12/01/2009

La terreur du phosphore 2

LONDRES, 8 jan 2009 (AFP)


Israël a utilisé des bombes au phosphore blanc, des munitions controversées, depuis le début de son offensive à Gaza le 27 décembre, affirme jeudi le quotidien britannique The Times tout en citant un démenti d’un porte-parole israélien.

Le Times dit avoir identifié des obus au phosphore blanc sur des photos de presse montrant des stocks de munitions de l’armée israélienne, prises la semaine passée à la frontière avec Gaza. Sur ces obus, apparaît la mention M825A1, désignant des bombes au phosphore blanc de fabrication américaine, selon le journal.

L’armée israélienne utilise ces bombes pour créer des écrans de fumée sur le terrain, explique le Times. Le quotidien dit également détenir des preuves que des civils palestiniens ont été blessés par ces munitions, qui provoquent de graves brûlures.

Le Times cite plusieurs membres des services de santé de la ville de Gaza, qui disent avoir vu ou traité des patients dont ils soupçonnent qu’ils ont été victimes de ces bombes. Une porte-parole de l’armée israélienne a nié dans le Times tout recours à ces bombes. Les obus M825A1 sont "vides, ils n’ont pas d’explosifs ni de phosphore blanc", a-t-elle assuré. "Il n’y a rien à l’intérieur. Nous les tirons pour marquer la cible avant de lancer des obus réels (...) Ce n’est pas pour tuer les gens", a-t-elle ajouté. "Nous utilisons ce que les autres armées utilisent, et nous n’utilisons aucune arme qui soit interdite par les lois internationales", a-t-elle insisté.

Un expert de la revue britannique spécialisée dans les questions de défense Jane’s a cependant affirmé au Times que les M825A1 étaient sans aucun doute des bombes au phosphore. Le phosphore blanc est un agent toxique et l’exposition à ce produit peut se révéler fatale. Il peut provoquer des brûlures de la peau et endommager le foie, le coeur ou les reins...

[L]e protocole III de la Convention de 1980 sur les armes conventionnelles interdit son usage contre les populations civiles ou contre des forces militaires stationnées au milieu de populations civiles. L’armée israélienne avait reconnu avoir utilisé de telles munitions contre des "objectifs militaires" au cours de son offensive contre le Hezbollah au Liban en 2006.

Charles Heyman, un expert militaire et ancien major de l’armée britannique, a dit : «Si le phosphore blanc était délibérément utilisé sur une foule, quelqu’un finirait devant la Haye. Le phosphore blanc est aussi une arme de terreur. Les paquets de phosphore qui descendent vont brûler au contact de la peau.»

Le phosphore blanc : l’écran de fumée chimique peut brûler jusqu’à l’os

Le phosphore blanc explose en une flamme jaune quand il est au contact de l’oxygène, produisant une mince fumée blanche. Il est utilisé comme écran de fumée ou pour des dispositifs incendiaires, mais peut aussi être déployé comme composé anti-personnel capable de causer des brûlures potentiellement mortelles.

Les brûlures au phosphore sont presque toujours au second ou troisième degré parce que les particules n’arrêtent pas de brûler au contact de la peau jusqu’à ce qu’elles aient entièrement disparu – il n’est pas rare qu’elles atteignent l’os.

Les conventions de Genève interdisent l’usage du phosphore comme arme offensive contre les civils, mais son usage comme écran de fumée n’est pas prohibé par le droit international. Israël a déjà utilisé le phosphore blanc pendant sa guerre avec le Liban en 2006. Il a souvent été utilisé par les forces britanniques et US dans les guerres récentes, notamment pendant l’invasion de l’Irak en 2003. Son usage a été largement critiqué.

Le phosphore blanc ... a été communément utilisé pendant la guerre du Viêt-Nam.

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