16/01/2009

Pour une Paix Juste

Vendredi 16 janvier 2009.

 

1113 morts et plus de 5150 blessés palestiniens.

 

Plusieurs voix s'égosillent à réclamer la cessation de l'agression israélienne et d'autres oeuvrent du mieux qu'elles peuvent pour instaurer la Paix dans la région.

 

Je suis pour la paix, je dirais à la limite pour la paix à n’importe quel prix... A n’importe quel prix si cela ne faisait pas le jeu des aspirations coloniales israéliennes sur la Palestine… n’en demeure pas moins que la Paix, par essence, doit rester le but ultime. Mais une paix juste, une paix qui rétablit les injustices passées et garantit les droits de chacun.

 

Au-delà du contexte global devenu en apparence très compliqué à la longue, tant par ce qui se passe sur le terrain que par l’enrobage médiatique, voire propagandiste, il y a une réalité toute simple qui, dans les grandes lignes, résume la situation comme suit :

 

Une puissance coloniale, Israël, fut implantée de force au sein d’un peuple séculaire, dont la présence remonte à plusieurs milliers d’années, les Palestiniens, et vis-à-vis duquel cette entité coloniale a pratiqué un éventail d’exactions d’une cruauté impressionnante, et ce depuis plus de 60 ans.

 

Ces exactions, que l’on peut qualifier d’actes antisémites (et on le doit, n’en déplaise aux contradicteurs!) à l’égard de la population sémite palestinienne, se sont déclinées dans tout le spectre de l’horreur que des hommes sont capables d’infliger à d’autres hommes ; Comme tatouer le bras des prisonniers, exterminer des villages entiers pour semer la terreur dans les autres villages et « motiver » leurs habitants à fuir de leur propre chef… (Plus de 500 localités, villages et même cimetières ont ainsi été effacés de la carte en 60 ans !), tuant femmes, enfants et vieillards…

 

Une épuration ethnique caractérisée, avec une stratégie et des moyens pour y parvenir de plus en plus sophistiqués, usant de chantages, de désinformations, d’un cynisme à toute épreuve, voire le plus souvent de mensonges éhontés, relayés par des médias complaisants ou sous influence. Allant jusqu’au rachat d’images ou vidéos compromettantes pour qu’elles ne soient plus diffusées ; comme ce fut le cas, semble-t-il, pour les images diffusées à l’époque de soldats israéliens frappant de jeunes prisonniers palestiniens à coups de pieds, de crosse, ou de grosses pierres, parce qu’ils avaient pour mission de « briser les bras et les jambes » des lanceurs de pierres de l’Intifada. Ordres donnés par Monsieur Rabin alors, devenu prix Nobel de la Paix… Quelle ironie… Mais bon, l’homme a fini assassiné par un extrémiste religieux juif (de nom) et il a fini comme il a vécu, malgré probablement une réelle prise de conscience quand à la nécessité de faire taire les armes au profit d’un réel dialogue…

 

La liste des actions antisémites israéliennes est longue et d’une cruauté au-delà des mots. Les sites Internet sérieux qui en parlent ne manquent pas et les archives des Nations Unies non-plus. Il faut impérativement avoir à l’esprit cette réalité pour comprendre la notion de résistance palestinienne !

 

Lorsque les pays arabes ont « fait la guerre » à Israël après sa proclamation, cela fut présenté comme une réaction primaire et haineuse, alors qu’il s’agissait avant tout de riposter à une série d’exactionsanti -palestiniennes, déjà longue pour l’époque, de la part de groupements terroristes et milices juives… actions légitimées par le gouvernement israélien naissant. Et depuis les 60 dernières années le même scénario ne cesse de se répéter.

 

Israël a multiplié le vol des terres palestiniennes, empêché le retour des déportés palestiniens et de ceux qui avaient fui la guerre et les persécutions, instauré une série de lois antisémites pour exproprier les propriétaires et leur confisquer leurs terres "légalement", semer une terreur systématique au sein des populations palestiniennes pour les pousser à partir par le biais de pressions diverses. Par exemple, lorsque carte blanche était donnée aux colons juifs qui s'implantaient illégalement en territoires palestiniens, colonisation condamnée par les Nations Unies, pour harceler la population locale, lui infligeant des agressions verbales et physiques, des tirs aux fusils-mitrailleurs pour effrayer et des tirs pour tuer, dans de nombreux cas des paysans qui ne voulaient pas se laisser effrayer justement. Sans parler des jets d’ordures, d’excréments animaux ou humains… Bref des manifestations de mépris et de haine racistes qui continuent d'avoir lieu dans les nombreuses colonies en Cis-Jordanie aujourd'hui !

 

Suis-je en train d’attiser la haine en disant cela ? Je ne le pense pas, sauf peut-être chez ceux qui cautionnent ce genre de choses . Mais ce qui paraît impensable, c’est que ces exactions sont perpétrées par des gens qui ont souffert directement ou non de persécutions similaires en leur temps… Non, mes propos se veulent sans haine, je ne fais que rappeler à qui veut bien lire ces lignes que, quoique je ne partage pas la politique des lanceurs de roquettes duHamas quand ils visent des positions civiles, même si elles sont sur des territoires occupés par Israël, je ne peux en aucun cas condamner la volonté de résistance d’un peuple qui refuse de se laisser chasser de sa terre, de se voir exterminé s’il refuse le joug abjecte de l’occupant.

 

Malgré cela, on ne peut parler de combats à Gaza, car il ne s’agit pas de deux entités équivalentes qui se livreraient un combat fratricide. Les moyens sont loin d’être les mêmes de part et d’autre, contrairement à l’amalgame crapuleux que font beaucoup de médias ! Télévisions, radios ou presse, laissent trop souvent entendre qu’il s’agit de combats équivalents et que des civils souffrent de part et d’autre dans les mêmes proportions et la même gravité. Il suffit de lire le témoignage du médecin de l’ONG « Help Doctors », pour avoir une idée de l’horreur subie côté palestinien. Pas de malades en putréfaction côté israélien, pas de pénurie de calmants, de pansements, d’équipements ou de personnel de soins. Pas de privation d'eau comme c'est le cas pour plus de la moitié des 1,5 millions d'habitants de Gaza par exemple, pas de privation d'électricité... Pas de bébés de trois mois morts, brûlés, écraser sous les décombres de leurs maisons, ou horreur ultime, abattus « proprement » par balles.

 

Pourtant, des sujets sont longuement développés sur les enfants israéliens juifs qui ne peuvent plus aller à l'école et doivent se cacher dans des abris lorsque l'alarme retentit... Eux ont des abris... Les enfants palestiniens de leur côté se cachent dans leurs maisons, qui finissent en morceaux, en feu, explosés par les bombardements cruels de l'armée israélienne!

 

On peut lire "Israël et le Hamas dos à dos " ou encore on parle de "violents affrontements entre les combattants du Hamas et l'armée israélienne", comme si deux armées équivalentes en puissance se livraient bataille, partageant les torts en ce qui concerne les civils innocents pris au milieu des combats!

Dernière trouvaille du jour sur France Info, une soi-disant Palestinienne anonyme, qui aurait quitté Gaza depuis un an (!), témoigne vindicativement contre le Hamas, lui faisant porter la responsabilité de ce qui se passe, dans des termes identiques, à la virgule près, aux contre-vérités psalmodiées par la propagande israélienne... La machine est bien huilée et fonctionne depuis plus de 60 ans, la même recette servie maintes fois, mais avec des ingrédients différents...

Alors que le Hamas de son côté a proposé, au 21 ème jour des bombardements israéliens, un cessez-le-feu, renouvelable d'un an avec Israël, en échange d'un retrait des troupes israéliennes de Gaza et de la suspension du blocus imposé au territoire depuis bientôt deux ans, Israël intensifie son offensive et met ses conditions pour modifier plusieurs points de la proposition de cessez-le-feu formulée par leHamas. Quelles conditions exactement? Motus! Mais l'on peut parier que ce sont des conditions inacceptables par le Hamas , ce qui donnerait une fois de plus à Israël le motif dont elle a besoin pour poursuivre ses bombardements, avec encore plus de bombes et de morts! La proposition duHamas est pourtant des plus simples et des plus légitimes après tant de souffrances subies. Un cessez-le-feu ça veut pourtant dire, arrêt des tirs de roquettes du côté duHamas, comme le Hamas s'y était tenu pendant les six derniers mois de trêve, et ce, malgrés plusieurs provocations israéliennes (incursions et assassinats de plusieurs Palestiniens),  trêve respectée par leHamas et qui devait voir la levée du blocus désastreux promise par Israël et reniée à la dernière minute. Pratique coutumière des gouvernements israéliens successifs! Les exemples ne manquent pas...

 

Alors on a beau vouloir la paix, on a beau la désirer de toutes ses forces, tant elle est belle et profitable à tous, excepté aux marchands de mort bien-sûr et aux complices qui les soutiennent, comme lesEtats -Unis et certains pays européens... mais il y a tant de voix que ça en devient chaotique, assourdissant, voire surprenant de non-sens parfois.

 

Certaines associations pour la Paix, dont je respecte le travail quelque soit le défaut de leur cuirasse, présentent par exemple un emblème où l'on voit une carte de la région avec les territoires palestiniens réduits à leur plus petite expression; bande de Gaza et Cis-Jordanie, des camps de concentration avec clôtures et miradors, résumant ainsi la revendication des droits palestiniens à des miettes territoriales et tenant pour acquis à Israël tous les territoires qu'elle a volé au peuple palestinien à ce jour, et ce malgré les nombreuses condamnations del'ONU...

D'autres associations militent pour la création d'un Etat palestinien à côté d'Israël, mais l'Etat palestinien EXISTE, il a été démantelé petit à petit  et vit sous occupation depuis 60 ans!

 

Il existait une Palestine avant que les Hébreux ne colonisent la "Terre promise", où vivaient les Philistins, décimés à coups de centaines de milliers dans l'ancien temps, tel qu'il est mentionné en de nombreux passages de l'ancien Testament. Les premiers véritables génocides de l'histoire...? Commis par le PeupleElu à l'époque.

Mais les Palestiniens ont survécu et ont continué à vivre sur leur terre, plus légitimes que jamais! Et lorsque des Juifs sont revenus vivre enPalestine , ils furent accueillis en amis sur cette terre. Ils se sont constitués en familles, en villages. Il y avait en ce temps là moins de 10% de Juifs enPalestine , qui vivaient en harmonie avec les Palestiniens, jusqu'à ce que les cerveaux et les sbires sionistes n'entrent en scène, ceux qui ont su tiré profit du savoir-faire SS en matière d'horreur, et Israël fut créé de toutes pièces, c'est un fait accompli sur le dos des Palestiniens...

 

L'histoire on la connaît depuis, avec ses magouilles et ses propagandes... Reste le dénouement. Car dénouement il y aura, tôt ou tard. Et la fin des régimes racistes d'apartheid est courue d'avance, qu'ils durent 60 ans ou 200 ans, même si certains pensent et rêvent que si 100 millions d'Amérindiens ont succombés à l'Amérique naissante, pourquoi pas quelques millions de Philistins?! Mais les Palestiniens d'aujourd'hui ne sont pas des Amérindiens, ce qui n'enlève rien à la bravoure de ces derniers, même s'ils vivent aujourd'hui dans des réserves dérisoires, comparées aux territoires que leurs 100 nations occupaient encore il y a 200 ans... Les Palestiniens d'aujourd'hui ne disparaîtront pas aussi facilement et malgré une division apparente des pays arabes, malgré une nonchalance coupable occidentale, ils ne sont pas seuls. Ils ne le seront jamais, car leur cause est juste, et ce quelque soient les erreurs commises en terme de stratégie politique et médiatique.

 

La Paix, j'y crois donc plus que jamais, même si, je le crains, le chemin pour y arriver risque d'être encore arrosé du sang de trop nombreux innocents.

 

Pas très optimiste peut-être, mais comment l'être face à la volonté de domination implacable et cruelle de l'Etat d'Israël qui, dans une perspective coloniale, n'a toujours pas accepté de fixer les limites de ses frontières à ce jour, au mépris de toutes les lois et de toutes les résolutions internationales votées, au mépris de la plus élémentaire humanité... Après ça, cet état, censé être une "démocratie", ose encore exiger des Palestiniens de reconnaître son existence...

 

Tout d'abord, liberté de la presse et élections n'impliquent pas forcément un état démocratique. Surtout lorsque cet état ne définit pas ses citoyens par une nationalité commune, israélienne en l'occurrence. En Isrël on n'est pas Israélien, mais Juif, Arabe, Druze ou autre...

De plus, de l'existence de quel état parle-t-on exactement, plus exactement un état dans quelles frontières?

 

Cette exigence de reconnaissance est avant-tout un leurre dans les négociations entre Israël et les Palestiniens, et un véritable non-sens du point de vue politique et juridique, compte tenu que l'Etat israélien a été reconnu aux Nations-Unies!

 

Peut-être que cette demande de reconnaissance révelle-t-elle une fracture inconsciente dans la mentalité israélienne, un sentiment latent de non-légitimité d'existence, au vu justement des modalités coupables de sa création forcée et des tragégies qui s'en sont suivies...?!

Peut-être parce que les Palestiniens sont justement les habitants légitimes de cette terre, peut-être parce qu'il y a plus de 60 ans on ne leur a pas demandé leur avis avant de les chasser et de les déposséder de leurs biens. Peut-être parce que si eux finissent par reconnaître l'existence d'Israël et sa domination, plus personne ne sera en position de dire quoique ce soit pour condamner les actions coupables d'Israël...!

Mais pour peu que cette question de reconnaissance persiste, la problématique reste la même... Quel état d'Israël reconnaître? Le Grand Israël peut-être...?

 

AB

 

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Ps: Le correcteur orthographique reconnaît le mot Israël mais pas le mot Palestine... Cela pourrait faire sourire...

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