02/08/2006

Boycott... pourquoi?

Source: http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3769&type=campagne&lesujet=Boycott

 

Appel aux Sanctions et au Boycott contre Israël
Par ISM-France


International Solidarity Movement est une organisation non gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et pour la fin de l’occupation israélienne. Nous utilisons des méthodes de résistance non violente et des actions directes pour affronter et dénoncer les Forces israéliennes d’occupation illégale, bras armé de la politique du gouvernement israélien.

 

En tant que groupe de soutien de l'ISM basé en France, nous voulons profiter de cette Semaine Internationale Contre le Mur d'Apartheid pour répondre à l'appel lancé par les 171 organisations palestiniennes afin de faire pression sur les institutions nationales et internationales pour qu'elles appliquent des embargos et des sanctions contre Israël et pour que nous imposions de larges boycotts contre Israël tels que ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de la lutte contre l'Apartheid.

Pourquoi notre appel à des sanctions contre Israël ?

Non ! Le Désengagement de Gaza n'est pas une avancée vers la Paix.

Le retrait de 8.000 colons de Gaza n'a été qu'un écran de fumée puisque l’espace aérien et maritime reste sous le contrôle total d’Israël et que la colonisation est en pleine expansion : le Ministère de l'Intérieur israélien lui-même indique que 18.000 colons se sont installés en Cisjordanie depuis 18 mois.
Plus de 5.000 nouveaux logements sont en construction dans les Territoires palestiniens occupés : la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la Vallée du Jourdain, la Galilée et le Néguev.

Avec plus de 450.000 colons installés dans les Territoires occupés, Israël viole toutes les lois internationales, dont la 4ème Convention de Genève et le Règlement de La Haye.

Depuis sa création en 1948, Israël a été interpellé à de très nombreuses reprises par le vote de plus de 75 résolutions au Conseil de Sécurité qu'il n'a toujours pas appliquées.

Depuis la création de cet Etat, les démolitions de maisons, d'institutions, des lieux de culte et du patrimoine historique ainsi que l'expulsion de plus de 750.000 Palestiniens et les saisies de terres appartenant aux Palestiniens sont, dans les faits, un lent nettoyage ethnique.

La construction de routes POUR ISRAELIENS SEULEMENT détruit les terres palestiniennes et crée des prisons à ciel ouvert dans lesquels les Palestiniens sont enfermés.
Malgré l'avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de juillet 2004 demandant l'arrêt de la construction et le démantèlement des parties construites du Mur, Israël continue à ériger le Mur d'Apartheid sur la terre des Palestiniens.

La construction de ce Mur et la colonisation ont pour conséquences :
- L'annexion de 47% des terres palestiniennes à l'intérieur de la Ligne Verte, soit 90% de la Palestine Historique.
- La dépossession des Palestiniens de leurs ressources en eau et en terres.
- L'intégration de la majeure partie des colonies illégales à l'Etat d'Israël.
- L'impossibilité de créer tout Etat Palestinien viable.


Des sanctions

Parce qu’il ne respecte ni le Droit International, ni même ses propres engagements concernant la construction des colonies (toutes illégales, rappelons-le), l’Etat d’Israël se met lui-même au ban des nations.

Seule une action déterminée de la communauté internationale, du sommet des Etats jusqu’au simple citoyen, peut contraindre Israël à se soumettre.

Le régime d’Apartheid en Afrique du Sud est tombé grâce aux actions des résistants noirs appuyés par un boycott de grande envergure.

Nous pouvons faire de même.




• Nous demandons au Conseil de Sécurité des Nations Unies de mettre en vigueur l'article 41 de la Charte des Nations Unies :
"Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques."



• Nous appelons l'Union Européenne à suspendre l'Accord d'Association Union Européenne-Israël, en conformité de son article 2 qui stipule qu'il peut être suspendu si l'Etat cosignataire viole les droits de l'homme :
"Les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques qui inspirent leurs politiques internes et internationales et qui constituent un élément essentiel du présent accord".



• Nous appelons le gouvernement français à respecter l'article 1er de la Convention de Genève :
"Les Hautes Parties contractantes s'engagent à respecter et à faire respecter la présente Convention en toutes circonstances"
et nous lui demandons de cesser toute collaboration avec l'Etat d'Israël.



• Nous demandons aux entreprises de retirer leurs investissements des sociétés israéliennes et plus généralement des entreprises qui soutiennent la colonisation. Nous leur demandons également de ne pas importer de marchandises en provenance d'Israël.



• Nous demandons au public d'être vigilant et de boycotter tous les produits en provenance d'Israël – code barre : 0729 (voir la liste des produits en annexe).



• Nous appelons les universités à cesser leurs relations avec les universités israéliennes et à intensifier leurs collaborations avec les universités palestiniennes



• Nous demandons aux collectivités locales et aux organisations de rompre leurs relations avec leurs interlocuteurs israéliens et de ne pas organiser d'évènements culturels et sportifs.


Ces mesures punitives non-violentes devront être maintenues jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation à reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international :

• 1. En mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres arabes et en démantelant le Mur,

• 2. En reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d'Israël à une égalité absolue,

• 3. En respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés, comme stipulé dans la résolution 194 de l'ONU.




Comment agir ?

1 - Faire connaître autour de vous l'appel au Boycott lancé par les 172 associations palestiniennes le 10 juillet 2005.


2 - Ecrire au Président de la République et au Ministère des Affaires Etrangères pour que notre gouvernement fasse pression auprès du Conseil et de l'Assemblée Générale des Nations Unies dans le but de mettre en application l'article 41 de la Charte des Nations-Unies.

Par mail : http://www.elysee.fr/ecrire/mail.htm

ou par voie postale (votre courrier est alors dispensé d'affranchissement), à l'adresse suivante :
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Ministère des Affaires Etrangères :
http://www.france.diplomatie.fr/courrier/default.asp?code=actu


3 - Ecrire à vos élus, à vos représentants auprès du gouvernement, au Président de la République, au Président de l'Union-Européenne pour demander :

a) la suspension de l'accord d'Association Union Européenne-Israël
b) la mise en application de l'article 1 de la Convention de Genève
c) la cessation de toute collaboration avec le gouvernement israélien, en particulier dans les domaines scientifique, économique, technologique et militaire.

• connaitre l'élu de votre région

• connaitre votre représentant au sénat



4 - Demander aux entreprises de la Grande Distribution de cesser de nous proposer des produits israéliens et d'être claires sur l'origine des produits reconditionnés en France
(adresses pour les contacter).


5 - Demander aux groupes, individus et multinationales de retirer leurs investissements dans les entreprises qui collaborent et soutiennent la colonisation, la destruction des maisons et des terres palestiniennes tels que Caterpillar, Intel, Connex, Alstom, Roadstone (présent en France via la société BMI – Béton Moulé Industriel), Motorola, Nestlé, etc. (voir liste).


6 - Boycotter les produits israéliens et les entreprises qui collaborent à l'occupation (voir liste ci-dessous) .


7 - Demander aux municipalités françaises de rompre leurs relations avec les villes ou colonies israéliennes avec lesquelles elles sont jumelées et de porter leurs efforts vers une collaboration avec des villes palestiniennes étouffées par la colonisation.


8 - Interpeller les universités françaises qui ont des accords de partenariat avec des universités israéliennes et leur demander de diriger cette collaboration vers les universités palestiniennes (liste à venir).


9 - Boycotter tous les évènements culturels et sportifs dans lesquels interviennent des acteurs israéliens.




Quels produits faut-il boycotter ?

Ce n'est pas toujours facile pour les consommateurs de reconnaître les produits israéliens. Pour les produits frais, les fruits, les légumes et les épices, c'est possible.

Par contre, cela se complique pour les produits transformés qui ne portent pas forcément de trace de leur origine.

Le code barre sur un produit peut être un indice. Les produits qui sont emballés et labellisés en Israël ont un code barre israélien qui commence par 729.
Mais, certains produits israéliens sont emballés en France ou en Suisse par Delhaize, Carrefour, Auchan, Monoprix, Intermarché ou Leclerc (jus de fruits Jaffaden), etc. avec un code barre français.

Source: http://www.urgencepalestine.ch/Activites/Sanctions.html#boycott

 

Le Collectif Urgence Palestine travaille également sur le thème du boycott des produits israéliens, en particuliers des produits issus des colonies israéliennes dans les Territoires Occupés (colonies illégales en regard du droit international).

Les compagnies israéliennes et l’Etat d’Israël ont la fâcheuse habitude de tenter de dissimuler l’origine des produits provenant des colonies illégales qui sont situées dans les territoires occupés. Cette attitude concerne particulièrement les produits agricoles qu’ils mélangent à ceux provenant de l’Etat d’Israël Il est ainsi difficile pour le consommateur de distinguer les produits agricoles provenant de l’Etat d’Israël de ceux issus des colonies illégales. Plusieurs interpellations ont été faites en Suisse et ailleurs pour exiger que l’Etat d’Israël désigne clairement les produits provenant des colonies. Tant que ceci n’est pas strictement respecté par l’Etat d’Israël et qu’aucune identification claire se trouve sur ces produits, nous vous encourageons à vérifier que les produits que vous achetez ne soient pas codifiés avec le code-barre « 729… » et, si cela était le cas, de vous abstenir de les acheter. Nous encourageons chacun-e à consulter la liste des produits provenant des colonies de l’organisation israélienne « Gush shalom » qui pointe plusieurs produits et intitule son appel au boycott « un sous pour les colonies c’est un sous contre la paix ».

Plusieurs Des actions de sensibilisation de la population au boycott ont lieu régulièrement dans les rues de Genève et devant les supermarchés.

 

 

 

 

Produits provenant des colonies à boycotter, actuellement dans les supermarchés suisses:


- PALPHOT : cartes de vœux, commercialisées aussi sous le nom de "Bandshapp verlag AG"

- SODA CLUB : matériel pour préparer les boissons gazeuses

- EDEN SPRINGS Ltd : distributeurs d'eau. L'eau est suisse, l'entreprise a un bureau à Katzrin, Golan occupé.

- AHAVA : produits cosmétiques.

- FRUITS et LÉGUMES (dattes, oranges, avocats, etc) identifiés en tant que "produits en Israël" et avec le code barre commençant par 729 qui peuvent provenir des colonies en raison du non respect par l’Etat d’Israël de la séparation des flux provenant des colonies illégales et ceux provenant d’Israël même.



La compagnie Carmel-Agrexco appartient pour 50% à l'Etat d'Israel, et les produits importés (fruits et légumes) proviennent des colonies illégales israéliennes de Cisjordanie.

Lire notamment l'analyse de Lena Green:


"Apartheid et Agrexco dans la Vallée du Jourdain" - 05/09/05

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3519&type=analyse&lesujet=Boycott

 

26/07/2006

Coïncidences… ?

Coïncidences… ?

Je ne suis pas un fana des théories du complot, même si je trouve extraordinaire de voir comment l’esprit humain peut s’emparer d’un fait x, le revisitant, le contestant, le réinterprétant… C’est parfois vital me direz-vous et ça l’est certainement lorsqu’il y a matière à…

Ce qui me trouble depuis quelques jours est un enchaînement de faits directement ou indirectement liés entre eux… coïncidences ou prévisions appliquées avec calme et détermination ?

Le fait est que l’occupation du Liban sud par Israël durant plus de vingt ans avait justifié à l’époque une présence syrienne (avec l'accord du gouvernement libanais), présence devenue illégitime après le retrait israélien… S’est mis alors en route toute une machinerie, aux Etats-Unis notamment, avec l’adoption d’une loi, en novembre 2003, destinée à « arrêter le soutien de la Syrie au terrorisme et à mettre fin à son occupation du Liban ».

Il faut rappeler une chose concernant le statut terroriste de la Syrie. Ce n’est ni plus ni moins qu’un label octroyé par les Etats-Unis, qui décident de mettre ou non la Syrie sur la liste des pays dits terroristes, usant de ce moyen pour exercer une pression psychologique sur ce pays, en fonction de ses prises de positions politiques… Tout simplement parce que la Syrie est le seul pays de la région qui a su maintenir une pleine indépendance face aux « souhaits » américains et ça, ça ne plaît pas du tout… !

Bref, des voix s'étaient élevées au Liban également, réclamant le retrait syrien, pendant que d’autres voix plaidaient pour le maintien des forces syriennes sur place, la menace israélienne étant perçue plus que jamais d’actualité…

Les pressions internationales ont alors opéré, une résolution 1559 fut adoptée le 2 septembre 2004 (sur proposition des Etats-Unis notamment…) et à laquelle le gouvernement syrien avait accepté de se plier et de consentir même à la venue d’une équipe de l’Onu pour vérifier le retrait de ses troupes.

Parmi les opposants, l’ancien et défunt Premier Ministre libanais Rafic Hariri, tué dans un attentat en février 2005. Etait-ce un geste de représailles de la part du gouvernement syrien ou une action préméditée par un tiers visant à déstabiliser la Syrie et précipiter son retrait du Liban ? La version officielle parle d’une implication probable syrienne et une enquête est en cours…

Le problème est que côté syrien le démenti a été formel et l’enquête des Nations Unies accueillie sans réserve… Il est bien évident que l’assassinat de l’ancien premier Ministre Libanais, qui avait adhéré à l’opposition en octobre 2004, allait montrer du doigt le nouveau gouvernement syrien, un gouvernement qui n’avait pourtant aucun intérêt à commettre cet acte indigne, d’autant plus que les relations entre M. Rafic Hariri et Damas étaient très bonnes et ce, malgré l’opposition politique.

Quoiqu’il en soit, l’annonce du retrait syrien fut accueillie avec satisfaction par l’opposition libanaise, prévu pour la fin avril 2005. Le Liban allait entrer de plain-pied dans l’après-retrait syrien… ou dit autrement, le champ était libre…pour certains… On voit le résultat aujourd’hui.

Je ne suis pas un fana des théories du complot, même si certains événements de ces dix dernières années laissent songeurs…

Je ne suis pas un fana des théories du complot, mais je crois que les événements auxquels nous assistons depuis peu ne sont que les prémices d’un équilibre changeant, en d'autres terme d'une déstabilisation calculée... les prémices d’un nouveau règne…

AB

20/07/2006

L'arbre et la forêt

Source: http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5070&type=analyse&lesujet=Incursions 
 
Gaza - 14-07-2006

Pourquoi se battent-ils ?
Par Tanya Reinhart
Une version plus courte de cet article devait paraître le jeudi 13 juillet dans le Yediot Aharonot, mais cela a été reporté à la semaine prochaine en raison des développements au Sud Liban. (*)    
    
Quelque soit le destin du soldat captif Gilad Shalit, la guerre de l'armée israélienne à Gaza ne le concerne pas.
Comme l'a indiqué l'analyste sur la sécurité, Alex Fishman, l'armée se préparait depuis des mois et insistait constamment sur une attaque, avec pour objectif, la destruction de l'infrastructure du Hamas et de son gouvernement.
Depuis le 8 juin, l'armée est à l'origine de l'escalade quand elle a assassiné Abu Samhadana, un élu du gouvernement du Hamas, et a intensifié ses bombardements contre des civils dans la bande de Gaza.

L'autorisation gouvernementale pour agir à une plus grande échelle avait déjà été donnée pour le 12 juin, mais elle a été remise à plus tard à la suite des répercussions mondiales provoquées par le massacre de civils dans le bombardement de l'Armée de l'Air le lendemain.

L'enlèvement du soldat a donné un feu vert, et l'opération a commencé le 28 juin par la destruction de l'infrastructure à Gaza et la détention massive des dirigeants du Hamas en Cisjordanie, qui était également prévue depuis des semaines. (1)


Dans le discours israélien, Israel a mis fin à l'occupation de Gaza quand il a évacué ses colons de la Bande, et le comportement des Palestiniens est donc de l'ingratitude. Mais rien n'est plus loin de la réalité que cette description.

En fait, comme cela a été déjà stipulé dans le Plan de Désengagement, Gaza est resté sous total contrôle militaire israélien, surveillé de l'extérieur. Israel a empêché toute possibilité d'indépendance économique pour la Bande et dès le début, Israel n'a pas mis en application une seule des clauses de l'accord sur les passages des frontières de novembre 2005.

Israel a simplement substitué l'occupation onéreuse de Gaza par une occupation à bas prix, une occupation qui, selon Israel, l'exempte de la responsabilité de l'occupant à s'occuper de la Bande, et à s'inquiéter du bien-être et de la vie de son million et demi d'habitants, comme cela est déterminé dans la Quatrième Convention de Genève.


Israel n'a pas besoin de ce bout de terre, l'une des plus massivement peuplées au monde, et n'yant aucune ressource naturelle.

Le problème est qu'on ne peut pas laisser Gaza libre si on veut garder la Cisjordanie. Un tiers des Palestiniens occupés vivent dans la Bande de Gaza.

S'ils on leur donne la liberté, ils deviendraient le centre de la lutte palestinienne pour la libération, avec un libre accès au monde occidental et Arabe.

Pour contrôler la Cisjordanie, Israel a besoin d'un contrôle total sur Gaza. La nouvelle forme de contrôle qu'Israel a développé transforme l'ensemble de la Bande en camp de prison complètement verrouillé du reste du monde.


La population occupée et assiégée sans rien à espérer, et sans aucun moyen alternatif de lutte politique, cherchera toujours des moyens pour combattre son oppresseur.

Les Palestiniens emprisonnés de Gaza ont trouvé un moyen de troubler la vie des Israéliens vivant à proximité de la Bande, en lançant des roquettes artisanales Qassam de l'autre côté du mur de Gaza sur les villes israéliennes entourant la Bande.

Ces roquettes primitives manquent de précision pour se concentrer sur une cible, et ont rarement causé de victimes israéliennes ; cependant, elles causent des dommages physiques et psychologiques et perturbent sérieusement la vie dans les secteurs israéliens visés.

Aux yeux de nombreux Palestiniens, les Qassams sont une réponse à la guerre qu'Israel leur a déclaré.

Comme l'a dit un étudiant de Gaza au New York Times : "Pourquoi devrions-nous être les seuls à vivre dans la peur ? Avec ces roquettes, les Israéliens ressentent aussi la peur. Nous devrons vivre dans la paix ensemble, ou vivre dans la peur ensemble." (2)


L'armée la plus puissante au Moyen-Orient n'a aucune réponse militaire à ces roquettes artisanales. Une réponse qui se présente est ce que le Hamas a toujours proposé , et ce qu'Haniyeh a répété cette semaine : un cessez-le-feu complet.

Le Hamas a déjà prouvé qu'il pouvait respecter sa parole. Au cours des 17 mois depuis qu'il a annoncé sa décision d'abandonner la lutte armée en faveur de la lutte politique, et qu'il a déclaré un cessez-le-feu unilatéral ("tahdiya" - calme), il n'a participé à aucun lancement de Qassams, sauf lors d'une grave provocation israélienne, comme cela s'est produit lors de l'escalade de juin.

Cependant, le Hamas reste engagé dans la lutte politique contre l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie.

Selon Israel, les résultats des élections palestiniennes sont un désastre, parce que pour la première fois, ils ont un gouvernement qui insiste pour représenter les intérêts des Palestiniens au lieu de seulement collaborer avec les demandes d`Israel.


Depuis, mettre fin à l'occupation est la seule chose qu'Israel ne veut pas envisager, et l'option favorisée par l'armée est de briser les Palestiniens par une force brutale dévastatrice.

Ils doivent être affamés, bombardés, terrorisés avec des bangs supersoniques pendant des mois, jusqu'à ce qu'ils comprennent que la rebellion est futile, et qu'accepter la vie en prison est leur seul espoir de rester en vie.
Leur système politique élu, leurs institutions et leur police doivent être détruits.

Selon Israel, Gaza devrait être gouverné par des gangs qui collaborent avec les gardiens de la prison.

L'armée israélienne a faim de guerre. En aucun cas, elle ne s'inquiète des soldats captifs.

Depuis 2002, l'armée a soutenu qu'une "opération" du genre "Bouclier Défensif" à Jénine était également nécessaire à Gaza. Il y a exactement un an, le 15 juillet (avant le Désengagement), l'armée a concentré ses forces sur la frontière de la Bande pour une offensive de cette ampleur contre Gaza.

Mais alors, les Etats-Unis ont imposé un véto. Rice est arrivée pour une visite d'urgence qui a été décrite comme âpre et orageuse, et l'armée a été forcée de reculer (3).

Maintenant, le temps est finalement venu. Avec la forte Islamophobie de l'Administration Américaine, il s'avère que les Etats-Unis sont prêts à autoriser une telle opération, à condition que cela ne provoque pas un tollé mondial avec de nombreux rapports d'attaques contre des civils.(4)

Comme le feu vert pour une offensive a été donné, le seul souci de l'armée est l'image dans l'opinion publique.

Fishman a indiqué ce mardi ce qu'était l'inquiétude de l'armée : "Ce qui menace d'enterrer cet énorme effort militaire et diplomatique, ce sont les rapports sur la crise humanitaire à Gaza. Par conséquent, l'armée fera attention à laisser entrer de la nourriture dans Gaza. (5) De cette perspective, il est nécessaire d'alimenter les Palestiniens de Gaza de sorte qu'il soit possible de continuer à les tuer sans être dérangés."



NOTES

* Des parties de cet article ont été traduites de l'Hébreu par Mark Marshall.

(1) Alex Fishman, Qui est pour l'élimination du Hamas, Yediot Aharonot, Supplément du samedi, 30 juin 2006. Voir également : Alex Fishman, The safety-catch released, Yediot Aharonot, 21 juin 2006 (Hébreu), Aluf Benn, Une opération avec deux objectifs, Ha`aretz, 29 juin 2006.

(2) Greg Myre, Les roquettes créent un "équilibre de la peur" avec Israel, dissent les habitants de Gaza. New York Times, 9 juillet 2006.


(3) Steven Erlanger, “U.S. Presses Israel to Smooth the Path to a Palestinian Gaza”, New York Times, 7 août 2005


(4) Pour une etude détaillée de la position actuelle de l'Administration Américaine, voir Ori Nir, U.S. Seen Backing Israeli Moves To Topple Hamas, The Forward, 7 Juillet 2006.


(5) Alex Fishman, "Leur nourriture est terminée", Yediot Aharonot, 11 Juillet 2006.



     Source : http://www.palsolidarity.org/    
     Traduction : MG pour ISM