03/06/2009

La torture, monnaie courante en Israël

Source : http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article2857

 

samedi 15 décembre 2007 par Jsf

Plusieurs témoignages publiés par ISM (International Solidarity Movement) sur les tortures pratiquées sur les Palestiniens par des membres des services de renseignement israéliens et par les soldats.

Mais qui s’inquiète des droits de l’Homme dans ce cas ?

Un prisonnier libéré parle

Le lundi 3 décembre, un homme âgé de 25 ans originaire d’An Nabilyas, près de Qalqilya a été libéré de la prison du Naqab - l’un des 429 prisonniers libérés par Israël comme un soi-disant geste de "bonne volonté" pour les discussions de paix à Annapolis. Mousa a passé 6 ans en prison sur les 12 ans auxquels il a été condamné. Tout heureux d’être libre, l’histoire de Mousa met en lumière les techniques de torture mises en place par les forces israéliennes et les difficiles conditions qu’endurent les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

Arrêté à Azzoun, Mousa a d’abord été emmené à Petakh Tikva pour un interrogatoire qui a duré 78 jours. Il raconte que, lors des deux premiers jours il a été interrogé sans pause, et qu’il a été continuellement frappé.

Mousa raconte que parfois 16 membres du Shabbaq le frappaient en même temps, en lui donnant des coups de pied et de coups de poing. Il n’avait pas le droit de dormir, les soldats israéliennes le frappaient s’il s’endormait. Il a été régulièrement suspendu au plafond, les poignets liés, avec juste le bout de ses orteils touchant le sol, "comme dans la danse classique".

Pendant les huit jours suivants, il a encore continuellement battu, mais il était parfois autorisé à dormir dans une cellule isolée (dite "zinzana") pendant environ 30 minutes. Au bout des dix premiers jours, les passages à tabac ont diminué, mais il est resté suspendu au plafond pendant environ 14 heures par jour tout en étant interrogé.

Tout au long de sa période d’interrogatoire, les soldats ont menacé d’emprisonner toute sa famille et de maltraiter sa mère et ses soeurs. Ils ont constamment tenté de le forcer à avouer des crimes qu’il n’a pas commis, tels que des meurtres. La seule réponse de Mousa était "Je ne l’a pas fait", ce qui lui valut plusieurs passages à tabac.

Les visites à la salle de bain étaient déterminées en fonction de l’humeur des interrogateurs, parfois il était autorisé à utiliser la salle de bains, d’autres fois l’accès lui était refusé pendant de longues périodes. La seule eau potable mise à sa disposition dans la salle de bains lui semblait dangereuse car elle était brunâtre et nauséabonde. Contrairement à d’autres détenus qui ont déclaré avoir reçu peu de nourriture pendant leur période d’interrogatoire, Mousa a été nourri deux fois par jour, mais avec seulement deux petits morceaux de pain, une cuillère de yaourt et une demi-tomate, à peine suffisant pour le maintenir en vie.

Après 78 jours d’interrogatoire, Mousa a été placé danssix prisons différentes au cours de ses six années d’incarcération. Il a finalement été emmené dans la prison du Naqab (Ketziot) où étaient détenus la plupart des prisonniers libérés après Annapolis. Certains prisonniers ont appris par leurs gardiens qu’ils seraient libérés le 21 novembre, mais cette date est passée sans libération. En fait, il y a eu quatre fausses promesses de libération avant que les prisonniers soient libérés lundi dernier.

Pendant cette période, les détenus sont restés dans des conditions inhumaines, sans nourriture suffisante et sans couvertures. Mousa raconte qu’il pesait 72kgs quand il a été envoyé à Ketziot, mais il n’en faisait plus que 60kgs lorsqu’il a été relâché.

À sa libération, les affaires de Mousa ne lui ont pas été restituées, pas même à sa carte d’identité.

Les responsables de la prison prétendent qu’elles ont été perdues, ce qui bloque Mousa jusqu’à ce qu’il puisse se procurer une nouvelle pièce d’identité - un processus qui peut prendre environ un mois, voire plus. D’ic là, la situation de Mousa est extrêmement précaire, puisqu’il peut être arrêté et remis en prison s’il s’aventure dans la rue sans carte d’identité.

Mousa affirme être l’un des 150 prisonniers libérés ayant encore à purger une période significative de leur peine. Les autres, explique-t’il, n’avaient plus qu’un ou deux mois à faire, ou même avaient purgé leur peine et ont été gardés une semaine ou deux pour être inclus dans le communiqué, une critique reprise également par un chef du Fatah, Marwan Barghouti, dans une plainte présentée à des membres de la Knesset israélienne qui lui ont rendu visite.

Mousa a été également extrêmement critique sur le fait que 1818 Palestiniens ont été arrêtés depuis le mois de juillet, et qu’à l’heure actuelle, plus de 100 hommes et adolescents d’Azzoun sont emprisonnés par les forces israéliennes, en soulignant que sa libération n’a été rien d’autre qu’une opération publicitaire.

Bien que très heureux d’être avec sa famille (son cousin a noté : "Il ne l’a pas souri comme ça depuis six ans"), Mousa est choqué par la Palestine, qu’il a retrouvé lors de sa libération.

Même si ses parents lui avaient parlé du Mur d’Apartheid, il a été stupéfait de découvrir qu’il était si proche de son village et du nombre de terres palestiniennes qui ont été saisies. "

Je suis sorti de l’intérieur d’une prison pour me retrouver dans une prison à ciel ouvert."

(source)

(Traduction : MG pour ISM)


Des soldats des Forces d’Occupation torturent un adolescent sur de fausses accusations

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes. Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations.

Au cours de la dernière répression de l’armée israélienne contre les habitants du village d’Azzoun, des policiers en civil ont enlevé un adolescent de 16 ans pour le soumettre à un interrogatoire prolongé entrecoupé de coups.

L’adolescent d’Azzoun, Mahmoud Radouan et son ami circulaient dans une charrette tirée par un âne sur la route 55, juste à l’extérieur d’Izbat At Tabib, pour se rendre dans le champ de son ami situé dans les environs d’An Nabi Elyas, lorsque des policiers déguisés en Palestiniens conduisant ce qui semblait être un taxi palestinien ont arrêté les deux jeunes, en pointant une arme sur eux et en les forçant à s’asseoir sur la route à côté de la rambarde.

Au bout de 30 minutes, les policiers ont libéré l’ami de Mahmoud mais lui, ils l’ont gardé en lui disant : "Nous avons quelque chose sur vous, nous savons que vous posez des problèmes."

Il a été ensuite interrogé dans le taxi et au commissariat de police d’Ariel où il a ensuite été emmené. L’interrogatoire portait sur des accusations de jets de pierres sur les voitures circulant sur la route 55 ainsi quesur les jeeps de la police et de l’armée lors des invasions d’Azzoun.

Mahmoud a été menacé à maintes reprises. Les interrogateurs lui ont dit qu’il devait avouer le jet de pierres s’il voulait rentrer chez lui ou alors il serait présenté devant le tribunal et condamné à une amende. Ils l’ont menacé de lui "poser des problèmes" ainsi qu’à sa famille. Ils l’ont insulté à de nombreuses reprises et ont prononcé des grossièretés à son égard ainsi qu’à l’égard des femmes de sa famille.

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes.

Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations. Malgré le passage à tabac qui accompagnait son interrogatoire, Mahmoud a continué à proclamer son innocence, en niant les acussations et en déclarant qu’il n’avait pas pris part aux jets de pierres.

Les interrogateurs de l’adolescent ont continué à contraindre Mahmoud à avouer en menaçant de le placer en isolement et de le suspendre au plafond et de le torturer jusqu’à ce qu’il cède.

Par la suite, n’ayant pas réussi à le faire avouer, ils ont emmené Mahmoud dans un couloir où il est resté assis, attaché à un banc en métal, pendant environ 4 heures.

Vers 22h, Mahmoud a été emmené dans un véhicule de l’armée et deposé près du village de Harris, loin de son village d’Azzoun. Après avoir attendu pendant une heure sur le bord de la route près de Harris, un jeune du village lui a prêté un téléphone afin qu’il puisse appeler sa famille. 10 minutes plus tard, Mahmoud a pu faire signe à un taxi de s’arrêter et ils est arrivé à Azzoun vers minuit.

Le calvaire, basé sur des fausses accusations a duré près de 10 heures et illustre bien ce que beaucoup de jeunes palestiniens endurent dans le cadre de la politique israélienne qui cible les jeunes sans motifs et sans preuves.

Ce n’est pas la première fois que Mahmoud est injustement soumis à des passages à tabac et à des interrogatoires.Il y a juste un an, c’était en hiver, Mahmoud, qui avait alors 15 ans, a été arrêté à son domicile à 1 h du matin.

Les Forces d’Occupation Israélienne ont frappé à la porte de sa maison, à la recherche de son frère, Mohammed, mais ils sont revenus 15 minutes plus tard pour embarquer Mahmoud et l’emmener au commissariat de polida de la colonie illégale de Ma’ale Shamron pour un interrogatoire.

Deux autres jeunes hommes d’Azzoun, âgés de 14 ans, ont également été emmenés pour être interrogés. À Ma’ale Shamron, les policiers ont ouvert un dossier sur les jeunes, puis ils les ont emmenés au commissariat de police de la colonie illégale d’Ariel.

Pendant tout le trajet qui a duré 1 heure, les soldats ont frappé Mahmoud avec des matraques sur la tête et sur tout le corps, en maudissant sa famille et en l’accusant de jeter des pierres, le prétexte de la détention.

À Ariel, Mahmoud a été emmené sur un toit où 2 enquêteurs israéliens lui ont mis un sac en plastique sur la tête, l’ont jeté à terre, lui ont menotté les bras dans le dos et lié les pieds et ils lui ont donné des coups de pied et de poing sur tout le corps pendant environ 20 minutes.

Pendant tout ce temps, les deux hommes ont continué d’accuser Mahmoud de jeter de pierres et ont insulté sa mère et sa famille.

L’adolescent a finalement été emmené à l’intérieur d’une cabane, où il est resté assis, toujours menottés et les pieds liés, de 3 heures à 6 heures du matin. Les policiers qui passaient le frappaient ou le gifflaient pour le réveiller quand il s’endormait.

Lorsque les agents de renseignement israéliens sont arrivés peu après 6 heures du matin, ils ont commencé à interroger les 3 jeunes chacun séparément. Mahmoud a été interrogé 3 fois pendant 30 minutes.

Au cours de ces périodes d’interrogatoire, ses interrogateurs lui ont posé la même question, lancé les mêmes accusations, et ils ont tenté à maintes reprises de faire avouer Mahmoud du jet de pierres. "Vous jeter des pierres. Où est votre arme ? Votre ami dit que vous jetez des pierres."

Ces déclarations et accusations ont également été faites aux deux autres jeunes, dans leur tentative de les obliger à se confesser d’actions qu’ils nient avoir commis.

Puis Mahmoud a été emmené dans la colonie illégale de Qedumim pendant 20 minutes avant d’être finalement libérés près du village de Jinsafut, à environ 8 km à l’est d’Azzoun.

Ces deux incidents ne sont pas isolés et ils illustrent la politique et les pratiques actuelles et systématiques qui servent à ridiculiser et à terroriser les jeunes palestiniens.

Les habitants pensent que les impositions de couvre-feux et de barrages routiers à Azzoun, les interrogatoires comme ceux-ci font partie d’une stratégie à long terme pour fabriquer une histoire de la violence dans le village afin de justifier la construction d’une barrière de séparation qui bloquera la principale entrée d’Azzoun ainsi que l’accès à la route 55.

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