11/01/2009

DIME test 2006

Cet article date du 18 octobre 2006 et décrit l'utilisation qui a déjà été faite des armes de type DIME à Gaza

AB
_______________

Petite et mortelle, voici l’arme testée à Gaza
Par Annalena Di Giovanni
Edition du jeudi 12 octobre 2006 de il manifesto

Plus petites, plus mortelles et plus précises. Les arsenaux vidés de leurs bombes à fragmentation, controversées, on en serait maintenant au tournant des "armes à mortalité concentrée" ou "munitions à dommages collatéraux réduits", dans la soi-disant "guerre au terrorisme" .
Une nouvelle génération d’engins aux dimensions réduites à effet circonscrit, qu’on puisse utiliser dans les zones à forte densité de population : en Afghanistan, en Irak, dans les Territoires occupés palestiniens, et au Liban.

test DIME.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Laboratoire de Recherche de l'Armée de l'Air Américaine (AFRL) : test effectué avec la nouvelle arrme DIME - Voir les autres photos diffusées par la Rai24news.

Pour s’opposer moins à une armée régulière qu’à de petits groupes de guerriers souvent camouflés (selon les versions officielles) à l’intérieur des centres habités. Un type d’intervention, le bombardement, jusque là limité par les dommages très larges qu’il comporte : des dizaines de civils tués, des protestations de l’opinion publique.

Le problème pourrait maintenant être résolu. Partant des requêtes de la marine et de l’aviation étasuniennes, avec une plausible coopération israélienne, la firme Boeing a remporté en 2003 l’appel d’offre pour le projet des Small diameter bomb (bombes à petit diamètre), des engins qui ne dépassent pas les 90 kilos de poids et la taille d’un mètre et demi.

Grâce aux énormes crédits alloués par le Département étasunien de la défense (investissements redoublés en 2004) les premiers prototypes ont été disponibles pour l’expérimentation sur le terrain à partir de mai 2006, et ils seraient déjà disponibles dans les arsenaux militaires depuis septembre dernier.

Avec une variante par rapport aux munitions traditionnelles : le Dense Insert Metal Explosive, soit la dernière trouvaille en matière de létalité concentrée.

Le DIME est formé d’une charge interne en alliage de tungstène (celui des ampoules électriques, pour avoir une idée de la conduction et de la réactivité). Elle libère dans l’air une poudre incandescente qui, en tombant sur son poids spécifique (traductrice pas sûre des termes, au plus près du texte original donc…NDT), attaque l’objectif sous un angle qui provoque d’innombrables coupures et blessures sans dépasser les 4 mètres de portée.

A la charge inerte est associée une enveloppe externe en fibre de carbone, plus légere et plus économique que le métal, invisible aux rayons X. Une fois explosée, elle se pulvérise en micro particules au lieu des éclats.

Bien qu’étant capable de pénétrer le béton armé, la fibre de carbone n’offre pas de résistance excessive à la détonation de l’explosif contenu, augmentant de ce fait son efficacité, au point que les premiers prototypes ont détruit les instruments de mesure des laboratoires militaires. Un DIME serait en outre capable de suivre son propre objectif mobile grâce à sa légèreté et à un système de contrôle GPS.


Donc : haute précision, explosion circonscrite, aucun éclat. Mais le tournant semble peu positif. Des tests réalisés jusqu’à présent dans les laboratoires militaires du Maryland auraient mis en évidence, selon le New Scientist de février 2005, une mortalité de 100 % sur les cobayes : exposés à des fragments de tungstène, en l’espace de 5 mois, ils développent tous la même forme rare de cancer, le rabdo sarcome .

Mais si on laisse de côté les hypothèses sur la toxicité du tungstène, des préoccupations plus urgentes demeurent. Si ce qui a été testé à Gaza étaient des Dime, comme cela semble très probable, les effets produits semblent plus graves que ceux des anciennes bombes en acier.

Quelques centaines d’éclats sont remplacés par une nuée déchirante de particules incandescentes qui pénètrent, coupent et brûlent leurs victimes jusqu’aux os. En l’espace de quelques minutes, elles provoquent la nécrose de membres entiers, et se déposent, à la fin, à l’intérieur du corps sans possibilité d’extraction.

Le tout dans un scénario asymétrique où d’un côté il y a un être humain, et de l’autre une bombe lancée par un drone piloté à distance, et où augmente le nombre des victimes invisibles : les invalides permanents. Obtenir le maximum de résultats et le minimum de pertes, voilà l’impératif. Et, étant données les dimensions réduites des Dime, les munitions transportables par tout engin volant quadruplent automatiquement.

En conclusion, la différence des munitions à létalité concentrée pourrait résider justement dans la justification morale suggérée par les commanditaires eux même : l’intérêt présumé de limiter les dommages collatéraux.

Difficile, sur la base du droit humanitaire, d’interdire l’usage de ces munitions, dévastatrices dans les faits mais présentées comme réduites, circonscrites aux seuls « terroristes ».

Le DIME, économique et léger, pourrait être largué dans des zones à forte densité de population, en des quantités quatre fois supérieures, provoquant les effets rencontrés à Gaza (ni les civils, ni les femmes, ni les enfants n’ont été épargnés). Et ce sera alors sa définition même d’arme à faible dommage collatéral qui fournira un alibi à quiconque l’utilisera, beaucoup plus justifiable que les « vieilles » armes utilisées jusqu’à présent.

_____________________________

Le Général Abou Houli a 43 ans et a été brancardier pendant des années à Deir Al Balah, au volant des ambulances pendant les incursions militaires.

Mais le matin de ce 19 juillet, alors qu’il porte secours aux victimes d’une explosion dans le dédale des ruelles étroites de Mughazi Camp, survient quelque chose : un engin tombe du ciel, probablement lancé par un drone israélien. Il plane devant lui avec un léger sifflement, il ne fait aucun bruit même quand il touche terre.

Tout d’un coup la détonation : Anwar se retrouve par terre, une jambe coupée à la hauteur du tibia, le corps lacéré par des coupures microscopiques et par une poudre qui semble rester sous la peau, en le brûlant.

Pendant le transport à l’hôpital, la poudre lui ronge la peau, coagule les vaisseaux sanguins, nécrose les tissus, comme si elle les "vieillissait". Les médecins se retrouvent impuissants face à la nécrose rapide et ne peuvent qu’amputer, sans trouver d’éclats qui expliquent les coupures et les brûlures.


Anwar Abou Houli est un des rares survivants palestiniens disponibles pour être interviewés. Son cas n’est pas isolé : le même jour on a enregistré à l’hôpital de Deir Al Balah cinq autres cas, et à Gaza City, le 26 juillet, on comptait 19 mutilés sur 50 blessés et 27 morts : un rapport entre victimes et invalides quasiment égal.

Des pourcentages et des symptômes sans précédents : en août, l’alarme disant qu’on était en train de tester à Gaza une arme totalement nouvelle arrive à la presse internationale ; il manifesto aussi la traite largement.

Mais l’électricité dans la Bande de Gaza va et vient, compromettant les contacts avec l’extérieur, les autopsies sont impossibles, le blocus aux frontières empêche d’envoyer des prélèvements à analyser.


Aujourd’hui les « nouvelles armes » expérimentées sur les Palestiniens pendant l’opération militaire israélienne « Pluie d’été » pourrait avoir un nom.
Le noyau d’enquêtes réalisées par Rainews24, qui s’est rendu à Gaza, a identifié, dans un projet étasunien de bombes à diamètre réduit associées au DIME, le Dense Inert Metal Explosive, l’explication plausible des mystérieuses blessures rencontrées.

Le DIME serait une typologie de munitions dites à létalité concentrée, un produit des exigences de la "guerre au terrorisme".Les premiers prototypes devaient être disponibles entre juin et juillet exactement. Il est probable que Gaza ait fourni le meilleur scénario pour une expérimentation sur le champ de bataille, pendant des semaines de relative inattention médiatique à cause des bombardements du Liban.

Des analyses scientifiques indépendantes commanditées aux laboratoires de l’université de Parme par Rainews24 sur des fragments et des poussières fournies par les médecins de Gaza ont confirmé la présence de carbofibre et de tungstène, les deux éléments caractéristiques du DIME.

L’ancien major général de l’aviation israélienne (et directeur du programme israélien pour le développement des armes) Itzhak Ben Israël, a déclaré à la Rai : "quelque chose d’assez petit et précis pour ne toucher que l’objectif identifié, sans autres victimes involontaires, à des milliers de mètres de distance, changerait la guerre comme nous voulons".

Dans le quotidien Haaretz, hier, le journaliste Meron Rappaport a déclenché l’alerte, immédiatement renvoyée à l’expéditeur par le porte parole de l’armée israélienne qui a démenti l’utilisation d’armes DIME, ajoutant cependant que "pour des raisons évidentes, Tsahal n’entre pas dans les détails en ce qui concerne ses propres armements et l’utilisation qu’elle en fait".


07/01/2009

Entre les lignes....

« La carte actuelle de la Palestine a été dessinée sous le mandat britannique. Le peuple juif possède une autre carte que les jeunes et les adultes doivent s'efforcer de mener à bien: du Nil à l'Euphrate »
David Ben Gourion, futur Premier Ministre d'Israël, 1937, "Ben Gurion and the Palestine Arabs", Oxford University Press, 1985.

« Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal, nous avons pris leur pays. C'est vrai que Dieu nous l'a promis, mais en quoi cela les intéresse-t-il ? Notre dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu'une
seule chose : nous sommes venus et avons volé leur pays. Pourquoi devraient- ils l'accepter ? »
David Ben Gourion , le premier "Premier ministre israélien", cité par Nahum Goldmann dans Le Paradoxe Juif, p. 121.

L'un des slogans les plus persistants et trompeurs du sionisme a été créé par Israël Zangwill il y a presque 100 ans: La Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

« Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n'y a personne à qui les rendre »
« Il n'y a jamais rien eu de tel puisque les Palestiniens n'ont jamais existé »
Golda Maier Premier Ministre Israélien, 15 juin 1969

« C'est le devoir des leaders israéliens d'expliquer à l'opinion publique, clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui sont oubliés avec le temps. Le premier de ces faits est qu'il n'y a pas de sionisme, colonisation ou Etat juif sans l'éviction des Arabes et l'expropriation de leurs terres »
Yoram Bar Porath, Yediot Aahronot, 14 juillet 1972.

« La seule solution est Eretz Israël [Grand Israël] ou au moins Eretz Israël Ouest (toutes les terres à l'ouest du Jourdain), sans les Arabes. Il n'y a pas d'espace pour un compromis sur ce point. Nous ne devons pas laisser un seul village, une seule tribu »
Joseph Weitz, Directeur du Fond National Juif, l'agence sioniste chargée d'acquérir les terres de Palestine, Circa 194. Machover Israca, 5 janvier 1973 p. 2.

« Je vous suggère de venir pour le programme de "Grande Palestine" avant qu'il ne soit trop tard. Le "Programme de Bâle" doit contenir le mot "Grande Palestine" ou "Palestine et ses pays voisins" autrement cela n'a pas de sens. Vous ne pouvez pas amener 10 millions de Juifs dans un pays de 25'000 km2 »
En 1899, Davis Triestsch écrivant à Herzl

« La préparation à la guerre est imminente, mais il est de la responsabilité de l'armée israélienne de continuer à se battre pour atteindre le point ultime, celui de la création d'un Empire Israélien »
Moshe Dayan (Ministre israélien de
la défense et des affaires étrangère),
12 février 1952. Radio "Israël."

« Des villages juifs ont été construits à la place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et vous n'êtes pas à blâmer parce que les livres de géographie n'existent plus. Non seulement ils n'existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahlal s'est érigée à la place de Mahlul, Kibbouz Gvat à la place de Jibta, Kibbouz Sarid à la place de Huneifis, et Kfar Yehushua à la place de Tal al- Shuman. Il n'y a pas un seul endroit dans ce pays qui n'ait pas eu auparavant une population arabe »
Moshe Dayan, s'adressant au Technion, Haifa, reporté dans Haaretz, 4 avril 1969.

[…] «Une réconciliation volontaire avec les Arabes est hors de question, que soit maintenant ou dans le futur. Si vous souhaitez coloniser un pays dans lequel une population vit déjà, vous devez fournir une armée pour le pays ou trouver quelque riche personne ou bienfaiteur qui vous en fournirait. Sinon, abandonnez la colonisation, parce que sans une force armée, qui rendrait physiquement impossible toute tentative de détruire ou d'empêcher cette colonisation, la colonisation sera impossible, pas difficile, pas dangereuse, mais IMPOSSIBLE. Le Sionisme est une aventure de colonisation et c'est pour cela qu'elle est dépendante d'une force armée»

«La colonisation sioniste doit être exécutée contre la volonté de la population autochtone. C'est pourquoi cette colonisation doit continuer seulement sous la protection d'une puissance indépendante de la population locale, tel un mur d'acier capable de résister à la pression de la population locale. Ceci est notre politique à l'égard des Arabes»
Vladimir Jabotinsky, fondateur du courant révisionniste le plus réactionnaire dit Révisionnisme sioniste (précurseur du Likoud), The Iron Wall, 1923

«Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l'intimidation, la confiscation des terres et l'arrêt de tous les services sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe»
Israel Koenig, "The Koenig Memorandum", soumis au premier ministre israélien en avril 1976.

«Chassez la population pauvre au-delà de la frontière en lui refusant du travail. Le processus d'expropriation et de déplacement des pauvres doit être mené discrètement et avec circonspection.»
Théodore Herzl, fondateur de l'Organisation Sioniste Mondiale, parlant des Arabes de Palestine, "Complete Diaries", note 12 juin 1895.

«Nous devons chasser les Arabes et prendre leur place»
David Ben Gourion, futur Premier Ministre d'Israël, 1937, "Ben Gurion and the Palestine Arabs", Oxford University Press, 1985.

« Nous devons nous préparer à l'offensive. Notre but est d'écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à destabiliser. Nous devons y établir un état chrétien, puis nous écraserons la Légion Arabe, nous éliminerons la Transjordanie et la Syrie tombera. Ensuite nous bombarderons et partirons prendre Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï »
David Ben-Gourion, mai 1948, à l'Etat major général. Tiré de «Ben-Gurion, A Biography", par Michael Ben-Zohar, Delacorte, New York, 1978

30/10/2006

aujourd'hui comme hier...

Un sentiment de déjà vu...? Malheureusement non... Ca s'est déjà passé en vrai... c'était il y a 4 ans...
 
AB
 
 
Source: http://www.la-paix.org/Associationpalestiniendefrance.htm
Actions antisémites et soutien à Israël
www.palestine-france.com


Des organisations sionistes appel à une manifestation contre les actes antisémites qui ont eu lieu en France et " pour le soutien de l'Etat d'Israël !!!"

Communiqué de l'Association des Palestinien en France.(01/04/2002)


Agressions israéliennes au Moyen-Orient et actes antisémites en France !!?

Au moment où le Premier Ministre israélien A. Sharon déclare la guerre au peuple palestinien, certaines organisations sionistes : CRIF, Consistoire central de la Fédération des organisations sionistes de France .etc, tentent de profiter des événements criminels et agressions antisémites contre les lieux de cultes juifs en France pour rassembler un soutien à l'Etat d'Israël !!

L'Association des Palestiniens en France, condamne les actes antisémites et demande aux autorités françaises de déployer tous les efforts nécessaires pour en arrêter les responsables et de les traduire devant la justice. Nous dénonçons, aussi, fermement les amalgames entretenus par les organisations sionistes entre la mobilisation contre ces actes et le soutien à un Etat d'Israël colonial et criminel qui bafoue toutes les résolutions des Nations-unies, viole quotidiennement les conventions internationales pour le respect des droits de l'Homme en temps de guerre et bloque toutes les initiatives et propositions en faveur d'une solution pacifique du conflit.


Nous appelons tou-te-s les hommes et femmes libres et épris-es de justice ainsi que l'ensemble de la classe politique française à refuser le détournement de leur condamnation légitimes des actes antisémites en un soutien à l'injustice au mépris des droits légitimes et indéniables du peuple palestinien à un état indépendant et souverain en application des résolutions de l'ONU.

Nous appelons également la France à se prononcer et à œuvrer immédiatement en faveur de l'arrêt des agressions israéliennes contre le peuple palestinien, sa terre, ses droits et son Président Arafat comme le réclame les résolutions n° 242, 338, 194 et la 1402 votée à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Nous demandons :

la suspension immédiate de l'accord d'association économique entre l'U.E et Israël comme moyen de pression pour ramener le gouvernement israélien sur le chemin de la paix.
l'envoi d'urgence d'une force internationale de protection de peuple palestinien.
Association des Palestiniens en France
www.palestine-france.com
 
 
APPEL ET TEMOIGNAGE DE RAMALLAH


À vous tous,


Je suis la directrice du Centre culturel Khalil Sakakini de Ramallah : http://www.sakakini.org

Assiégée chez moi dans Ramallah, j'envoie ce témoignage aux journalistes, amis et autres personnes pour leur demander de retransmettre ce message à d'autres personnes.



J'espère qu'il n'alimentera pas une chaîne d'e-mails pour susciter la piété, demander des prières ou des dons, mais plutôt des actes. Nous faisons notre part en résistant ou en restant constants dans l'adversité et nous demandons au monde de faire sa part au nom de l'humanité à laquelle nous appartenons tous.

Nous ne voulons pas devenir les Peaux-Rouges du monde arabe, nous voulons tout simplement vivre libres sur cette terre, dans la paix et la dignité.

Je commencerai pas un survol rapide de la situation «en direct» et je vous proposerai 9 suggestions de ce que nous aimerions voir se concrétiser dans les médias et ailleurs dans le monde.

Tout d'abord ce soir, dimanche, nous avons entendu de plusieurs sources que des soldats israéliens avaient exécuté de sang-froid 30 policiers palestiniens dans un bâtiments de la rue Irssal de Ramallah où ils s'étaient réfugiés. Cela fait suite à l'exécution de 5 policiers palestiniens tués d'une balle dans la tête et dont les corps ont été jetés dans la rue et y sont restés pendant des heures vendredi. On empêche les ambulances de se rendre à destination et les Israéliens sont entré de force dans un hôpital (Arabcare) et ont tiré dans un autre (Nazer Maternity Hospital). Si cela continue, ce sera une autre Tchétchénie ou un autre Sarajevo.



En ce qui me concerne, je suis confinée chez moi depuis vendredi matin, comme les dizaines de milliers d'habitants de Ramallah et El-Bireh, sans éventualité que cela finisse bientôt. Nous n'avons pas eu d'électricité pendant une journée, mais grâce à Dieu, aujourd'hui dimanche, le courant est rétabli.

L'armée israélienne a pénétré hier dans le village (Kobar) d'un de nos employés du Centre Sakakini. Elle a détruit leurs affaires et arrêté son plus jeune frère avec 30 autres jeunes du village.

La femme de ménage de notre Centre vit dans une maison dont les toilettes sont à l'extérieur. Pendant trois jours, les Israéliens se sont postés à la porte de chez elle en empêchant toute sortie. Quand l'aîné de la famille s'est glissé dehors pour aller aux toilettes extérieures, ils l'ont attrapé et l'ont battu. Son père, un enseignant, a essayé d'intervenir, les Israéliens l'ont battu et arrêté.

Un de membres du conseil de notre Centre a été arrêté avec tous les employés de l'immeuble à bureaux où il travaillait jeudi soir tard. Ils ont tous eu les yeux bandés et les mains liés, on les a confinés dans une pièce pendant 16 heures. Les Israéliens ont détruit du mobilier de bureau et volé les disques durs des ordinateurs. Ils se sont tous détachés quand ils ont réalisé que les Israéliens étaient partis à la recherche d'une proie plus intéressante... Mon beau-frère, sa femme et leurs 3 enfants de moins de 10 ans n'ont ni téléphone ni électricité depuis vendredi et ne peuvent pas aller vivre chez quelqu'un d'autre car on leur tirerait dessus.

Le père de ma voisine immédiate a 70 ans et habite près des bureaux d'Arafat. Les Israéliens ont fait irruption chez lui vendredi, ils ont tout cassé à coups de crosses de fusil (TV, évier, meubles, etc.) puis ils ont volé de l'argent. On dit aussi que des soldats israéliens ont pénétré dans des banques, bureaux de change et bijouteries et qu'ils ont volé argent et bijoux.

À El Bireh, ils ont arrêté samedi 150 homme des 16 à 45 ans, après leur avoir intimé l'ordre de sortir et ils les ont regroupés dans la vieille ville de Ramallah.

La seule station de TV locale privée (Watan TV) qui nous donnait des bulletins toutes les heures a été saisie vendredi par la Israéliens qui diffusent désormais des films pornographiques. Les journalistes ont dû quitter Ramallah aujourd'hui dimanche.

Vous trouverez ci-dessous 9 suggestions et demandes modestes et utopiques:

1 - Il s'agit d'un long siège, s'il vous plaît faites des pressions continuelles, racontez nos récits et lancez des appels pour des actions continuelles.

2 - La directrice administrative et responsable des finances du Centre, Mme Manal Issa a recueilli près de 10 témoignages d'enfants de son entourage décrivant leurs conditions de vie sous le siège et des dessins qu'elle a scannés. On peut se procurer ces témoignages en arabe en écrivant à issamanal@yahoo.com 2 - La directrice administrative et responsable des finances du Centre, Mme Manal Issa a recueilli près de 10 témoignages d'enfants de son entourage décrivant leurs conditions de vie sous le siège et des dessins qu'elle a scannés. On peut se procurer ces témoignages en arabe en écrivant à issamanal@yahoo.com . Je les traduirai demain en anglais et vous les transmettrai. Je demande aux personnes qui reçoivent cet e-mail par envoi direct ou par retransmission de nous demander des copies de ces témoignages et de les diffuser le plus largement possible. (Voir ci-après) 2 - La directrice administrative et responsable des finances du Centre, Mme Manal Issa a recueilli près de 10 témoignages d'enfants de son entourage décrivant leurs conditions de vie sous le siège et des dessins qu'elle a scannés. On peut se procurer ces témoignages en arabe en écrivant à issamanal@yahoo.com . Je les traduirai demain en anglais et vous les transmettrai. Je demande aux personnes qui reçoivent cet e-mail par envoi direct ou par retransmission de nous demander des copies de ces témoignages et de les diffuser le plus largement possible. (Voir ci-après)

3 - Veuillez faire pression sur la communauté internationale et sur les décideurs pour faire lever le siège dont nous faisons l'objet. Nous avons besoin de dizaines et de centaines de lettres à la Maison Blanche: president@whitehouse.gov

et vice.president@whitehouse.gov

4 - Si vous ne voulez pas le faire, veuillez écrire aux grands journaux américains au sujet du siège.

5 - Il faut des manifestations quotidiennes devant les ambassades israéliennes.

6 - Il faut des appels des artistes arabes aux artistes de l'Europe de l'ouest pour qu'ils fassent des concerts, manifestations et appels aux décideurs pour faire lever le siège.

7 - Nous avons besoin que les artistes de l'Europe de l'ouest agissent et fassent des événements pour demander la levée du siège dont nous faisons l'objet.

8 - Si vous travaillez pour une publication, veuillez consacrer une section aux nouvelles quotidiennes ou hebdomadaires sur le siège, faites des interviews des témoins de la répression ou du siège, diffusez des témoignages d'enfants et des informations provenant des hôpitaux.

9 - Vous pouvez obtenir des informations sur la situation sanitaire désastreuse en appelant l'Hôpital de Ramallah pour parler au Dr Atari (directeur) ou au vice-ministre de la santé qui s'y trouve (Dr Munther Sharif) au (972 2) 298 2220.

10 - Donnez-nous vos suggestions pour agir et dites-nous ce qu'il vous faut pour mieux nous aider.

Merci au Muharraq Club, aux TV de Bahrein et au Nadwat al Thaqafa de Dubai qui nous ont déjà entendus.

Merci à toutes et à tous, nous espérons avoir bientôt de vos nouvelles.



Adila Laïdi
Traduit en français par Danièle Ouanès à Montréal.


DES TÉMOIGNAGES D'ENFANTS

À vous tous,

Je suis la directrice du Centre culturel Khalil Sakakini de Ramallah, je vous écris de chez moi pendant le siège. Vous trouverez ci-joint 13 courts témoignages d'enfants palestiniens qui vivent sous le siège à Ramallah.

Veuillez les publier et les diffuser immédiatement.

Ces témoignages ont été transcrits en arabe par Mme Manal Issa, préposée aux finances et à l'administration du Centre Sakakini, et ils ont été traduits en anglais, puis en français. Nous espérons que vous pourrez les publier comme «instantanés» sur le sort qui est nôtre, nous les Palestiniens assiégés par les Israéliens.

Merci et salutations

Dimanche 30 mars 2002


Je m'appelle Alayyan Zayed, j'ai 9 ans. Je ne peux pas jouer dans ma cour. Je ne peux pas sortir devant la porte d'entrée de ma maison à cause du couvre-feu. J'ai caché mes jouets parce que j'ai peur que les soldats israéliens m'emmènent parce que j'ai des fusils jouets et des tanks jouets. Je ne peux même pas aller au magasin acheter des bonbons à cause du couvre-feu.

Voici une lettre de Rana au monde entier: En ce moment, mon père est au loin. Quand j'ai remarqué pour la première fois que ma sœur et ma mère pleuraient en regardant la TV où on voyait les soldats israéliens qui tuaient les hommes qu'ils avaient arrêtés, j'ai cru que mon papa était l'un d'eux. J'ai commencé à pleurer et pleurer et puis au bout d'une minute je me suis demandée pourquoi je pleure, c'est notre destinée. Mon père est policier et nous devons résister.

Je m'appelle Lema Zayed, j'ai 11 ans: je veux aller à l'école finir mes études cette année. Je veux être libre pendant l'été, aller nager et m'amuser. Je veux que les soldats israéliens quittent notre pays, arrêtent l'occupation et arrête d'utiliser ces gros tanks. Nous n'avons rien pour les confronter. Je ne veux pas qu'ils occupent nos maisons ou qu'ils tirent des obus dessus.

Je m'appelle Ahmed Tuqan, j'ai 7 ans. Depuis que l'Intifada a commencé, nous avons commencé à déménager d'une maison à l'autre. Chaque semaine, nous habitons une maison différente. Les Israéliens entrent dans les maisons et ils font peur aux gens. Quand ils sont entrés dans Jérusalem, nous avons déménagé à Ramallah et quand ils sont entrés à Ramallah, nous avons déménagé à Jérusalem.

Mustafa Mulhem, 8 ans: je veux dire merci aux pays étrangers parce qu'ils veulent aider les enfants palestiniens. Notre situation est très, très mauvaise. Nos villes sont occupées, Je suis à Ramallah, c'est l'occupation totale par les soldats israéliens, la ville est pleine de tanks et de véhicules militaires. J'ai du chagrin pour les shuhada (morts) et les blessés mais nos hôpitaux et nos docteurs nous protégerons.

Je m'appelle Ala' Jibrin, j'ai 12 ans: j'habite Ramallah dans une vieille maison d'une pièce. Il n'y a pas de toilettes, alors nous utilisons les toilettes dehors (lieux d'aisances) de nos voisins, à 30 mètres de chez nous. Les soldats israéliens nous empêchent d'y aller ou d'aller à la cuisine, qui est aussi à l'extérieur de chez nous. Nous ne pouvons même pas faire la cuisine. Nous sommes 8 frères et sœurs dans cette situation difficile. Nous n'y comprenons rien et nous ne savons pas quoi faire, si nous sortons, il se pourrait qu'ils nous tirent dessus. En plus, les soldats jettent leurs ordures, ils chient et pissent devant notre porte d'entrée. L'électricité est coupée depuis hier. Nous sommes nerveux et c'est une situation psychologiquement difficile. Nous demandons à Dieu et à toute personne sur cette terre qui a des sentiments humains de s'interposer et de mettre fin à ce cauchemar que vivent les enfants palestiniens.

Je m'appelle Yanal Zayed, j'ai 4 ans. Je veux nager. Je veux être chez moi, avoir une maison et une fenêtre pour regarder dehors.

Je m'appelle Sara Atrash, j'ai 5 ans, Mamam, je t'aime.

Heba Burkan: 12 ans: Nous désirons ardemment la paix et la sécurité. Nous voulons de l'amour et de l'affection. Donnez-nous notre enfance et la liberté.

Dimanche 31 mars 2002

Ahmed Atrash, 8 ans: C'est une situation très difficile. Je m'ennuie. Mes parents ne me laissent pas jouer dans la cour. Ils ne me laissent pas regarder la TV, parce qu'ils regardent les nouvelles. Je suis triste pour les shuhada (morts) et j'étais encore plus triste quand j'ai entendu que leur nombre augmentait. Mais je joue avec mes amis dans le quartier. Mon seul souhait est que les soldats israéliens partent de mon pays et c'est le meilleur vœu que je fais.

Ala' Jibrin, 12 ans: Pendant qu'on dormait, on a entendu un bruit de verre cassé. Nous avons regardé par la fenêtre et avons vu des soldats israéliens qui cassaient les vitres des voitures et qui volaient les lecteurs de CD. Ils ont cassé les vitres de notre voiture mais, Dieu merci, ils n'ont pas volé notre lecteur. Le matin, 15 soldats sont entrés chez nous en criant. Ils ont tout mis sens dessus dessous, ils ont arrêté mon père et nous ont gardés dans notre petite cuisine à l'extérieur de la maison. Je crois qu'ils ont emmené mon père parce qu'il avait un drapeau palestinien. Je les ai vus battre très fort les hommes qu'ils avaient arrêtés. Est-ce que ce n'est pas en soi du terrorisme, oh mon Dieu!


Mizer Jibrin, 15 ans (frère d'Ala). Les soldats israéliens nous ont empêchés de sortir pour aller à la cuisine ou aux toilettes. Nous étions dans une situation incroyable. Comme les toilettes sont loin de la maison, mes plus jeunes sœurs utilisaient une boîte à ordure vide. J'ai refusé et insisté pour aller aux toilettes dehors. Mes parents ont essayé de m'empêcher, et comme j'insistais il ont été d'accord en me disant de faire attention. Quand j'ai eu fini aux toilettes, les soldats m'avaient encerclé et m'ont demandé de mettre les mains en l'air. L'un d'eux m'a poussé et a commencé à me questionner: Qu'est-ce que tu fais, comment tu t'appelles, quel âge as-tu? Je leur ai répondu et ils allaient me battre quand mon père a crié: «arrêtez, arrêtez, c'est un enfant qui est sorti pour aller aux toilettes». Ils m'ont relâché et ont fait irruption dans la maison. Ils ont emprisonné mes sœurs, mes frères et moi dans notre petite cuisine et ont détruit nos affaires. Ils ont arrêté mon père et l'ont battu avec d'autres hommes. Puis ils leur ont couvert la tête avec des sacs en plastique en les emmenant vers une destination inconnue. J'ai connu l'occupation et je n'oublierai jamais, jamais. Je veux dire arrêtez votre occupation, arrêtez votre tyrannie et arrêtez votre tuerie, arrêtez...


Alayyan Zayed, 9 ans: Les soldats israéliens tuent les hommes jeunes et effrayent les enfants. Ils emprisonnent les soldats palestiniens et tuent les journalistes.