22/01/2009

Mythe fondateur d’Israël

Source : http://www.silviacattori.net/article572.html

 

Mythe fondateur d’Israël
Jonathan Cook : Quand un best-seller israélien contredit un mythe fondateur
Personne n’est davantage surpris que Shlomo Sand (l’auteur) au constat que sa dernière somme universitaire figure déjà depuis dix-neuf semaine sur la liste des bestsellers israéliens, et qu’un professeur d’histoire comme lui connaisse ainsi un succès sans précédent, en dépit du fait que son ouvrage s’attaque au Tabou des Tabous israéliens.
8 octobre 2008

Shlomo Sand

M. Sand avance que l’idée d’un peuple juif – dont le besoin d’un havre de paix fut utilisé, à l’origine, pour justifier la création de l’Etat d’Israël – n’est qu’un mythe, qui a été inventé voici, de cela, tout juste cent ans.

Spécialiste d’histoire européenne à l’Université de Tel Aviv, M. Sand s’est basé sur une recherche historique et archéologique exhaustive pour étayer non seulement sa propre thèse, mais plusieurs autres – tout aussi rafraîchissantes.

De plus, il avance que les juifs n’ont jamais été exilés de la Terre Sainte, que la plupart des juifs contemporains n’ont aucun lien que ce soit avec la terre appelée Israël et que la seule solution politique du conflit avec les Palestiniens ne peut consister qu’en l’abolition de l’Etat juif.

Le succès de son ouvrage [en hébreu] When and How Was the Jewish People Invented ? est appelé à se répéter, dans le monde entier. Une traduction en français [Comment le peuple juif fut inventé, aux éditions Fayard], mise sur les rayons des librairies au mois de septembre, se vend si rapidement qu’elle a déjà dû être rééditée à trois reprises !

D’autres traductions sont en cours, dans une douzaine de langues, dont l’arabe et l’anglais. Mais l’auteur a d’ores et déjà prédit une réaction violente du lobby pro-israélien, quand l’ouvrage sera lancé aux Etats-Unis, l’année prochaine, par Verso, son éditeur en langue anglaise.

Par contraste, explique-t-il, les Israéliens se sont montrés, sinon carrément des fans, tout au moins curieux de connaître son argumentation. Tom Segev, un des journalistes les plus en vue du pays, a qualifié l’ouvrage de « fascinant et provocateur ».

Etonnamment, poursuit M. Sand, la plupart de ses collègues universitaires, en Israël, se sont gardés de réfuter ses arguments, une des rares exceptions étant Israel Bartal, professeur d’histoire juive à l’Université Hébraïque de Jérusalem. S’exprimant dans les colonnes du quotidien israélien Haaretz, M. Bartal s’est très peu attaché à réfuter les affirmations de M. Sand ; il a consacré le plus gros de son article, en lieu et place, à une défense et illustration de sa profession, suggérant que les historiens israéliens ne sont pas aussi ignorants au sujet du caractère totalement fictionnel de l’histoire juive que le prétend M. Sand.

M. Sand explique que l’idée d’écrire ce livre lui est venue il y a plusieurs années, mais qu’il a attendu jusqu’à tout récemment pour s’y consacrer pleinement. « Je ne saurais prétendre faire preuve d’un courage particulier en publiant ce livre, aujourd’hui », a-t-il déclaré. « J’ai attendu d’être titulaire d’une chaire universitaire : vous savez, dans le monde universitaire israélien, avant de pouvoir exprimer des opinions telles que celles-là, il y a un prix à payer ! »

Exactement de la même manière, l’idée sioniste contemporaine selon laquelle les juifs se devraient de « revenir » de leur soi-disant « exil » [de la diaspora, ndt] en Terre Promise est totalement étrangère au judaïsme, a ajouté M. Sand.

« Le sionisme a totalement modifié la vision de Jérusalem. Auparavant, les lieux saints étaient considérés comme des endroits auxquels le croyant aspirait, mais qu’il n’envisageait en aucun cas d’habiter. Si, durant deux millénaires, les juifs sont restés à l’écart de Jérusalem, ce n’est nullement parce qu’ils ne pouvaient pas matériellement y « retourner », mais bien parce que leur religion, le judaïsme, leur interdisait d’y retourner avant la venue du Messie. »

Au cours de ses recherches, il eut la surprise de sa vie lorsqu’il commença à étudier les vestiges archéologiques remontant à l’ère biblique :

« Je n’avais pas été élevé en sioniste, mais comme tous les autres Israéliens, il était évident pour moi que les juifs étaient un peuple vivant en Judée et qu’ils en avaient été exilés par les Romains, en l’an 70 de l’ère chrétienne.

« Mais ayant commencé à étudier les indices archéologiques, j’ai découvert que tant le royaume de David que celui de Salomon étaient purement légendaires.

« De même, en ce qui concerne l’exil. De fait, vous ne pouvez expliquer ce qu’est la judaïté, s’il n’y a pas d’exil. Mais, m’étant mis en quête d’ouvrages historiques décrivant les circonstances dudit exil, je n’en ai trouvé aucun. Pas un seul.

« Pour la bonne raison que les Romains n’ont exilé strictement aucun des peuples dont ils avaient conquis le territoire. En réalité, les juifs vivant en Palestine étaient dans leur écrasante majorité des paysans, et toutes les preuves archéologiques suggèrent qu’ils étaient restés sur leurs terres. »

En revanche, M. Sand adhère à une théorie alternative, davantage plausible : l’exil a été un mythe, répandu par les premiers chrétiens, afin de convertir des juifs à la nouvelle religion : « Les chrétiens voulaient inciter les dernières générations de juifs, à l’époque, à croire que leurs ancêtres auraient été chassés et exilés par Dieu, qui voulait les punir [de leur impiété et de leur méconduite, ndt] »

Bon, alors : s’il n’y a jamais eu d’exil, comment se fait-il donc que de si nombreux juifs aient fini par se retrouver dispersés sur toute la planète Terre, avant que l’Etat d’Israël, à l’époque contemporaine, n’eut commencé à les encourager à « revenir » ?

M. Sand explique que, durant les siècles ayant immédiatement précédé, et suivi, l’apparition du christianisme, le judaïsme était une religion pratiquant un prosélytisme intensif, littéralement en proie à une fringale de conversions : « La littérature latine de l’époque mentionne constamment ce phénomène ».

Des juifs se rendirent ainsi dans d’autres régions, dont ils cherchèrent à convertir les habitants, en particulier au Yémen, et parmi les tribus berbères de l’Afrique du Nord. Plusieurs siècles plus tard, le peuple du Royaume khazar, au Sud de la Russie actuelle, allait se convertir en bloc au judaïsme, donnant ainsi naissance aux juifs ashkénazes d’Europe centrale et orientale.

Ynet, le site ouèbe du quotidien Yediot Ahronot, le plus diffusé en Israël, a souligné cette histoire : « Des archéologues russes ont retrouvé la capitale juive, recherchée depuis des siècles. » Et pourtant, aucun journal israélien, précise M. Sand, n’a pris conscience du fait que cette découverte cruciale remettait en cause tous les récits standards de l’histoire juive.

Autre question corollaire, suscitée par le récit de M. Sand, et qu’il pose lui-même : « Si, dans leur écrasante majorité, les juifs n’ont jamais quitté la Terre Sainte, alors, que sont-ils devenus ? »

« On ne l’enseigne pas dans les écoles israélienne, mais la plupart des pionniers du sionisme, dont David Ben Gurion [le premier Premier ministre israélien], étaient persuadés que les Palestiniens étaient les descendants des juifs authentiques ayant vécu en Palestine. Ils étaient convaincus que les juifs, bien des siècles s’étant écoulés, s’étaient convertis à l’Islam. »

M. Sand attribue la réticence dont font montre ses collègues à avouer qu’ils sont d’accord avec lui au fait que cela reviendrait, pour eux, à reconnaître implicitement, comme énormément de monde, que tout l’édifice de la soi-disant « histoire juive » enseignée dans les universités israéliennes n’est qu’un château de cartes.

Le problème fondamental de l’enseignement de l’histoire en Israël, explique M. Sand, remonte à une décision prise dans les années 1930, de faire éclater l’histoire en deux disciplines : l’histoire générale, d’un côté, et l’histoire juive, de l’autre. L’ « histoire juive » était censée justifier qu’on y consacrât une chaire universitaire à part, au motif que l’expérience historique juive était considéré comme « unique » en son genre.

« Dans nos universités, en Israël, il n’y a pas de faculté de science politique juive, ou de sociologie juive. Seule l’histoire est ainsi enseignée de cette façon, et cela a permis à des spécialistes ès-histoire juive de vivre dans un monde parfaitement insulaire et conservateur, où ils sont totalement à l’abri des découvertes de la recherche historique.

« On m’a critiqué, en Israël, parce que j’ai écrit au sujet de l’histoire juive, alors que ma spécialité, c’est l’histoire européenne. Mais un livre tel que celui-ci a besoin d’un historien auquel soient familiers les concepts de l’investigation historique validés, reconnus et utilisés par le monde académique du reste du monde. »

Jonathan Cook
The Electronic Intifada, le 8 octobre 2008.

Jonathan Cook, écrivain et journaliste, vit à Nazareth, en Israël. Ses derniers ouvrages publiés sont : Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East (éditions Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (éditions Zed Books). Vous pouvez consulter son site ouèbe à l’adresse URL suivante : http://www.jkcook.net/.

Cet article a été publié originellement dans The National, un quotidien d’Abu Dhabi. Il est reproduit ici avec son autorisation.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier.

Version originale en anglais :
http://electronicintifada.net/v2/article9884.shtml

Ce terrorisme qui a engendré Israël

Source : http://www.silviacattori.net/article450.html

 

SOIXANTE ANS D’EXPROPRIATION ET DE NETTOYAGE ETHNIQUE
Ce terrorisme qui a engendré Israël
Nous reproduisons ici un article du journaliste palestinien Khaled Amayreh.
9 MAI 2008
Ce terrorisme qui a engendré Israël
Par Khaled Amayreh
9 mai 2008

« Nous avons commis des exactions dignes des nazis »
Aharon Zisling, premier ministre israélien de l’Agriculture

« Aucun doute n’est possible : de nombreuses atrocités de nature sexuelle ont été perpétrées par les agresseurs juifs. Beaucoup de jeunes filles arabes ont été violées, puis égorgées. Des femmes âgée ont été, par ailleurs, molestées. »
Le Général Richard Catling, vice-inspecteur de l’armée britannique, après avoir interrogé plusieurs survivantes (in The Palestinian Catastrophe, par Michael Palumbo, 1987).

Tandis que le maléfique Etat d’Israël célèbre ses soixante ans de nettoyage ethnique et d’atrocités contre les natifs palestiniens, beaucoup de gens, dans le monde entier, en particulier dans les jeunes générations, ne seront pas totalement informés de la manière dont Israël a vu le jour. De même, les jeunes générations sionistes, qui ne cessent de qualifier leurs victimes palestiniennes de « terroristes » devraient avoir une idée plus claire du passé manifestement criminel d’Israël, que les livres de classe sionistes glorifient et chantent les louanges sans vergogne.

Avant l’Etat « juif », trois organisations terroristes juives oeuvraient en Palestine, essentiellement contre les civils palestiniens et contre des responsables ciblés du mandat britannique. Ces trois mouvements terroristes étaient les suivants : la Haganah, le Zvei Leumi (ou Irgoun), et le Gang Stern. La Haganah (mot hébreu signifiant « la défense ») disposait d’une armée de terre de 160 000 hommes bien formés et bien armés, et d’une unité appelée Palmach, comptant plus de 6000 terroristes. L’Irgoun incluait au minimum 5 000 terroristes, tandis que le Gang Stern comportant de 200 à 300 terroristes impitoyables.

Ce qui suit est simplement une liste de quelques-uns des exemples de terrorisme sioniste avant la création de l’Etat sioniste, en 1948 : cette liste ne comporte pas les massacres de grande ampleur comme Deir Yassin, Dawaymeh, Tantura et bien d’autres encore.

1937-1939

Durant cette période, ces sionistes effectuèrent une série d’attentats terroristes contre des autobus palestiniens, causant la mort de 24 personnes et 25 blessés.

1939

La Haganah a fait sauter le pipeline acheminant le pétrole irakien près de Haifa (Palestine). Moshe Dayan était un des participants à cette opération. La même technique fut utilisée, en 1947, au minimum à quatre reprises.

1940

Le 6 novembre 1940, des terroristes sionistes, du Gang Stern, assassinèrent le ministre plénipotentiaire britannique en résidence au Moyen-Orient, Lord Moyne, au Caire.

1940

Le 25 novembre, des terroristes juifs firent sauter le navire britannique S.S. Patria dans le port de Haifa, tuant 268 immigrants illégaux juifs. L’explosion, fomentée par l’organisation terroriste Haganah, visait initialement à empêcher ce navire de mettre les voiles. Toutefois, il semble que les terroristes aient méjugé de la quantité d’explosifs nécessaires pour mettre le bâtiment hors d’état de naviguer. D’autres sources ont indiqué qu’il ne s’agissait absolument pas d’une erreur de calcul, mais d’un massacre de masse de juifs délibéré, par des juifs, visant à attirer la sympathie et d’influencer la politique d’immigration britannique en Palestine.

1946

Des terroristes sionistes font sauter l’Hôtel King David à Jérusalem, qui abritait l’administration civile du gouvernement de la Palestine, tuant et blessant plus de deux-cent personnes. Le gang Irgoun revendiqua la responsabilité de ce crime, mais des preuves ultérieures indiquèrent que tant la Haganah que l’Agence juive étaient impliquées dans cet horrible attentat.

1946

Le 1er octobre, l’ambassade britannique à Rome est gravement endommagée par un attentat à la bombe, que l’Irgoun revendique.

1947

En juin 1947, un colis piégé adressé au ministère britannique de la Guerre explose dans un centre de tri postal de Londres, blessant deux personnes. Il fut attribué à l’Irgoun ou au Gang Stern (Sunday Times, 24 septembre 1972, p. 8).

1947

En décembre de cette même année, six Palestiniens sont tués et 30 blessés, des bombes ayant été lancées depuis des camions par des juifs contre des maisons arabes à Haïfa ; 12 Palestiniens furent tués et un Palestinien fut blessé, lors d’une attaque sioniste armée contre un village arabe côtier, près de Haïfa.

1947

Le 13 décembre, des terroristes sionistes, sans doute membres de l’Irgoun Zvei Leumi, assassinent 18 civils palestiniens et en blessent 60 autres à Jérusalem, Jaffa et Lod. A Jérusalem, des bombes sont lancées contre un marché arabe, près de la Porte de Damas ; à Jaffa, des bombes sont lancées à l’intérieur d’un café arabe, tandis que, dans un village arabe proche de Lod, 12 Arabes sont assassinés lors d’une attaque au mortier et à l’arme automatique.

1947

Le 9 décembre, les terroristes de la Haganah attaquent un village arabe près de Safad, faisant exploser deux maisons, dans les décombres desquelles on releva les corps de dix Arabes, dont cinq enfants. La Haganah a reconnu sa responsabilité dans cette attaque.

1947

Le 29 décembre, deux policiers britanniques et 11 Palestiniens sont tués, et 32 autres, blessés, près de la Porte de Damas, à Jérusalem, les terroristes de l’Irgoun ayant lancé une bombe depuis un taxi.

1948

Le 1er janvier, des terroristes de la Haganah attaquent un village sur les pentes du Mont Carmel, tuant 17 civils palestiniens, et en en blessant 37 autres.

1948

Le 4 janvier, des terroristes de la Haganah portant des uniformes de l’armée britannique pénètrent au centre de Jaffa et font sauter le Sérail, qui était utilisé comme quartier général du Comité National Arabe, tuant plus de quarante personnes et faisant quatre-vingt-dix-huit blessés.

1948

Le 5 janvier, l’Hôtel Sémiramis de Jérusalem (dont le propriétaire était un Arabe) explose, entraînant la mort de 20 civils, dont le Vicomte De Tapia, Consul d’Espagne. La Haganah reconnaît sa responsabilité dans cette atrocité.

1948

Le 7, 17 civils arabes sont tués par l’explosion d’une bombe à la Porte de Jaffa, à Jérusalem, dont trois tandis qu’ils essayaient de s’échapper. D’autres victimes, dont un officier britannique, près d’Hébron, ont été signalées, dans différentes régions de la Palestine.

1948

Le 16 janvier, des terroristes juifs font sauter trois immeubles arabes, tuant huit enfants, dont les âges s’échelonnent de 18 mois à 12 ans.

13.12.1947 – 10.02.1948

Sept attentats à la bombe perpétrés par les terroristes juifs se produisent, les cibles étant des civils arabes innocents, dans des cafés et sur des marchés, tuant 138 personnes et en blessant 271. Durant cette période ont lieu 9 attaques contre des autobus arabes. De plus, des terroristes juifs attaquent des trains de voyageurs, au moins à quatre reprises, tuant 93 personnes et en blessant 161.

1948

15 février ; les terroristes de la Haganah attaquent un village arabe près de Safad, et font exploser plusieurs maisons, tuant 11 civils, dont quatre enfants.

1948

3 mars. L’immeuble Salam, à Haifa (c’est un immeuble d’habitation de sept étages, avec des commerces au rez-de-chaussée), appartenant à un Arabe, est gravement endommagé par des terroristes juifs qui l’ont percuté avec un camion de l’armée, chargé de 400 kilos d’explosifs, tuant 11 civils arabes et 3 Américains. Le Gang Stern revendique l’attentat.

1948

22 mars. Des terroristes juifs du Gang Stern font exploser un immeuble de la rue d’Irak, à Haïfa, tuant 17 personnes et faisant une centaine de blessés. Quatre membres du Gang Stern avaient garé deux camions bourrés d’explosifs devant l’entrée.

1948

31 mars. Des terroristes juifs minent le train express Le Caire-Haïfa, tuant quarante personnes et en blessant soixante.

1948

16 avril. Des terroristes juifs attaquent un ancien camp de l’armée britannique à Tel Litvinsky, tuant 90 Palestiniens.

1948

19 avril. Quatorze civils palestiniens sont tués, à Tibériade, dans une maison que font sauter à l’explosif des terroristes sionistes.

1948

11 mai. Une lettre piégée adressée à Evelyn Baker, ancien commandant en chef en Palestine, est découverte juste à temps par son épouse.

25.04.1948 – 13.05.1948

A la suite d’attaques armées, les terroristes de l’Irgoun et de la Haganah procèdent à un pillage systématique de Jaffa. Ils pillent et emportent tout ce qu’ils peuvent, détruisant tout ce qu’ils ne peuvent déménager.

1948

17 septembre. Le comte Folke Bernadotte, médiateur des Nations-Unies en Palestine, est assassiné par des membres du groupe Stern dans le secteur de Jérusalem contrôlé par les sionistes. L’aide de camp de Bernadotte, le colonel Sérot, est également assassiné par les terroristes juifs.

1948

En novembre, les villages arabes chrétiens d’Igrit et Birim sont attaqués et détruits, beaucoup de civils sans défense étant tués et blessés, dont des femmes et des enfants. Tous les habitants arabes chrétiens sont chassés de chez eux manu militari. L’Etat d’Israël persiste à refuser de les autoriser à retourner dans leurs villages, en dépit de plusieurs jugements de la cour suprême allant dans ce sens.

1948-1949

Les pires actes de terreur juive se sont produit lorsque des terroristes juifs, appelés aujourd’hui Forces Israéliennes de Défense, déracinèrent entre 700 et 800 000 Palestiniens de leur patrie ancestrale, la Palestine. Depuis lors, les réfugiés se sont vu dénier leur droit à retourner chez eux. Après cette expulsion de la population, l’armée des terroristes sionistes rasa au sol des centaines de villes, villages et hameaux arabes, dont ils éradiquèrent jusqu’aux fondations. Enfin, des villages israéliens, des kibboutz et des villes furent construits sur leurs gravats, après nivellement au bulldozer.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Texte original en anglais :
http://desertpeace.wordpress.com/2008/05/09/the-terror-that-begot-israel/

Israël : Etat pathologique ?

Source : http://www.silviacattori.net/article704.html

Les racines profondes de la terreur exercée par l’Etat juif
Israël : Etat pathologique ?

La création de l’Etat d’Israël en 1948 s’est accompagnée du nettoyage ethnique de plus de 750’000 Palestiniens (*) – soit plus de la moitié de la population indigène - chassés de leurs villes et villages, soit par la force, soit par la peur engendrée par des massacres délibérés de civils, comme celui du village Deir Yassin.

Depuis lors, au cours de ses soixante années d’existence, des massacres de Sabra et Chatila en 1982, aux carnages qui se déroulent aujourd’hui à Gaza — en passant par la destruction du camp de réfugiés de Jénine et la destruction des infrastructures palestiniennes de Cisjordanie en 2002, les massacres dans le camp de réfugiés de Jabaliah en 2005 et 2006, les bombardements massifs sur le Liban en 2006 — Israël n’a cessé, sous prétexte de « se défendre », d’apporter mort et dévastation chez ses voisins, avec toute la puissance de feu de son aviation, de sa marine de guerre et de ses chars.

A chaque fois, on est demeurés à la fois atterrés et scandalisés par la sauvagerie des attaques israéliennes, le nombre de victimes civiles et l’étendue des destructions qu’elles ont provoqués ; et stupéfaits par le laisser faire de la « communauté internationale ».

A chaque fois, on a vu sur nos écrans, avec la complicité de rédactions partisanes, des porte-paroles et ambassadeurs israéliens venir « justifier » les crimes commis par des mensonges éhontés, en affichant leur mépris à l’égard de ces Palestiniens qu’ils occupent militairement et exécutent sommairement, avec une morgue qui fait irrésistiblement penser à celle qu’affichaient en leur temps les dignitaires nazis.

La furie destructrice de cet Etat n’est pas nouvelle pour les occupés qui la subissent quotidiennement. Mais, l’écrasement du ghetto de Gaza, ce bain de sang insoutenable qui se déroule devant nous, l’a rendue plus évidente aux yeux du monde.

Et la question de savoir pourquoi et comment une telle sauvagerie est possible se pose aujourd’hui avec encore plus d’insistance.

C’est à cette question cruciale que deux connaisseurs d’Israël ont tout récemment cherché une réponse : l’historien Ilan Pappe et le professeur de philosophie juridique et politique Oren Ben-Dor [1].

Le sionisme [2] mis en cause

Dans son article intitulé «  Israël et la vertu outragée » [3], Ilan Pappe relève que la posture d’autojustification constamment adoptée par Israël est « un sujet qui mérite que l’on s’y attarde, si on veut comprendre l’immunité internationale dont Israël bénéficie pour les massacres qui se poursuivent à Gaza ».

Il commence par insister sur le déferlement de propagande sur les médias israéliens, sur l’hypocrisie des justifications avancées, et la menace qu’elles représentent pour les Palestiniens :

« Cette posture [d’autojustification] est fondée en tout premier lieu sur de purs mensonges (…) qui rappellent les heures sombres des années 1930 en Europe. (…) Il n’y a pas de limites à l’hypocrisie, essence même de la vertu outragée. Le discours des généraux et des responsables politiques oscille, selon le cas, entre l’autocongratulation devant l’humanité que manifeste l’armée avec ses frappes « chirurgicales » d’une part, et, de l’autre, la nécessité de détruire Gaza une fois pour toutes, mais de façon humaine, bien entendu.

Cette vertu outragée est une constante dans le processus de dépossession, d’abord par les sionistes, puis par Israël. Toutes les opérations, qu’il se soit agi d’épuration ethnique, d’occupation, de massacres ou de destructions ont toujours été présentées comme des actions justes sur le plan moral et relevant de l’autodéfense, perpétrées à contrecœur par Israël dans sa guerre contre des êtres humains de la pire espèce.(…)

C’est la vertu outragée qui protège la société et les responsables politiques de tout reproche ou de toute critique venant de l’extérieur. Mais, pire encore, elle se traduit toujours par des mesures de destruction dirigées contre les Palestiniens. Sans opposition interne et sans pressions extérieures, il en résulte que tout Palestinien peut devenir la cible de cette fureur. Etant donné la puissance de feu de l’Etat hébreu, cela ne peut finir que par d’autres massacres, d’autres assassinats en masse et d’autres épurations ethniques. »

Ilan Pappe donne un nom à ce qu’il caractérise comme une « idéologie malsaine destinée à couvrir des atrocités », à savoir : «  le sionisme ». Et il conclut à l’urgence de le dénoncer et de le combattre :

« Il nous faut tenter d’expliquer, et pas seulement au monde entier, mais aux Israéliens eux-mêmes que le sionisme est une idéologie qui cautionne l’épuration ethnique, l’occupation, et aujourd’hui les massacres (…) et également cesser de légitimer cette idéologie qui a engendré une telle politique et qui la justifie moralement et politiquement.(…) Il est peut-être plus facile de le faire maintenant, dans des circonstances aussi dramatiques, au moment où l’attention du monde est dirigée une fois de plus vers la Palestine.
(…)
Malgré les accusations prévisibles d’antisémitisme et tout le reste, il est temps d’expliquer aux populations le rapport existant entre l’idéologie sioniste et les grandes dates de l’histoire de ce territoire, familières désormais : l’épuration ethnique de 1948, l’oppression des Palestiniens en Israël pendant la période de gouvernement militaire, l’occupation brutale de la Cisjordanie et aujourd’hui le massacre à Gaza. (…) En démontrant le rapport entre la doctrine sioniste, et la politique qui en a résulté, et les atrocités actuelles, nous pourrons offrir une explication claire et logique dans le cadre de la campagne de boycott, de sanctions et de retrait des investissements
(dirigée contre Israël, NDT). »

Une pathologie suicidaire

Dans son article intitulé «  Israël : le suicide par l’autodéfense » [4], Oren Ben-Dor commence par insister sur la répétion incessante des massacres perpétrés par Israël, sur l’hypocrisie des raisons qu’il avance pour le déclenchement de sa guerre à Gaza, et sur l’échec prévisible de cette dernière tentative de mater la résistance palestinienne :

« A l’instar du Liban en 2006, le peuple de Gaza est massacré par les pilotes assassins d’un Etat assassin. (…) Cette répétition de la violence à grande échelle par Israël (…) s’accomplit après un long processus déclenché au moment où Israël a retiré unilatéralement ses colonies et son infanterie de Gaza, mais seulement pour organiser ce qui a été décrit comme un zoo d’êtres humains surveillé à distance.
(…)
En dehors d’apporter une réponse à court terme aux attaques de roquettes, la vague de violence israélienne relève d’un raisonnement vicieux (pétition de principe) et d’une provocation réfléchie. (…) Les assassinats ciblés de membres du Hamas, le renversement même de l’organisation, la destruction de son infrastructure et de ses bâtiments n’écraseront pas la légitime opposition à l’entité sioniste, arrogante et triomphaliste. Aucune armée, même bien équipée et bien entraînée, ne peut gagner un combat contre un nombre toujours plus grand de gens qui n’ont plus de raison de craindre de mourir
. »

Et il pose la question de fond :

« A considérer l’échec assuré des tentatives visant à imposer la stabilité par la violence, l’intimidation, la famine et l’humiliation, quel est le souhait, sur terre, qui anime l’Etat israélien ? A quoi les Israéliens imaginent-ils aboutir avec ce massacre ? Il doit y avoir quelque chose qui manque ici. Il doit y avoir, pour les Israéliens, quelque chose ou quelque idée à préserver, à défendre même, dans cette pathologie de vouloir provoquer un état permanent de violence contre eux-mêmes. Quelle sorte d’autosatisfaction conditionne donc cette volonté autodestructrice d’être haï ? »

Oren Ben-Dor trouve finalement la réponse à cette question dans «  l’incapacité, des Israéliens à s’interroger sur le fondement discriminatoire de leur propre Etat » :

« Beaucoup de Palestiniens qui vivent à Gaza sont les enfants des 750’000 réfugiés expulsés en 1948 de ce qui est aujourd’hui l’Etat juif. (…) C’est seulement par une purification ethnique massive qu’un Etat de majorité et de caractère juifs a pu s’implanter. Toute juste application du droit reconnu internationalement pour les réfugiés de revenir chez eux signifierait effectivement la fin du projet sioniste. (…) A leur retour, ils exigeraient sûrement pour eux, et avec force, une citoyenneté égale. Ce faisant, ils remettraient en cause l’idée discriminatrice qui est à la base de l’Etat juif (…).Ainsi, pour la même raison qu’Israël discrimine ses propres citoyens non juifs, il empêche le retour des réfugiés. »

Il conclut que, seule, la remise en cause de l’apartheid israélien, du « droit d’Israël à exister dans la sécurité en tant qu’Etat juif » pourrait mettre fin au cycle de violence, faute de quoi, la « rhétorique de l’autodéfense » va se refermer sur la « chronique effrayante d’un suicide annoncé » :

« Admettre le droit d’Israël à exister dans la sécurité en tant qu’Etat juif est devenu aujourd’hui le point de référence d’une modération politique. Obama est déjà en train de chanter la chanson. (…) l’origine de la violence dans Gaza est intimement liée à la manière dont l’Etat israélien a vu le jour et dont il tolère toujours l’idée d’apartheid dans son essence même. Israël ne doit pas être « réformé » ou « condamné », mais remplacé par une unique structure égalitariste sur toute la Palestine historique.

Israël a besoin d’un cycle permanent de violence. (…). La violence (…) est un moyen nécessaire pour ancrer la prétendue légitimité de ce qu’on prétend être la seule alternative à cette violence. Cette alternative n’est rien d’autre que l’échec « étonnant » d’un processus de paix « sensé », « raisonnable » et « modéré » pour aller à deux Etats, un processus qui prétend légitimer l’Etat d’apartheid une fois pour toutes. Le discours a été récupéré de telle sorte que les appels urgents à la cessation immédiate de la violence raniment ce projet pour deux Etats, essentiellement injuste et voué à l’échec mais qui garantit la poursuite de la violence. (…)

Cette pathologie israélienne aboutira, furtivement et fatalement, à ce que les Israéliens craignent le plus. Il n’y a effectivement « d’autre choix » pour le projet nationaliste des éternelles victimes, que le suicide avec ceux qu’il opprime. (…) L’autodéfense par le suicide souligne le caractère unique de l’apartheid israélien. La rhétorique tant du non choix que de l’autodéfense renferme une chronique effrayante d’un suicide annoncé. En dépit de sa puissance militaire, Israël est un Etat faible et mourant qui souhaite s’autodétruire. Les plus puissantes nations au monde assistent à ce processus suicidaire, et ce fait demande à être médité d’urgence. »

Comme on le voit, pour ces deux auteurs, le caractère même de l’Etat israélien, l’apartheid qu’il pratique et sur lequel il est fondé, sont au cœur de la terreur qu’il déchaîne avec régularité sur ses voisins, et il n’y aura pas de fin au cycle de la violence et des massacres tant que la « communauté internationale » continuera de tolérer cette inacceptable exception à l’application du droit international.

Silvia Cattori

(*) Voir : « Le nettoyage ethnique de la Palestine », par Ilan Pappe, Librairie Arthème Fayard, 2008.

 


[1] Ilan Pappé (né en 1954), citoyen israélien, est l’un des « nouveaux historiens » qui ont réexaminé de façon critique l’histoire d’Israël et du sionisme. A la suite, l’an dernier, de son soutien au boycott des universités israéliennes par les pays étrangers, Ilan Pappe, ayant fait l’objet de menaces de mort, a été contraint de démissionner de son poste de professeur de sciences politiques à l’Université d’Haïfa et d’émigrer en Grande-Bretagne.

Le Dr Oren Ben-Dor est né à Haïfa et a grandi en Israël ; il enseigne la philosophie juridique et politique à la faculté de droit de l’Université de Southampton, Royaume-Uni.

[2] Sionisme : idéologie politique prônant la création d’un État juif en Palestine et le retour du peuple juif « dans sa patrie historique, Eretz Israël, par Aliyah en provenance de tous les pays ». Le mouvement sioniste a été fondé au Congrès de Bâle en 1897, par Theodor Herzl, journaliste et écrivain juif autrichien, auteur de Der Judenstaat (« L’État des Juifs »).

[3] Voir :
- « Israël et la ”vertu outragée” », par Ilan Pappe, blog.emceebeulogue.fr, 6 janvier 2009.
- Texte original en anglais : « Israel’s righteous fury and its victims in Gaza », The Electronic Intifada, 2 janvier 2009.

[4] Voir :
- « Israël : le suicide par l’autodéfense », par Oren Ben-Dor, info-palestine.net, 4 janvier 2009.
- Texte original en anglais : « The Self-Defense of Suicide », Counterpunch, 1er janvier 2009.