20/11/2006

Avigdor Lieberman : le vrai visage d’Israël


Avigdor Lieberman : le vrai visage d’Israël
 
Julien Salingue, novembre 2006
 
Avigdor Lieberman, homme politique ouvertement raciste vient de rejoindre le gouvernement israélien. Le leader du parti Israël Beitenou (« Notre maison Israël ») est nommé Vice-Premier Ministre et « Ministre aux Menaces stratégiques », un poste créé spécialement pour lui et dont la principale tâche est de gérer le « dossier du nucléaire iranien ». Olmert, fragilisé après l’échec de l’expédition libanaise, avait besoin de renforcer sa majorité. C’est chose faite. Tous ceux qui avaient analysé les élections israéliennes comme témoignant d’un « glissement vers la gauche » de l’échiquier politique en sont pour leurs frais. A l’heure où l’Etat d’Israël multiplie les exactions et asphyxie tout un peuple, cette nouvelle n’est guère rassurante. Mais elle n’est pas surprenante.
 
Le programme de Lieberman : exécutions et nettoyage ethnique.
 
Lieberman s’est rendu célèbre pour ses propositions les plus « radicales » : bombarder les centres commerciaux, les banques et les stations essence de Cisjordanie et de Gaza (mars 2002), expulser tous les Palestiniens d’Israël qui refuseraient de prêter un serment de loyauté à l’Etat juif (juin 2002), noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la Mer morte (juillet 2003),  exécuter les députés palestiniens à la Knesset qui ont des contacts avec le Hamas ou qui ont commémoré l’expulsion de 1948 (mai 2006)… Récemment il déclarait : « Je suis tout à fait favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont prépondérantes » (entretien au journal HaZofeh, septembre 2006).
 
Au-delà de ces déclarations, Lieberman n’a jamais caché qu’il avait un projet très clair pour régler la question palestinienne : nettoyage ethnique et constitution de cantons. Dès 2001, il proposait de constituer 4 cantons en Cisjordanie, hermétiquement fermés, dans lequel seraient regroupés les Palestiniens. Plus récemment, il a agrémenté ce projet d’une solution pour les Palestiniens d’Israël, qui sont plus d’un million. Il propose d’en déplacer la grande majorité pour les regrouper eux aussi dans des zones hermétiquement fermées, auto-administrées. Ainsi verrait le jour un « Etat juif ethniquement pur » de la Mer Méditerranée jusqu’au Jourdain, abritant en son sein des bantoustans palestiniens.
 
Les masques tombent
 
Il est donc légitime de s’émouvoir de son arrivée à un poste-clé du gouvernement Olmert. Mais derrière l’émotion de certains, notamment au Parti Travailliste et plus généralement dans le « camp de la paix » en Israël, se cache une certaine hypocrisie. En effet une bonne partie de ceux qui dénoncent son intégration au gouvernement le font en sous-entendant que le gouvernement Olmert va changer de nature. En France, les Guignols de l’Info ont poussé le vice jusqu’à en appeler à Ariel Sharon (sur le mode « Réveille-toi ils sont devenus fous… »).
 
Les pitoyables déclarations du numéro 1 du Parti travailliste (« Il est clair pour moi que Lieberman a une vision du monde extrémiste et scandaleuse mais nous resterons [au gouvernement] pour que cette vision du monde ne s'impose pas » (dépêche Reuters, 29 octobre)) ne doivent pas faire illusion. Les idées de Lieberman sont déjà au pouvoir, une bonne partie de sa politique est déjà mise en pratique. Aujourd’hui, en Cisjordanie, les cantons existent de fait et le bouclage de ces « zones autonomes » est permanent. Les exécutions extra-judiciaires sont quotidiennes. Le bombardement des infrastructures civiles de la bande de Gaza a eu lieu cet été. Sans Lieberman…
 
« Qu’est-ce qui changera au juste ? Israël se lancera dans une guerre superflue ? (…) Le racisme à l’égard des citoyens arabes d’Israël va croître ? L’armée d’occupation se rendra cruelle envers les Palestiniens ? Mais tout cela, le gouvernement, dans sa composition actuelle, nous le dispense déjà en abondance, et la participation de Lieberman fera seulement tomber le masque » (Gidéon Levy, Haaretz, 15 octobre). Même s’il y a des nuances dans le ton et des divergences ponctuelles, son projet d’un Etat juif sur le plus de territoire possible avec seulement quelques réserves pour les autochtones palestiniens est vieux comme le sionisme. Et c’est le projet de la très grande majorité de la classe politique israélienne. Ancien militant et dirigeant du Likoud, « Lieberman n’est en réalité qu’une créature de l’establishment politique israélien » (Jonathan Cook, Electronic Intifada, 25 octobre).
 
Les grandes puissances se taisent : une surprise ?
 
« Vous comprendrez que nous ne pouvons pas interférer dans la constitution d’un gouvernement étranger. C’est de la seule responsabilité de l’Etat concerné » (Cristina Gallach, porte-parole officielle de Javier Solana, citée par Ali Abunimah, Electronic Intifada, 26 octobre). Difficile de garder son calme lorsque l’on sait que l’Union européenne suspend ses subventions à l’Autorité Palestinienne depuis que le gouvernement est dominé par le Hamas, où quand on se souvient que l’arrivée d’Haider au pouvoir en Autriche, en 2000, avait entraîné des sanctions diplomatiques contre le nouveau gouvernement, au nom des « valeurs » de l’UE, selon… Javier Solana.
 
Au-delà du fait que l’Etat d’Israël bénéficie d’une impunité sans commune mesure, c’est bel et bien parce que l’arrivée de Lieberman ne change pas qualitativement le gouvernement Olmert-Peretz que la « communauté internationale » se tait. Car dénoncer le projet politique du leader d’Israël Beitenou, c’est aussi s’attaquer au projet, à long terme, de Kadima et de leurs alliés travaillistes. Les Etats-Unis et l’UE se taisent depuis des décennies. Pourquoi se réveilleraient-ils maintenant ? Ce n’est pas sur eux que nous devons compter, ni sur ceux qui s’offusquent de la présence de Lieberman au gouvernement mais qui se taisaient encore il y a quelques semaines.
 
Dénoncer l’arrivée de Lieberman au gouvernement israélien ne doit pas nous amener à décerner un brevet de démocratie et d’antiracisme à Olmert et Peretz, qui ont largement démontré qu’eux aussi plaçaient le projet sioniste au-dessus de tout. La présence de Lieberman doit être l’occasion, pour tous ceux qui sont solidaires des Palestiniens, de recentrer la critique de la politique israélienne sur l’essentiel : le caractère intrinsèquement raciste et colonialiste du projet sioniste et de l’Etat d’Israël.
 

16/11/2006

Beit Hanoun

Source:

 

http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=5765&type=analyse&lesujet=Incursions 

 

Gaza - 13-11-2006

Les médias occidentaux répètent comme des perroquets la version israélienne du massacre de Beit Hanoun


Par Khaled Amayreh  

 
    
Les atrocités israéliennes et le traitement néo-nazi que subissent les Palestiniens sont relatés par les médias américains et quelques européens de manière tellement tendancieuse, irresponsable et malhonnête que la grande masse des Américains et beaucoup d’Européens ignorent le scandale du calvaire palestinien.
En tant que journalistes, ils n’ont pas le droit d’imprimer la propagande et les mensonges israéliens comme étant "des informations intègres" et "des faits indiscutables"

11.8.2006. A la morgue de l’hôpital de Beit Hanoun, une mère palestinienne et ses deux enfants, tués à Gaza (photo AFP).

 

Le mercredi 8 novembre, l’armée israélienne commettait un massacre épouvantable dans la Bande de Gaza, tuant et mutilant des dizaines de civils innocents pendant leur sommeil, pour la plupart des femmes et des enfants.

Ce nouveau massacre s’ajoute à la longue liste des crimes israéliens contre des Palestiniens innocents, dont le seul “crime” est leur persistante détermination à se débarrasser de décennies d’occupation militaire néo-nazi, démoniaque et déshumanisante, qui cherche à les anéantir et les chasser de leur patrie ancestrale.

Après le carnage, et à leur façon habituelle dans de telles circonstances, les dirigeants israéliens, à commencer par le Premier Ministre, se sont mis en mode limitation-des-dégâts, déclarant aux agences de presse et aux réseaux de télévision qu’ils « regrettaient » et qu’ils étaient « attristés » par la mort des civils innocents.

Les déclarations d’Ehud Olmert, qui, il y a encore quelques mois, était cité pour avoir dit sans honte que « les vies juives étaient plus importantes », ont été reprises jusqu’à la nausée par presque tous les grands médias occidentaux, à savoir que la tuerie était le résultat d’une « erreur technique » et que quelques « missiles tirés par erreur » avaient causé le bain de sang de Beit Hanoun.

Il est intéressant de constater que pratiquement aucun média, “les voix du monde libre”, n’a posé la question ou même ne s’est demandé pourquoi les "méprises", les "erreurs techniques" et les "missiles tirés par erreur" sont évoqués chaque fois que les femmes et les enfants palestiniens (et libanais) sont tués dans les rues de leurs quartiers, ou lorsqu’ils sont en vacances sur la plage de Gaza, ou lorsqu’ils fuient les bombardements, comme à Mirwaheen au sud Liban, ou bien sûr, pendant qu’ils dorment, dans leurs lits, comme les dernières victimes de la sauvagerie israélienne.

Malheureusement, la plupart des réactions occidentales dace au massacre n’ont pas été au-delà des platitudes habituelles et des reportages routiniers, comme de demander aux deux parties de faire preuve de retenue.

Voici quelques exemples qui montrent l’extrême mollesse avec laquelle l’Occident traite la criminalité israélienne.

Une déclaration de la Maison Blanche, le 9 novembre, "regrette les morts et conseille vivement aux deux parties de faire preuve de retenue". Une autre déclaration gratuitement perverse a été faite par l’Ambassadeur US aux Nations Unies, John Bolton, qui a eu le culot de dire que les tueries de Beit Hanoun étaient imputables au Hamas et à son refus de reconnaître Israël. Là on voit la dépravation morale de ces gens, la laideur brutale de leur mentalité !

Samedi 11 novembre, Bolton a opposé son veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant à créer un dispositif de protection des civils palestiniens contre les attaques israéliennes incessantes.

Même l’Union européenne, dont on pourrait imaginer qu’elle est plus civilisée, alors qu’elle a dénoncé le massacre comme un “événement profondément choquant”, n’a pas manqué de nous rappeler qu’" Israël a le droit de se défendre », donnant ainsi l’impression indécente et mensongère qu’Israël et son arsenal nucléaire faisaient l’objet d’attaques, et non les Palestiniens décimés.

Bon, quand l’Union Européenne dira-t-elle que les Palestiniens, eux aussi, sont des êtres humains et qu’ils ont le droit de se défendre ? Quand les porcs casher voleront ?

De la même manière, des déclarations molles ont été faites par les dirigeants européens, comme celle de Margaret Beckett, secrétaire aux Affaires Etrangères britanniques, qui a simplement dit qu’ « il est difficile de voir le sens d’une telle action ni comment la justifier. Israël doit respecter ses obligations et éviter de nuire aux civils."

Bon, Becket et son patron hypocrite, Tony Blair, doivent être vraiment convaincus qu’Ehud Olmert, Amir Peretz, Dan Halutz et maintenant Avigdor Lieberman vont recevoir leurs paroles en plein cœur et arrêter immédiatement de nuire aux civils palestiniens une bonne fois pour toutes.

Rabâcher la version israélienne

En même temps que les réactions occidentales au massacre demeuraient dans la "routine normale", la plupart des médias ont répété, penauds et peu suspicieux, comme des perroquets, la version israélienne du bain de sang involontaire et causé par quelques missiles tirés par erreur.

CBS News, par exemple, a déclaré le 9 novembre que "des dizaines de milliers de Gazans affligés, pleurant de douleur et criant vengeance, se sont entassés dans un cimetière jeudi pour enterrer 18 civils tués par un barrage d’artillerie israélien tiré par erreur"

De façon similaire, Richard Boudreaux, dans le Los Angeles Times du 10 novembre 2006, répétait le même mensonge :

« Il a fallu 15 minutes pour qu’un obus israélien, tiré par erreur sur une rangée d’immeubles d’habitation, tue 16 membres d’une famille et pousse ses membres qui avaient survécu, et qui se tenaient à l’écart de la lutte armée, dans une furie vengeresse. » … eh oui, "des tirs erronés" par Israël, et une "furie vengeresse" du côté palestinien !

Le même modèle de reportage, où la version israélienne du massacre est prise pour argent comptant, a été adopté par l’ensemble de la presse américaine, à l’exception du Christian Science Monitor, qui a imputé la déclaration à l’armée et aux officiels israéliens, mais sans l’endosser.

Bien, comment les auteurs de tels rapports, y compris l’Associated Press, dont le bureau de Jérusalem est tenu par les sionistes américo-israéliens fanatiques, qui cherchent toujours, dans leurs communiqués et leurs bulletins sur la Palestine, à donner la meilleure image possible d’Israël et décrire les Palestiniens de la pire manière, ont-ils découvert que l’artillerie avait été tirée "par erreur" ?

Ont-ils mené une enquête indépendante pour vérifier la vérité de leurs déclarations ?

Ont-ils consulté des experts indépendants pour corroborer leurs dires ?

Accepter telles quelles les déclarations de l’armée israélienne, dans de telles circonstances, est-il compatible avec l’éthique professionnelle du journalisme ?

En vérité, ces reportages sont complètement biaisés puisque que leurs auteurs, et en particulier les éditeurs à New-York et en Californie, sont toujours prêts à exonérer les assassins de toute mauvaise intention.

Oui, ces nouveaux écrivains ont parfaitement le droit d’exprimer leurs vues quand ils le souhaitent, mais, en tant que journalistes, ils n’ont pas le droit d’imprimer la propagande et les mensonges israéliens comme étant "des informations intègres" et "des faits indiscutables".

Malheureusement, les atrocités israéliennes et le traitement néo-nazi que subissent les Palestiniens sont relatés par les médias américains et quelques européens de manière tellement tendancieuse, irresponsable et malhonnête que la grande masse des Américains et beaucoup d’Européens ignorent le scandale du calvaire palestinien.

Même la B.B.C. qui se targue souvent d’être le parangon de l’objectivité et de la vérité, veille toujours à ce que le « point de vue » israélien soit mis en avant, au risque de créer, volontairement ou non, une impression de symétrie entre la victime et son assassin.

Evidemment, dans son reportage du 9 novembre sur l’enterrement des victimes du massacre de Beit Hanoun, B.B.C. News a consacré des centaines de petites phrases (6 paragraphes sur la version écrite du rapport) aux déclarations israéliennes sur les erreurs de bombardement
(voir : www.news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/6131860.stm).

Le reportage, parmi d’autres choses, cite Olmert disant que les tueries étaient le résultat d’une "erreur technique", qu’il n’était pas "à l’aise avec l’événement", et "très perturbé", qu’il "allait vérifier" et que "ce n’était pas sa politique".

Bien, où est l’équilibre dans ce genre de reportage ?

Où est "l’autre point de vue", à savoir qu’il est vraisemblable que les bombardements aient été délibérés puisque l’armée israélienne savait parfaitement qu’elle bombardait un secteur à forte densité de population ?

De plus, est-ce que ce point de vue, que les tirs étaient délibérés, ne mérite pas que la BBC en parle, en particulier à la lumière des centaines de civils palestiniens, dont des douzaines d’enfants, tués par l’armée israélienne d’occupation depuis son soi-disant “retrait” de Gaza, en août 2005 ?

Ou alors, la BBC pense-t-elle que l’armée israélienne n’est pas capable de commettre des atrocités et des massacres, en toute connaissance de cause, et que les dirigeants et responsables israéliens ne sont pas capables de mentir pour masquer, ou minimiser la sauvagerie de leurs crimes ?


     Source : The Peoples Voice     
     Traduction : MR pour ISM

Mythes israéliens

Source :
 
http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=5777&type=analyse&lesujet=Histoire
 
 
Mythes israéliens – De la Tromperie érigée en mode de vie

Par Jonathan Cook
 
15.11.06
 
 
Jonathan Cook, écrivain et journaliste, vit à Nazareth, en Israël. Il est l’auteur de l’ouvrage (à paraître, en anglais) « Blood and Religion : The Unmasking of the Jewish and Democratic State » (Sang et religion : Bas les masques sur l’Etat juif et « démocratique » !), (aux éditions Pluto Press) (cet ouvrage sera disponible aux Etats-Unis auprès de University of Michigan Press. Son site ouèbe est à l’URL suivante : http://www.jkcook.net - on CounterPunch, 31 août 2006

Dans un pays fondé sur un mythe fondateur – selon lequel la population indigène palestinienne serait partie de son plein gré et n’aurait nullement été la victime d’une épuration ethnique – et dans un pays, aussi, qui entend trouver sa légitimité en recourant à une foultitude d’autres bobards, consistant par exemple à affirmer que l’occupation de la Cisjordanie serait "bon enfant" et que celle de Gaza "aurait pris fin", la tromperie est en passe de devenir un mode de vie.

Il en va ainsi dans ce "calme relatif" qui fait suite au pilonnage du Liban, un mois durant, par Israël – un calme dans lequel des Israéliens ne meurent peut-être plus, mais où des Libanais continuent hélas très certainement à le faire, tandis que les explosions des sous-munitions des armes à fragmentation de fabrication états-unienne continuent à "accueillir" les réfugiés qui retournent chez eux dans le Sud dévasté, et que les habitants de la bande de Gaza continuent à périr par dizaines semaine après semaine sous les frappes incessantes et aveugles de l’aviation israélienne, tandis que les autres meurent d’inanition à petit feu dans leur prison à ciel ouvert.

Beaucoup des bobards de guerre d’Israël ont d’ores et déjà été profondément ancrés dans les consciences occidentales par les médias :

• c’est le Hezbollah qui aurait "provoqué" la guerre en capturant deux militaires israéliens, et non pas Israël qui pourtant maintenait une attitude hostile et provocatrice depuis six ans, en envoyant quotidiennement ses avions de guerre et ses drones espions dans l’espace aérien libanais ;

• c’est le Hezbollah qui aurait perpétré une agression en tirant des roquettes sur Israël, même si ces roquettes n’ont commencé à être tirées QU’APRES les bombardements massifs par Israël de régions exclusivement civiles au Liban et afin d’y REPLIQUER ;

• c’est le Hezbollah, qui, contrairement à Israël, aurait utilisé la population locale comme boucliers humains, même si l’espionnage aérien généralisé et continuel du Sud Liban par les avions et les drones israéliens n’a pas été en mesure d’en apporter le moindre commencement de preuve ;

• c’est le Hezbollah qui aurait pris pour cibles des civils, et non Israël, en dépit du bilan des morts qui indique exactement le contraire;

• de plus, ce Hezbollah, armé par l’Iran, serait totalement illégitime, même si ces armes ont été utilisées pour défendre le Liban contre une agression israélienne préparée de longue date, alors qu’Israël aurait un droit absolu et incontestable de recevoir son arsenal des Etats-Unis, quand bien même ces armements ont été utilisés de manière offensive, la plupart du temps contre les populations civiles libanaise et palestinienne…

Ce sont des bobards de cet acabit qui ont été répandus, après les combats.

Ainsi, par exemple, il semble aujourd’hui chose admise que les attaques du Hezbollah par roquettes contre Israël auraient fait d’un million d’Israéliens des réfugiés.

Le commentateur le plus respecté du quotidien israélien Haaretz, Yoel Marcus, a dit exactement cela, voici quelques jours, dans une tribune publiée par le quotidien britannique Guardian, quand il a fait la remarque que "ce sont environ un million de réfugiés israéliens" qui ont été contraints de partir du Nord d’Israël.

Ce Marcus semble décidément se faire une représentation extraordinairement élastique de la signification du mot "environ"…

En réalité, il est totalement impossible qu’un million d’Israéliens aient ainsi été transformés en réfugiés, comme le démontrera un rapide calcul.

Il y a environ 1,2 millions d’Israéliens qui vivent dans le Nord d’Israël, et cette population se répartit environ par moitiés entre citoyens juifs et citoyens arabes.

Pratiquement aucun Arabe israélien n’a quitté le Nord durant toute la durée des bombardements par roquettes du Hezbollah, soit en raison d’une crainte résiduelle bien compréhensible que l’Etat n’en profite pour leur confisquer leur maison, comme cela est arrivé aux Palestiniens qui avaient fui, ou qui avaient été terrorisés pour qu’ils s’enfuient, durant la guerre de 1948, soit tout simplement parce qu’ils n’avaient strictement aucun autre endroit où aller.

La plupart d’entre eux ont supposé – probablement à très juste titre – que la population juive du centre d’Israël n’était pas particulièrement encline à les recevoir à bras ouverts, en tant que réfugiés…


On fait aussi souvent état, dans les médias, du "fait" que 300 000 Israéliens auraient dû rester dans des abris. De tels abris n’ont été construits que dans le Nord d’Israël, et ils n’en existe aucun dans les régions exclusivement arabes.

Par conséquent, les gens qui ont utilisé ces abris sont nécessairement des citoyens juifs du Nord d’Israël. Ceci signifie que si 300 000 juifs sur les 600 000 qui vivent dans le Nord d’Israël étaient dans les abris, alors il a dû y avoir tout au plus 300 000 réfugiés [en supposant que tous les autres Israéliens qui ne sont pas descendus dans les abris soient partis…]

Pourquoi Marcus tient-il donc tellement à donner à accroire qu’un million d’Israéliens auraient été chassés de chez eux ?

C’est tout simple : cela permet à Israël de représenter la menace du Hezbollah sous une lumière plus terrifiante, et cela rend plus convaincante l’assertion selon laquelle les Israéliens auraient souffert autant que les Libanais, dont un million, pour le coup, ont véritablement dû partir pour tenter de se réfugier ailleurs.

Cela présente par ailleurs l’avantage de recouvrir d’un vernis avantageux la réalité peu reluisante, qui est que plus des 300.000 "réfugiés" [au grand maximum] israéliens étaient chez des parents ou des amis à une centaine de kilomètres plus au Sud, dans des chambres d’hôtes et à l’abri de tout danger.

Ils n’étaient pas, comme les Libanais, en train de fuir pour tenter de sauver leur peau – leurs convois étant pris pour cibles par les avions de guerre israéliens – et, à la différence des Libanais, ils ne devaient pas vivre dehors, sans abri, sans nourriture et sans eau potable, et toujours à la merci des bombardements et des tirs de missiles...

Dans les faubourgs de Kiryat Shmona, ville très proche de la frontière libanaise, la quasi totalité des "réfugiés" israéliens sont revenus dans leurs maisons intactes, alors que des dizaines de milliers de réfugiés libanais ont trouvé leurs maisons transformées en tas de ruines, avec, au milieu des gravois, des bombes à fragmentation qui continuent jusqu’à aujourd’hui, et encore pour longtemps, à menacer de les tuer et de les mutiler.

Mais, là encore, ce n’est pas ce que le gouvernement israélien veut nous faire croire… C’est la raison pour laquelle il a publié un rapport, cette semaine, affirmant que 12 000 bâtiments auraient été endommagés par les tirs de roquettes du Hezbollah.

Cela semble un chiffre étrangement élevé, dès lors que l’armée israélienne elle-même affirme que "pas plus" de 4 000 roquettes ont été tirées sur le territoire israélien et qu’un nombre non négligeable desdites roquettes auraient atterri en pleine nature… Le même rapport n’affirme-t-il pas d’ailleurs, quelques pages plus loin, que plus de 400 incendies de broussailles ont été déclenchés par ces roquettes… ?

Alors comment – et surtout, pourquoi – le gouvernement israélien parvient-il au chiffre de 12 000 immeubles "endommagés" ? Cela voudrait dire que chaque roquette ayant atteint une structure aurait endommagé au minimum trois autres bâtiments !

Quiconque a vu les destructions provoquées par une roquette Katyusha [arme principale utilisée par le Hezbollah] sait bien que cela ne provoque guère plus qu’un trou dans la surface touchée.

La dispersion de shrapnels, toutefois, cause des dommages mineurs aux structures environnantes (et des dégâts bien plus considérables, hélas, aux êtres humains), comme des trous dans les enduits des murs ou des fenêtres brisées.

Autrement dit, la plupart de ces fameuses 12 000 "structures" – et, comme par hasard, personne ne sait au juste ce que les officiels israéliens incluent dans la catégorie "structures" (appartement individuel, garage, cabane de jardin, niche de Médor ?) – ont subi des dégâts mineurs, qui ont pu être réparés en une après-midi…

Alors, pourquoi ce besoin de faire la promotion de ce nombre gonflé ?
Tout simplement, parce que le Hezbollah fait état de la destruction de 15 000 immeubles, au Liban : là, en l’occurrence, il s’agit d’immeubles rendus irrécupérables par les bombes et les missiles israéliens.

Comme il est de tradition dans la société arabe, beaucoup de ces immeubles de plusieurs étages abritaient plusieurs familles, ce qui signifie qu’un nombre d’appartements familiaux probablement bien plus important que les 15 000 immeubles détruits cités ont disparu.

Certaines sources libanaises estiment que plus de 100 000 domiciles ont ainsi été totalement détruits. Mais l’objectif d’Israël est de donner à voir que son peuple aurait souffert autant que le peuple libanais.

De manière frappante, l’estimation des dommages économiques infligés au Liban par l’agression israélienne s’établit à 5 milliards de dollars… Or, là encore, Israël affirme que ce chiffre correspond à sa propre estimation de ses propres pertes économiques...

A croire qu’à chaque fois qu’une de ces bombes fournies par les Etats-Unis a été larguée, elle ait fait autant de mal au budget militaire israélien qu’à l’endroit et aux gens sur lesquels elle est tombée !

L’important étant sans doute que quand, un jour, l’estimation des réparations de guerre sera réglée (s’il en est jamais question, un jour…), alors n’en doutons pas : Israël affirmera que ses propres pertes annulent celles du Liban !…

Beaucoup de manips israéliennes sont également utilisées sur le plan intérieur afin de déterminer qui bénéficiera – et qui sera exclu – des largesses du gouvernement et de ses plans de "reconstruction" du Nord. En ce qui concerne le sens dans lequel souffle le vent, il n’y a pas de surprise…

Ainsi, des ministres ont affirmé, après la guerre, que des dirigeants municipaux arabes – et non juifs – avaient abandonné leurs administrés afin de se mettre à l’abri des tirs de roquettes.

Ainsi, après une tournée dans le Nord, le ministre de l’Intérieur, Ronnie Bar-On, a prétendu que l’incapacité de certaines villes et de certains villages de faire face à la situation découlait du fait que les dirigeants locaux "avaient pris la poudre d’escampette et, ce, au plus haut niveau…"

Interrogé quant au nom des maires et conseillers municipaux qui se seraient enfuis, Bar-On n’a rien trouvé à dire d’autre que ceci : "Tout ce que je peux vous dire, au sujet des gens auxquels j’ai fait allusion, c’est que je n’ai pas aperçu de synagogue dans leur ville…"

Pourquoi ces assertions, alors que tout indique que les populations arabes du Nord sont restées sur place avec beaucoup de sang-froid durant toute la durée du conflit, tandis qu’au contraire, comme nous l’avons vu, nombre de citoyens juifs se sont enfuis ?

Il y a, à cela, deux raisons :

• Tout d’abord, le gouvernement est embarrassé des informations selon lesquelles près de la moitié des citoyens israéliens tués par les roquettes étaient des Arabes, ainsi que par la suggestion que la cause de cet état de fait est la négligence ne datant pas d’hier du gouvernement à protéger les communautés arabes en construisant des abris publics, en équipant les localités de sirènes d’alarme et en faisant diffuser des consignes de sécurité en arabe par la sécurité civile. Alors, n’est-ce pas, il vaut mieux accuser les élus arabes…

• Ensuite, le gouvernement amasse des sommes énormes en faveur de l’effort de reconstruction envoyées par des associations juives en Europe et en Amérique, et il cherche une excuse lui permettant de ne pas financer la reconstruction dans les localités arabes. Un autre homme politique éminent, Effi Eitam, chef du Parti National Religieux, a accusé les autorités arabes de "faire semblant d’être lésées".

Les Arabes du Nord d’Israël seront vraisemblablement privés de goûter à la galette de la reconstruction. Il ne sera très certainement nullement question de construire des abris publics dans les villes arabes d’Israël, même si très peu de gens, en Israël, pensent que le cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah va tenir longtemps.

De même, le ministre de l’Environnement, Gideon Ezra, a déclaré que les communes arabes du Nord ne doivent pas recevoir d’argent pour réhabiliter leur système éducatif ségrégué et manifestement étique, au motif que durant la guerre "les habitants de ces localités se sont comportés comme d’habitude, comme si rien ne s’était passé" - à croire que si les citoyens arabes sont pénalisés, c’est parce qu’ils n’ont pas pris la fuite !

Son raisonnement semble populaire, tant dans l’opinion publique qu’au sein du gouvernement, étant donné que les citoyens arabes sont généralement opposés aux guerres d’Israël.


Une tromperie afférente, promue par le gouvernement, consiste à faire croire qu’il se serait engagé à accorder des dédommagements aux travailleurs et aux entreprises du Nord qui ont souffert d’un manque à gagner durant la guerre.

Mais la liste des cantons éligibles à compensations dressées par le ministère des Finances montre que toutes les communes arabes en ont été exclues, excepté quatre villages druzes (les Druzes font leur service militaire et ils sont traités par Israël comme un groupe national séparé du reste de la population arabe…).


La plus grande partie des fonds, qui atteignent des millions de dollars, est rendue accessible aux seuls citoyens juifs, bien que les Arabes constituent la moitié de la population du Nord d’Israël.

Quel contraste avec la politique non-discriminatoire du Hezbollah, consistant à défrayer tous les Libanais sinistrés ou atteints dans leur chair par la guerre, qu’ils appartiennent à sa propre communauté, chiite, ou qu’ils soient chrétiens, druzes ou musulmans sunnites !…

(Je mentionne en passant que, d’après Haaretz, dans un procès intenté par un ingénieur arabe du village de Fassouta, lequel, contrairement à ses collègues juifs, se voit dénier toute compensation pour ses pertes de revenus durant la guerre, il a été consigné qu’il n’avait pas été en mesure de quitter son domicile parce que l’armée israélienne avait installé des batteries d’artillerie juste en bordure de son village. Voilà qui règle son sort à l’argument israélien, que le représentant des Nations unies, Jan Egeland, a fait sien, selon lequel seul le Hezbollah aurait utilisé des civils en guise de boucliers humains !)

Les bobards israéliens d’après-guerre concernent aussi, bien entendu, les Palestiniens vivant sous occupation.

Yuval Diskin, chef de la police secrète Shin Bet, affirme qu’inspirés par les succès du Hezbollah, des Palestiniens de la bande de Gaza seraient en train de faire de Rafah "le jardin d’Eden des trafiquants d’armes".

Apparemment, Israël serait au courant de 15 000 fusils, 4 millions de balles, 38 roquettes, de 10 à 15 roquettes Katyusha et des dizaines de missiles anti-tanks auraient été introduits clandestinement dans la bande de Gaza via le point de passage de Rafah, seulement au cours de l’année écoulée.

Israël voudrait faire croire qu’il passe pratiquement de tout, à travers la très courte frontière avec l’Egypte qu’il contrôle d’ailleurs toujours, sauf peut-être (tout de même) les tanks et les avions de guerre…

D’ici quelques années, affirme Diskin, Israël sera confronté à Gaza à la même situation qu’au Sud Liban. Il ne nous reste plus qu’à le prendre au mot…


Mais il y a un problème. En effet, depuis novembre 2005, disent des associations de défense des droits de l’homme, le point frontière de Rafah a été presque tout le temps fermé. Toutes ces armes ont dû être passées en contrebande fissa, durant les deux ou trois jours où ce point de passage était ouvert !

Un doute supplémentaire est apporté aux déclarations de Diskin par un article publié cette semaine par Haaretz, qui indique que la fermeture perpétuelle du point de passage de Rafah perdure depuis qu’un soldat israélien a été capturé par des combattants palestiniens, voici deux mois de cela [il s’agit du brave soldat Ryan (oups : Gilad) Shalit, ndt].

La raison de la fermeture de ce passage, recommandée par le Shin Bet, est également citée dans l’article de Haaretz – et cela n’a strictement rien à voir avec une quelconque contrebande d’armes.
Le blocus a été imposé afin de mettre la pression sur les Palestiniens pour les contraindre à relâcher Shalit ; ce qui constitue une forme de punition collective tombant sous le coup du droit international.


La comparaison établie par Diskin entre les événements à Gaza et le Sud Liban est à tout le moins capilotractée.

Comment les combattants de la résistance palestinienne, dans la bande de Gaza, pourraient-ils construire des centaines de bunkers souterrains dans le terrain plat et sablonneux de ce territoire, à l’insu d’Israël dont les avions et les tanks passent en toute liberté la région au peigne fin, tandis que le renseignement militaire israélien fait jouer à plein son réseau d’indicateurs ?
Nous attendons, pleins de curiosité, que Diskin nous l’explique.

Mais les conclusions de Diskin n’en serviront sans doute pas moins à justifier les agressions continuelles d’Israël contre la population civile de la bande de Gaza. Et n’en doutons pas, sera même invoqué l’argument qu’elles se « justifient » d’autant mieux qu’elles éviteront d’être pris par surprise comme ce fut le cas au Liban !


Le pire bobard de tous, toutefois, a trait aux raisons invoquées par le Premier ministre Ehud Olmert, voici quelques jours, pour rejeter la création d’une commission d’enquête indépendante, présidée par un juge, qui aurait eu toute latitude pour enquêter sur tous les aspects de la guerre.

En lieu et place, Olmert a mis sur pied deux commissions internes d’enquête séparées, une examinera le processus de décision gouvernemental, et l’autre enquêtera sur le comportement de l’armée. [Un troisième organisme de surveillance, supervisé par le contrôleur d’Etat du gouvernement, sera supposé examiner les défaillances en matière de défense civile].

Beaucoup d’Israéliens sont mécontents au sujet de ce qu’un commentateur a qualifié de "commission de non-enquête" d’Olmert.

Des enquêtes séparées, voilà qui signifie que les compétences de chacune de ces commissions seront très étroites, qu’elles devront s’en ternir à des questions et à des défaillances techniques, et qu’elles seront incapables d’avoir une vision plus large des choses.

Les membres de la commission chargée d’enquêter sur Olmert ont été sélectionnés par… Olmert !

Tous les juges approchés afin de les solliciter pour présider la commission ont décliné la proposition, comme l’a fait le plus éminent constitutionnaliste du pays, Amnon Rubinstein, apparemment conscient du fait que prêter la main à un blanchiment ternirait définitivement sa réputation.

Cette commission, aux dernières nouvelles, sera présidée par un ancien chef du Mossad, l’agence d’espionnage international d’Israël. Des observateurs ont d’ores et déjà prédit que l’espace ouvert aux critiques de Nahum Admoni [âgé de soixante-dix-sept ans] sera extrêmement étroit, étant donné qu’il s’est fait lui-même remonter les bretelles par la commission d’enquête Kahan, chargée d’enquêter en 1982 sur le massacre de civils palestiniens perpétré dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, au Liban.

Admoni avait failli, ne "donnant pas un avertissement non équivoque au sujet des dangers inhérents à l’entrée des Phalangistes [libanais] dans ces camps", pénétration qui se traduisit par le massacre de plus de mille civils palestiniens.

Le Mossad entretenait des relations empressées avec les Phalanges "chrétiennes" libanaises, qu’il s’efforçait d’installer au pouvoir, afin de disposer d’un régime de pantins [dont Israël aurait tiré les ficelles].

Toutefois, Kahan ne prit aucune mesure contre Admoni, car – comme, aujourd’hui, Olmert – celui-ci venait tout juste de prendre ses fonctions. Il sera bien difficile, pour Admoni, de traiter Olmert plus durement que Kahan ne l’a traité lui-même, voici une vingtaine d’années…

Pour quelle raison Olmert peut-il bien vouloir une commission discréditée de la sorte, plutôt qu’une véritable commission d’enquête, d’autant que, comme il le clame, l’argument en défaveur de cette dernière serait qu’il lui faudrait des années avant de livrer ses conclusions ?

D’ici là, il pourrait être garé des voitures, et il n’aurait peut-être jamais à affronter les retombées… La raison officielle, selon Olmert soi-même, serait qu’un tel délai aurait pour effet de paralyser l’armée.

Toutefois, la plupart des commissions d’enquête, en Israël, ont publié des rapports provisoires, faisant des recommandations en vue de certaines réformes, au bout de seulement quelques mois. Après quoi, elles ont pris le temps nécessaire pour produire leur rapport définitif…


D’autres facteurs sont en jeu, qui ont trait tant au passé qu’à l’avenir. Il en est un d’évident : une commission dotée de réels pouvoirs d’investigation enquêterait certainement sur les six années de préparation de la guerre, débutant dès le retrait de l’armée israélienne du Sud Liban…

Il y a aussi un réel danger que ses investigations n’eussent jeté une lumière crue sur les mobiles des survols continuels du territoire libanais par les avions de guerre israéliens ; sur son refus de remettre les cartes indiquant la localisation des mines qu’Israël a plantées au Sud Liban durant ses vingt années d’occupation ; sur son refus de libérer les derniers prisonniers libanais détenus dans ses prisons, qui ne peut que perpétuer un état d’hostilité ; et enfin, sur son refus de négocier avec le Liban et avec la Syrie, au sujet de la fin de son occupation du plateau du Golan et d’obtenir une résolution du statut disputé du corridor connu sous le nom de Fermes de Shebaa, que le Liban revendique.

Mais la création d’une véritable commission d’enquête représenterait un danger encore plus grave : elle risquerait d’exhumer la preuve que la guerre contre le Liban était préparée et planifiée depuis longtemps, qu’elle n’avait strictement rien à voir avec la capture de deux soldats israéliens à la frontière, qu’elle était planifiée en coordination avec les Etats-Unis et que son but ultime était une attaque contre l’Iran.

Olmert, ainsi que les dirigeants politiques et militaires d’Israël, n’ont nul besoin d’une nouvelle Commission Kahan – ni d’autres emmerdes comparables à ses constatations concernant l’implication d’Israël dans les massacres de Sabra et Shatila.

Israël a besoin d’avoir les mains libres pour frapper sans être critiqué quand la nouvelle phase de la guerre contre le terrorisme prendra forme.
Olmert l’a reconnu carrément, dans sa remarque codée selon laquelle une commission d’enquête risquerait de ["nous"] distraire de l’objectif fondamental : "nous concentrer sur l’avenir et sur la menace iranienne".

Un indice de ce vers quoi Israël pourrait s’orienter désormais a fait surface, cette semaine, quand le ministre plénipotentiaire d’Olmert, qui a toute sa confiance, a "révélé" que l’Iran serait en train d’essayer de transférer son savoir-faire nucléaire à des organisations terroristes.

Pérès n’a pas cité le Hezbollah, mais l’établissement du lien et d’un nouveau casus belli n’est sans doute qu’une question de temps…


Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner sources et auteurs.

Source : http://www.counterpunch.org/
Traduction : Jonathan Cook