27/11/2006

Sionisme vs Judaïsme

Document édifiant à plus d'un titre... indispensable pour toute personne désireuse d'avoir une idée claire sur les tenants et les aboutissants de la question israélo-israélo-israélo-palestinienne...
 
AB
 



Fondé à la fin du XIXe siècle par l'écrivain et journaliste hongrois Theodor Herzl après la vague d'hostilités antijuives qui avait notamment déferlé en Russie, en Pologne puis en France avec l'affaire Dreyfus, le mouvement sioniste s'est donné pour objectif d'établir un territoire réservé aux juifs dans la perspective de leur assurer, compte tenu des persécutions dont ils étaient souvent victimes, une sécurité définitive. Depuis 1922, date à laquelle la Société des Nations confia à la Grande-Bretagne un Mandat sur la Palestine à l'issue de la première guerre mondiale, depuis 1947 surtout, date à laquelle l'ONU voulut y créer deux Etats, l'un "juif", l'autre "arabe", cette région est le théâtre d'un état de guerre permanent. Quatre guerres meurtrières se sont déclenchées et ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes, tandis que se sont perpétrés chaque jour crimes et exactions multiples. Or un tel conflit avec son intensité dramatiquement croissante avait été prédit par une partie notable et éminente de la communauté juive qui, dès le début du XXe siècle, dénonçait avec force, comme source de désastres futurs, l'émergence en son sein de l'idéologie sioniste. Le présent texte se propose, d'une part d'analyser les sources judaïques du sionisme généralement méconnues, d'autre part de réunir les éléments essentiels d'ordre historique qu'il convient d'avoir à l'esprit pour approcher les causes de l'affrontement. Il veut traduire aussi les réactions de l'auteur devant le drame quotidien qui se joue là-bas, drame dont les Nations occidentales n'ont pas encore pris la juste mesure.


André Gaillard est né en octobre 1922. Déporté politique pendant l'Occupation, il s'oriente ensuite vers la médecine. Professeur de Faculté, Médecin honoraire des hôpitaux, il a publié de nombreux articles médicaux et un ouvrage sur le Christianisme.

20/11/2006

Avigdor Lieberman : le vrai visage d’Israël


Avigdor Lieberman : le vrai visage d’Israël
 
Julien Salingue, novembre 2006
 
Avigdor Lieberman, homme politique ouvertement raciste vient de rejoindre le gouvernement israélien. Le leader du parti Israël Beitenou (« Notre maison Israël ») est nommé Vice-Premier Ministre et « Ministre aux Menaces stratégiques », un poste créé spécialement pour lui et dont la principale tâche est de gérer le « dossier du nucléaire iranien ». Olmert, fragilisé après l’échec de l’expédition libanaise, avait besoin de renforcer sa majorité. C’est chose faite. Tous ceux qui avaient analysé les élections israéliennes comme témoignant d’un « glissement vers la gauche » de l’échiquier politique en sont pour leurs frais. A l’heure où l’Etat d’Israël multiplie les exactions et asphyxie tout un peuple, cette nouvelle n’est guère rassurante. Mais elle n’est pas surprenante.
 
Le programme de Lieberman : exécutions et nettoyage ethnique.
 
Lieberman s’est rendu célèbre pour ses propositions les plus « radicales » : bombarder les centres commerciaux, les banques et les stations essence de Cisjordanie et de Gaza (mars 2002), expulser tous les Palestiniens d’Israël qui refuseraient de prêter un serment de loyauté à l’Etat juif (juin 2002), noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la Mer morte (juillet 2003),  exécuter les députés palestiniens à la Knesset qui ont des contacts avec le Hamas ou qui ont commémoré l’expulsion de 1948 (mai 2006)… Récemment il déclarait : « Je suis tout à fait favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont prépondérantes » (entretien au journal HaZofeh, septembre 2006).
 
Au-delà de ces déclarations, Lieberman n’a jamais caché qu’il avait un projet très clair pour régler la question palestinienne : nettoyage ethnique et constitution de cantons. Dès 2001, il proposait de constituer 4 cantons en Cisjordanie, hermétiquement fermés, dans lequel seraient regroupés les Palestiniens. Plus récemment, il a agrémenté ce projet d’une solution pour les Palestiniens d’Israël, qui sont plus d’un million. Il propose d’en déplacer la grande majorité pour les regrouper eux aussi dans des zones hermétiquement fermées, auto-administrées. Ainsi verrait le jour un « Etat juif ethniquement pur » de la Mer Méditerranée jusqu’au Jourdain, abritant en son sein des bantoustans palestiniens.
 
Les masques tombent
 
Il est donc légitime de s’émouvoir de son arrivée à un poste-clé du gouvernement Olmert. Mais derrière l’émotion de certains, notamment au Parti Travailliste et plus généralement dans le « camp de la paix » en Israël, se cache une certaine hypocrisie. En effet une bonne partie de ceux qui dénoncent son intégration au gouvernement le font en sous-entendant que le gouvernement Olmert va changer de nature. En France, les Guignols de l’Info ont poussé le vice jusqu’à en appeler à Ariel Sharon (sur le mode « Réveille-toi ils sont devenus fous… »).
 
Les pitoyables déclarations du numéro 1 du Parti travailliste (« Il est clair pour moi que Lieberman a une vision du monde extrémiste et scandaleuse mais nous resterons [au gouvernement] pour que cette vision du monde ne s'impose pas » (dépêche Reuters, 29 octobre)) ne doivent pas faire illusion. Les idées de Lieberman sont déjà au pouvoir, une bonne partie de sa politique est déjà mise en pratique. Aujourd’hui, en Cisjordanie, les cantons existent de fait et le bouclage de ces « zones autonomes » est permanent. Les exécutions extra-judiciaires sont quotidiennes. Le bombardement des infrastructures civiles de la bande de Gaza a eu lieu cet été. Sans Lieberman…
 
« Qu’est-ce qui changera au juste ? Israël se lancera dans une guerre superflue ? (…) Le racisme à l’égard des citoyens arabes d’Israël va croître ? L’armée d’occupation se rendra cruelle envers les Palestiniens ? Mais tout cela, le gouvernement, dans sa composition actuelle, nous le dispense déjà en abondance, et la participation de Lieberman fera seulement tomber le masque » (Gidéon Levy, Haaretz, 15 octobre). Même s’il y a des nuances dans le ton et des divergences ponctuelles, son projet d’un Etat juif sur le plus de territoire possible avec seulement quelques réserves pour les autochtones palestiniens est vieux comme le sionisme. Et c’est le projet de la très grande majorité de la classe politique israélienne. Ancien militant et dirigeant du Likoud, « Lieberman n’est en réalité qu’une créature de l’establishment politique israélien » (Jonathan Cook, Electronic Intifada, 25 octobre).
 
Les grandes puissances se taisent : une surprise ?
 
« Vous comprendrez que nous ne pouvons pas interférer dans la constitution d’un gouvernement étranger. C’est de la seule responsabilité de l’Etat concerné » (Cristina Gallach, porte-parole officielle de Javier Solana, citée par Ali Abunimah, Electronic Intifada, 26 octobre). Difficile de garder son calme lorsque l’on sait que l’Union européenne suspend ses subventions à l’Autorité Palestinienne depuis que le gouvernement est dominé par le Hamas, où quand on se souvient que l’arrivée d’Haider au pouvoir en Autriche, en 2000, avait entraîné des sanctions diplomatiques contre le nouveau gouvernement, au nom des « valeurs » de l’UE, selon… Javier Solana.
 
Au-delà du fait que l’Etat d’Israël bénéficie d’une impunité sans commune mesure, c’est bel et bien parce que l’arrivée de Lieberman ne change pas qualitativement le gouvernement Olmert-Peretz que la « communauté internationale » se tait. Car dénoncer le projet politique du leader d’Israël Beitenou, c’est aussi s’attaquer au projet, à long terme, de Kadima et de leurs alliés travaillistes. Les Etats-Unis et l’UE se taisent depuis des décennies. Pourquoi se réveilleraient-ils maintenant ? Ce n’est pas sur eux que nous devons compter, ni sur ceux qui s’offusquent de la présence de Lieberman au gouvernement mais qui se taisaient encore il y a quelques semaines.
 
Dénoncer l’arrivée de Lieberman au gouvernement israélien ne doit pas nous amener à décerner un brevet de démocratie et d’antiracisme à Olmert et Peretz, qui ont largement démontré qu’eux aussi plaçaient le projet sioniste au-dessus de tout. La présence de Lieberman doit être l’occasion, pour tous ceux qui sont solidaires des Palestiniens, de recentrer la critique de la politique israélienne sur l’essentiel : le caractère intrinsèquement raciste et colonialiste du projet sioniste et de l’Etat d’Israël.
 

16/11/2006

Beit Hanoun

Source:

 

http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=5765&type=analyse&lesujet=Incursions 

 

Gaza - 13-11-2006

Les médias occidentaux répètent comme des perroquets la version israélienne du massacre de Beit Hanoun


Par Khaled Amayreh  

 
    
Les atrocités israéliennes et le traitement néo-nazi que subissent les Palestiniens sont relatés par les médias américains et quelques européens de manière tellement tendancieuse, irresponsable et malhonnête que la grande masse des Américains et beaucoup d’Européens ignorent le scandale du calvaire palestinien.
En tant que journalistes, ils n’ont pas le droit d’imprimer la propagande et les mensonges israéliens comme étant "des informations intègres" et "des faits indiscutables"

11.8.2006. A la morgue de l’hôpital de Beit Hanoun, une mère palestinienne et ses deux enfants, tués à Gaza (photo AFP).

 

Le mercredi 8 novembre, l’armée israélienne commettait un massacre épouvantable dans la Bande de Gaza, tuant et mutilant des dizaines de civils innocents pendant leur sommeil, pour la plupart des femmes et des enfants.

Ce nouveau massacre s’ajoute à la longue liste des crimes israéliens contre des Palestiniens innocents, dont le seul “crime” est leur persistante détermination à se débarrasser de décennies d’occupation militaire néo-nazi, démoniaque et déshumanisante, qui cherche à les anéantir et les chasser de leur patrie ancestrale.

Après le carnage, et à leur façon habituelle dans de telles circonstances, les dirigeants israéliens, à commencer par le Premier Ministre, se sont mis en mode limitation-des-dégâts, déclarant aux agences de presse et aux réseaux de télévision qu’ils « regrettaient » et qu’ils étaient « attristés » par la mort des civils innocents.

Les déclarations d’Ehud Olmert, qui, il y a encore quelques mois, était cité pour avoir dit sans honte que « les vies juives étaient plus importantes », ont été reprises jusqu’à la nausée par presque tous les grands médias occidentaux, à savoir que la tuerie était le résultat d’une « erreur technique » et que quelques « missiles tirés par erreur » avaient causé le bain de sang de Beit Hanoun.

Il est intéressant de constater que pratiquement aucun média, “les voix du monde libre”, n’a posé la question ou même ne s’est demandé pourquoi les "méprises", les "erreurs techniques" et les "missiles tirés par erreur" sont évoqués chaque fois que les femmes et les enfants palestiniens (et libanais) sont tués dans les rues de leurs quartiers, ou lorsqu’ils sont en vacances sur la plage de Gaza, ou lorsqu’ils fuient les bombardements, comme à Mirwaheen au sud Liban, ou bien sûr, pendant qu’ils dorment, dans leurs lits, comme les dernières victimes de la sauvagerie israélienne.

Malheureusement, la plupart des réactions occidentales dace au massacre n’ont pas été au-delà des platitudes habituelles et des reportages routiniers, comme de demander aux deux parties de faire preuve de retenue.

Voici quelques exemples qui montrent l’extrême mollesse avec laquelle l’Occident traite la criminalité israélienne.

Une déclaration de la Maison Blanche, le 9 novembre, "regrette les morts et conseille vivement aux deux parties de faire preuve de retenue". Une autre déclaration gratuitement perverse a été faite par l’Ambassadeur US aux Nations Unies, John Bolton, qui a eu le culot de dire que les tueries de Beit Hanoun étaient imputables au Hamas et à son refus de reconnaître Israël. Là on voit la dépravation morale de ces gens, la laideur brutale de leur mentalité !

Samedi 11 novembre, Bolton a opposé son veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant à créer un dispositif de protection des civils palestiniens contre les attaques israéliennes incessantes.

Même l’Union européenne, dont on pourrait imaginer qu’elle est plus civilisée, alors qu’elle a dénoncé le massacre comme un “événement profondément choquant”, n’a pas manqué de nous rappeler qu’" Israël a le droit de se défendre », donnant ainsi l’impression indécente et mensongère qu’Israël et son arsenal nucléaire faisaient l’objet d’attaques, et non les Palestiniens décimés.

Bon, quand l’Union Européenne dira-t-elle que les Palestiniens, eux aussi, sont des êtres humains et qu’ils ont le droit de se défendre ? Quand les porcs casher voleront ?

De la même manière, des déclarations molles ont été faites par les dirigeants européens, comme celle de Margaret Beckett, secrétaire aux Affaires Etrangères britanniques, qui a simplement dit qu’ « il est difficile de voir le sens d’une telle action ni comment la justifier. Israël doit respecter ses obligations et éviter de nuire aux civils."

Bon, Becket et son patron hypocrite, Tony Blair, doivent être vraiment convaincus qu’Ehud Olmert, Amir Peretz, Dan Halutz et maintenant Avigdor Lieberman vont recevoir leurs paroles en plein cœur et arrêter immédiatement de nuire aux civils palestiniens une bonne fois pour toutes.

Rabâcher la version israélienne

En même temps que les réactions occidentales au massacre demeuraient dans la "routine normale", la plupart des médias ont répété, penauds et peu suspicieux, comme des perroquets, la version israélienne du bain de sang involontaire et causé par quelques missiles tirés par erreur.

CBS News, par exemple, a déclaré le 9 novembre que "des dizaines de milliers de Gazans affligés, pleurant de douleur et criant vengeance, se sont entassés dans un cimetière jeudi pour enterrer 18 civils tués par un barrage d’artillerie israélien tiré par erreur"

De façon similaire, Richard Boudreaux, dans le Los Angeles Times du 10 novembre 2006, répétait le même mensonge :

« Il a fallu 15 minutes pour qu’un obus israélien, tiré par erreur sur une rangée d’immeubles d’habitation, tue 16 membres d’une famille et pousse ses membres qui avaient survécu, et qui se tenaient à l’écart de la lutte armée, dans une furie vengeresse. » … eh oui, "des tirs erronés" par Israël, et une "furie vengeresse" du côté palestinien !

Le même modèle de reportage, où la version israélienne du massacre est prise pour argent comptant, a été adopté par l’ensemble de la presse américaine, à l’exception du Christian Science Monitor, qui a imputé la déclaration à l’armée et aux officiels israéliens, mais sans l’endosser.

Bien, comment les auteurs de tels rapports, y compris l’Associated Press, dont le bureau de Jérusalem est tenu par les sionistes américo-israéliens fanatiques, qui cherchent toujours, dans leurs communiqués et leurs bulletins sur la Palestine, à donner la meilleure image possible d’Israël et décrire les Palestiniens de la pire manière, ont-ils découvert que l’artillerie avait été tirée "par erreur" ?

Ont-ils mené une enquête indépendante pour vérifier la vérité de leurs déclarations ?

Ont-ils consulté des experts indépendants pour corroborer leurs dires ?

Accepter telles quelles les déclarations de l’armée israélienne, dans de telles circonstances, est-il compatible avec l’éthique professionnelle du journalisme ?

En vérité, ces reportages sont complètement biaisés puisque que leurs auteurs, et en particulier les éditeurs à New-York et en Californie, sont toujours prêts à exonérer les assassins de toute mauvaise intention.

Oui, ces nouveaux écrivains ont parfaitement le droit d’exprimer leurs vues quand ils le souhaitent, mais, en tant que journalistes, ils n’ont pas le droit d’imprimer la propagande et les mensonges israéliens comme étant "des informations intègres" et "des faits indiscutables".

Malheureusement, les atrocités israéliennes et le traitement néo-nazi que subissent les Palestiniens sont relatés par les médias américains et quelques européens de manière tellement tendancieuse, irresponsable et malhonnête que la grande masse des Américains et beaucoup d’Européens ignorent le scandale du calvaire palestinien.

Même la B.B.C. qui se targue souvent d’être le parangon de l’objectivité et de la vérité, veille toujours à ce que le « point de vue » israélien soit mis en avant, au risque de créer, volontairement ou non, une impression de symétrie entre la victime et son assassin.

Evidemment, dans son reportage du 9 novembre sur l’enterrement des victimes du massacre de Beit Hanoun, B.B.C. News a consacré des centaines de petites phrases (6 paragraphes sur la version écrite du rapport) aux déclarations israéliennes sur les erreurs de bombardement
(voir : www.news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/6131860.stm).

Le reportage, parmi d’autres choses, cite Olmert disant que les tueries étaient le résultat d’une "erreur technique", qu’il n’était pas "à l’aise avec l’événement", et "très perturbé", qu’il "allait vérifier" et que "ce n’était pas sa politique".

Bien, où est l’équilibre dans ce genre de reportage ?

Où est "l’autre point de vue", à savoir qu’il est vraisemblable que les bombardements aient été délibérés puisque l’armée israélienne savait parfaitement qu’elle bombardait un secteur à forte densité de population ?

De plus, est-ce que ce point de vue, que les tirs étaient délibérés, ne mérite pas que la BBC en parle, en particulier à la lumière des centaines de civils palestiniens, dont des douzaines d’enfants, tués par l’armée israélienne d’occupation depuis son soi-disant “retrait” de Gaza, en août 2005 ?

Ou alors, la BBC pense-t-elle que l’armée israélienne n’est pas capable de commettre des atrocités et des massacres, en toute connaissance de cause, et que les dirigeants et responsables israéliens ne sont pas capables de mentir pour masquer, ou minimiser la sauvagerie de leurs crimes ?


     Source : The Peoples Voice     
     Traduction : MR pour ISM