08/08/2006

Flagrants délits

Source: http://www.voltairenet.org/article142888.html 

 

Des organisations sionistes appellent au bombardement atomique de l’Iran 

7 août 2006

 

 

 

 

Le Jerusalem Post publie, en page 2 de son édition datée du 7 août 2006, un encart publicitaire du New Right Movement, un organe de la communauté loubavitch.

 

Sous le titre « Nous avons besoin d’un changement décisif d’attitude ! », il expose un programme radical :
 Non au cessez-le-feu [au Liban] !
 Non à une force internationale de maintien de la paix !
 Oui à une destruction totale de toutes les zones d’où des roquettes sont lancées !
 Nous ne devons pas permettre un nouvel Holocauste !

Le passage le plus original de l’appel concerne l’Iran : le mouvement loubavitch l’accuse de fanatiser 280 millions de musulmans pour détruire Israël. Il exige que Tsahal force Téhéran à se soumettre, ce qui implique le bombardement non-conventionnel (c’est-à-dire nucléaire) de tous les sites militaires et nucléaires civils du pays. Il conseille donc d’annoncer dès à présent aux Iraniens qu’ils doivent quitter immédiatement les zones concernées.

En outre, le mouvement loubavitch reprend l’assertion selon laquelle cette guerre aurait été provoquée indirectement par l’Iran. Il en conclu que c’est à Téhéran d’en payer le coût. Il exige donc que les revenus pétroliers iraniens soient saisis, non seulement pour financer la reconstruction du Liban, mais aussi pour payer des dommages de guerre à Israël.

Le tout est assorti des bénédictions du rabbin Shmuel Shmueli.

L’éventualité d’un bombardement nucléaire de l’Iran est à l’étude depuis un an au cabinet du vice-président des États-Unis, Dick Cheney. Cette option est désormais défendue, plus ou moins ouvertement, par les principales organisations sionistes dans le monde. Ainsi, le 20 juillet dernier, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Congrès juif européen publiaient un encart publicitaire dans les principaux quotidiens allemands, français et néerlandais. Ils appelaient à une action indéterminée contre l’Iran en citant… la doctrine militaire française autorisant l’usage de la bombe atomique contre un État sponsorisant de vastes attentats touchant les intérêts vitaux du pays.

03/08/2006

Pièges à la Une

Source: http://www.voltairenet.org/article141919.html

 

« L’agresseur agressé » selon Libération, Le Figaro et Le Monde 

13 juillet 2006

 

Le Hezbollah a fait prisonnier, le mercredi 12 juillet, 2 soldats israéliens qui s’étaient introduits en territoire libanais, dans la région d’Aïta al Chaab, proche de la frontière israélienne. Loin de présenter ses excuses pour avoir violé la souveraineté du Liban et de demander à récupérer ses soldats, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a qualifié cette capture « d’enlèvement » et même « de déclaration d’acte de guerre ». Il a fait bombarder Beyrouth et des villages avoisinants le lendemain.

Dans leurs éditions du 13 et 14 juillet 2006, Libération, Le Figaro et Le Monde ont de suite adopté la position israélienne selon laquelle en toutes circonstances, c’est Israël qui est victime. Les trois quotidiens français reprennent à leur compte le terme « d’enlèvement », comme si un commando du Hezbollah avait commis une incursion en Israël pour y kidnapper des soldats. Ils ravivent ainsi une image ancrée dans la mémoire collective : pendant la guerre civile, un groupe chiite avait enlevé et séquestré des otages français. Qu’importe que la guerre civile soit finie depuis longtemps et que le Hezbollah soit devenu un parti de gouvernement, l’anachronisme sert la propagande de Tel Aviv.

Le titre choisi par Libération est sans équivoque : « Israël punit le Liban pour enlèvement ». Le Figaro va beaucoup plus loin : « Après le Hamas, le Hezbollah attaque Israël sur un nouveau front ». En un titre, le quotidien du groupe Dassault nie que Tshal occupe les Territoires palestiniens et a violé le territoire libanais. Il renverse l’ordre des choses et prétend que ce sont le Hamas et le Hezbollah qui ont violé la souveraineté israélienne.

Poursuivant jusqu’à son terme logique son soutien à l’expantionnisme israélien, Le Figaro n’hésite pas à pointer du doigt, sous couvert d’analyses des commentateurs israéliens, les futurs ennemis d’Israël : « le régime syrien abrite la direction politique en exil du Hamas, qui incarne l’aile la plus dure du mouvement islamiste. Il est aussi le principal sponsor du Hezbollah, chiite pro-iranien. [...] En frapant Damas, Tsahal ferait d’une pierre deux coups ».

Enfin, Le Monde, dans son article « Après Gaza, le Liban : Israël en guerre sur deux fronts » paru le 13 juillet 2006, daté du 14, explicite d’entrée sa position avec ce surtitre : « Tsahal riposte au Hezbollah et bombarde des cibles à Beyrouth ». Le quotidien du soir précise ensuite que, « Entre Gaza et le pays du Cèdre, Israël se retrouve ainsi engagé sur deux fronts. Le détonateur a été, dans les deux cas, la capture de ses soldats, dans le but des les échanger contre de prisonniers qu’il détient ».

Ainsi, avec un bel unanimisme, les trois principaux quotidiens nationaux français falsifient les faits et reprennent à leur compte la rhétorique sioniste.

Pièges à la Une (suite)

Source: http://www.voltairenet.org/article142056.html

 

Les agences de presse occidentales victimes consentantes

de la censure militaire israélienne

18 juillet 2006

 

À la demande du colonel Sima Vaknin-Gil, chef de la censure militaire israélienne, la presse occidentale a accepté de relayer une version tronquée des événements survenus ces derniers jours au Proche-Orient

Voici les faits : le Hezbollah exige depuis de longues années la libération de prisonniers détenus par Israël, tel que Samir el Kantar, emprisonné depuis 1978, Nassim Nisr et Yahia Skaff qui est incarcéré depuis 1982. Dans de nombreuses occasion, il a fait savoir qu’il ne manquerait pas de faire prisonnier à son tour des soldats israéliens -si ci-ceux-ci venaient à s’introduire au Liban-, et de les utiliser comme monnaire d’échange. De manière délibérée, Tsahal a envoyé un commando dans l’arrière-pays libanais à Aïta al Chaab. Il a été attaqué par le Hezbollah, faisant deux prisonniers. Israël a alors feint d’être agressé et a attaqué le Liban. Le Hezbollah, qui se préparait à faire face à une agression israélienne que chacun savait imminente depuis le retrait syrien, a tiré des missiles de moyenne portée sur Israël.

En droit international, Tshal a violé la souveraineté territoriale du Liban (mais il est coutumier du fait par voie maritie et aérienne). Tandis que le Hezbollah s’est fait justice lui-même en lieu et place d’un État libanais qui n’a jamais été complétement rétabli depuis la guerre civile et l’occupation israélienne.

Sur injonction de la censure militaire israélienne, les agences de presse et médias ayant des journalistes accrédités en Israël ont renoncé à informer leurs lecteurs du lieu où les soldats israéliens ont été faits prisoniers. Ils n’ont pas pour autant menti, mais se sont abstenus.
La plupart des journalistes emploient le terme « enlèvement » pour désigner la capture des soldats israéliens. Ils assurent vouloir ainsi souligner que le Hezbollah n’est pas une armée régulière. Cependant les officiels israéliens emploient aussi le mot « enlèvement », mais pour signifier le droit qu’ils s’arrogent de pénétrer sur le territoire libanais. En évitant soigneusement la clarification, les médias occidentaux valident un discours de propagande.

Emportés par cette logique, nos confrères ont également accepté de ne pas rendre compte des attaques du Hamas et du Hezbollah contre des cibles militaires israéliennes. Il s’ensuit que le public occidental n’est informé que des dommages collatéraux en Israël et des victimes civiles, alors qu’il suit les destructions stratégiques au Liban. Tout cela donne l’impression que « les Arabes » sont à la fois cruels (ils tuent des civils) et incapables (ils ne parviennent pas à toucher de cibles militaires), et que le sort de la guerre est connu d’avance.

Nous refusons pour notre part de nous aligner sur les porte-parole de Tsahal. En conséquence, la censure militaire israélienne a rejetté l’accréditation de notre envoyée spéciale au Proche-Orient, Silvia Cattori, et lui a interdit de se déplacer dans le pays et de rencontrer divers témoins des événements. Le Réseau Voltaire continuera cependant son travail grâce aux nombreux contacts dont il dispose sur place.