03/06/2009

Des soldats dénoncent les exactions israéliennes

Source : http://www.palestinefr.net/modules.php?name=News&file=article&sid=438

 

Pour l'armée israélienne, le coup ne pouvait pas plus mal tomber. Des soldats, anciens élèves d'un prestigieux collège préparant au service militaire, ont livré par le menu des récits d'exactions commises lors de l'opération menée dans la bande de Gaza du 27 décembre au 18 janvier. Ces témoignages ont été publiés dans la revue du collège, puis repris par les médias au moment même où les responsables militaires et politiques israéliens sont menacés d'être poursuivis dans plusieurs pays européens pour "crimes de guerre".


Parmi les faits rapportés par les soldats figure notamment la tragédie d'une mère palestinienne tuée avec ses deux enfants par un tireur d'élite israélien. Leur crime: ils étaient entrés par erreur dans une zone interdite située près leur maison, utilisée comme poste d'observation par des militaires. D'autres soldats se sont livrés à de multiples actes de vandalisme et de violences gratuites dans des maisons palestiniennes. "J'ai été profondément choqué, car ces actes vont à l'encontre de toutes les normes morales que nous tentons d'inculquer", déplore Danny Zamir, le directeur du collège.

"Ces témoignages sont d'autant plus inquiétants qu'ils ne sont pas le fait de Palestiniens ou d'organisations gauchistes étrangères, dont la crédibilité peut être sujette à caution, mais de soldats qui n'ont aucun intérêt à ternir la réputation de leurs camarades", souligne pour sa part Moshé Hanegbi, commentateur judiciaire très écouté de la radio publique israélienne. Selon lui, "il ne faut pas que l'armée enquête sur elle-même, car cela ne serait pas crédible et ne permettrait pas de répondre aux accusations de crimes de guerre lancées à l'étranger".

Un rapport de l'ONU


Ces accusations font peser une menace qui n'a rien de théorique. En 2005, déjà, un ancien général avait failli être interpellé par la justice britannique pour son rôle dans la répression durant l'Intifada. Il avait échappé à la police en refusant de descendre de l'avion de la compagnie israélienne El Al dans lequel il était arrivé à Londres. Depuis, des organisations telles qu'Amnesty International sont reparties à l'attaque après l'opération "Plomb Durci" dans la bande de Gaza, durant laquelle quelque 1.300 Palestiniens ont été tués, selon un bilan palestinien.

Hasard du calendrier: les révélations des soldats interviennent alors qu'une commission d'enquête de l'ONU doit remettre dans les prochains jours un rapport sur les raids israéliens contre les bâtiments de l'agence des Nations unies d'aide aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza. Seize anciens juges et juristes ont également appelé vendredi à la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale sur les atteintes aux droits humanitaires commises "des deux côtés" à Gaza. Cette demande a été reprise en Israël par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme orientées à gauche.

De son côté, l'armée accuse les islamistes du Hamas, maîtres du jeu dans la bande de Gaza, de s'être systématiquement servis de la population civile palestinienne comme d'un "bouclier humain". Elle a malgré tout donné son feu vert à la police militaire pour une enquête, histoire de prouver qu'Israël prenait l'affaire au sérieux. 

Source : JDD

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