est présentée comme ayant duré si longtemps, comme ayant été si intense et si particulière qu’elle doit être tenue pour différente de toute autre souffrance.

Ce sujet est complexe et ne saurait être débattu de manière exhaustive ici, mais les points suivants sont susceptibles de susciter la discussion et de stimuler le débat.

Même au plus fort des périodes les plus terribles de la souffrance juive, telles les Croisades ou les massacres de Chmielnitzky, dans l’Ukraine du dix-septième siècle, et encore plus à d’autres époques historiques, il a été dit que le paysan moyen aurait donné ce à quoi il tenait par-dessus tout pour pouvoir devenir juif. La signification de ceci est évidente : d’une manière générale, au travers de la plus grande partie de leur histoire, la condition des juifs fut le plus souvent supérieure à celle de la masse de la population.

Les massacres ukrainiens auxquels nous avons fait allusion sont intervenus dans le contexte d’une révolte paysanne contre l’oppression imposée aux paysans ukrainiens par leurs seigneurs féodaux polonais. Comme cela fut souvent le cas, les juifs furent perçus comme occupant une position coutumière consistant à être alliés à la classe dirigeante, et participant de ce fait à l’oppression des paysans. Chmielnitzky, le chef de cette insurrection populaire, est aujourd’hui célébré comme le héros de la nation ukrainienne, non pas pour ses assauts contre les juifs (on fait même souvent allusion au fait qu’il avait offert à des juifs pauvres de se joindre à l’insurrection paysanne afin de participer au combat contre leurs coreligionnaires exploiteurs – offre que les juifs déclinèrent), mais pour sa défense des droits des Ukrainiens opprimés. Là encore, l’inférence est simple : des explosions de violence antisémite, même si elles ne sauraient jamais être justifiée, ont bien souvent été des réponses face au comportement juif, tant concret qu’imaginaire.

Dans l’Holocauste, trois millions de juifs polonais ont péri, mais il en alla de même pour trois millions de Polonais non-juifs. Des juifs furent pris pour cibles, mais il y eut aussi des Tziganes, des homosexuels, des Slaves, principalement des Polonais. De même, l’Eglise a brûlé les juifs en raison de leurs croyances non conformes au dogme. Mais l’Eglise a brûlé de la même manière quiconque entretenait des croyances non conformes. Aussi, là encore, il faut poser la question suivante : qu’a donc la souffrance juive de tellement spécial ?

L’Holocauste, ce paradigme de tout l’antisémitisme et de toute la souffrance juive, est traité comme s’il était au-delà de tout examen et de toute critique. Remettre en question la narration de l’Holocauste, est , dans le meilleur des cas, socialement inacceptable. Cela conduit souvent à l’exclusion et à la discrimination sociales et, au pire, dans certains pays, cela est illégal et entraîne de très lourdes sanctions pénales. Les spécialistes du révisionnisme de l’Holocauste, généralement qualifiés de négationnistes de l’Holocauste par leurs détracteurs, ont relevé le défi. Ils ne dénient pas la réalité d’un assaut brutal et extensif du régime nazi sur les juifs, mais ils rejettent une narration de l’Holocauste telle celle qui est présentée de nos jours par les establishments et les élites. Plus spécifiquement, leur déni se limite à trois aires principales. Tout d’abord, ils dénient l’existence d’un quelconque projet, chez Hitler, ou n’importe quel autre responsable du parti nazi, d’éliminer physiquement et systématiquement tous les juifs d’Europe ; ensuite, ils dénient l’existence de quelconques chambres à gaz à usage d’extermination d’hommes ; enfin, ils affirment que le nombre des victimes juives de l’agression nazie a été fortement magnifié.

Mais là n’est pas la question. Que ceux qui mettent en doute le narratif de l’Holocauste soient des universitaires révisionnistes aspirant à trouver la vérité et scandaleusement persécutés pour avoir osé s’opposer à une faction puissante, ou qu’il s’agisse de fous haïssant les juifs, qui dénient une tragédie tout en en diffamant les victimes bien réelles, demeure le fait qu’il est tout à fait loisible de remettre en question le génocide arménien, que l’on peut discuter librement du commerce des esclaves, qu’on peut affirmer que l’assassinat de millions d’Ibos, de Cambodgiens et de Rwandais n’a jamais eu lieu et que la lune n’est pas autre chose qu’un morceau de gruyère géant flottant dans l’espace, mais qu’on ne saurait mettre en doute l’Holocauste juif. Pourquoi ? Parce que, comme le reste de l’histoire de la souffrance juive, l’Holocauste sous-tend le narratif de l’innocence juive, qui est utilisé afin de leurrer et d’aveugler toute tentative de voir et de comprendre ce que sont tant le pouvoir juif que la responsabilité juive en Israël / Palestine, et ailleurs, dans le monde.

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