21/08/2006

Israël a planifié la destruction du Liban

Le Conseil Mondial des Eglises : Israël a planifié la destruction du Liban

 
par Eliane Engeler
in The Jerusalem Post, 17 août 2006
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1154525888240&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

« L’agression israélienne contre le Liban était déjà planifiée avant même que le Hezbollah ne procède à la moindre attaque. Elle avait pour but d’enfoncer un coin de discorde entre les différentes confessions religieuses qui cohabitent en harmonie dans ce pays », a déclaré une délégation du Conseil Mondial des Eglises à son retour d’une visite à Beyrouth et à Jérusalem.

« Nous rentrons du Liban en partageant l’impression que cette destruction a été planifiée. Et que même si l’opération du Hezbollah a servi de détonateur, il s’agissait d’une opération qui n’attendait plus qu’un feu vert », a déclaré à la presse de Genève Monsieur Jean-Arnold de Clermont, président de la Conférence des Eglises européennes

La mission israélienne auprès de l’Onu à Genève s’est refusée à tout commentaire, mercredi après-midi, disant qu’elle attendait la publication d’une déclaration écrite du conseil. Mais les bureaux de ladite mission étaient déjà fermés à l’heure où cette déclaration fut rendue publique, et par conséquent, aucun porte-parole israélien n’était plus disponible.

« Les représentants des différentes communautés du Liban que nous avons rencontrés ont été unanimes à dire que la destruction du Liban était à la fois délibérée et planifiée », indique le communiqué conjoint résumant la conférence de presse et publié mercredi après-midi par le Conseil des Eglises et d’autres instances ecclésiales ayant soutenu la mission.

Monsieur De Clermont, un pasteur à la retraite de l’Eglise Réformée de France, faisait partie de cette délégation (composée de trois personnes : deux d’entre elles représentant les clergés protestant et romain catholique et la troisième représentant officiellement le Conseil des Eglises), qui a rencontré divers dirigeants religieux et des responsables officiels de haut rang, libanais et palestiniens.

Ils ont regretté que le gouvernement israélien ne les ait pas reçus. En revanche, ils ont rencontré le grand rabbin ashkénaze Yona Metzger. Les trois délégués, tenant à marquer leur solidarité avec les peuples du Liban, d’Israël et des territoires palestiniens, se sont rendus à Beyrouth, à Jérusalem et à Ramallah (Cisjordanie), au cours d’une visite d’une durée de cinq jours.

Monsieur De Clermont, s’exprimant également au nom des deux autres membres de la délégation, qui participaient à ses côtés à une conférence de presse tenue au siège du Conseil mondial des Eglises, a déclaré qu’ « Israël ne voulait à aucun prix d’un Liban démocratique dans lequel juifs, chrétiens et musulmans vivent en côte à côte en paix, parce que ce pays ne veut pas voir ses voisins réussir à faire ce qu’Israël s’évertue à réaliser (hélas) sans succès ».

Monsieur De Clermont a clairement dit que le Hezbollah était, dans cette affaire, un bouc émissaire.

« C’est le conflit israélo-palestinien, et en aucun cas le rôle ni les actions du Hezbollah, qui sont au cœur de la crise actuelle », indique la déclaration finale.

« Tous les responsables religieux en Israël et en Palestine, ainsi que le président palestinien, Mahmoud Abbas, nous ont dit que le temps était venu d’accepter de s’asseoir et de négocier en ne laissant personne de côté », a-t-il dit, ajoutant qu’il était indispensable de « démilitariser les modes de pensée » des dirigeants politiques.

La délégation espérait rencontrer des responsables du gouvernement israélien ; elle avait d’ailleurs été en contact avec le président israélien Moshe Katsav et certains ministres.

« Il n’y a eu aucun signe indiquant que le gouvernement israélien aurait pris note de la présence sur son territoire national d’une quelconque délégation du Conseil Mondial des Eglises. Par contre, le Premier ministre libanais, Fuad Siniora, a insisté pour nous recevoir, et il a souligné l’importance d’un message spirituel en ces jours de grave crise », a déclaré Monsieur De Clermont.

Le Conseil Mondial des Eglises représente 348 Eglises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres. Il agit en concertation avec l’Eglise catholique romaine.

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World Council of Churches: Israel planned to destroy Lebanon
 

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