11/04/2006

Un Pape, un... d'entrée de jeu!

Al Beck

11.04.06



Elle est bien bonne celle-là!

En triant de vieux articles, je suis tombé sur cette dépêche de l'année dernière, qui, comme vous allez le constater, est d'une audace cynique et... consternante!



Le ministre des Affaires étrangères contre le Pape

Par: Eliel Shahar

Source: www.nrg.co.il

Israeli Commentaire

25/7/2005

Le Pape a provoqué la colère des responsables du ministère israélien des Affaires étrangères. Pietro Sambi, l'ambassadeur du Vatican en Israël, a été convoqué pour éclaircissements après que les responsables du ministère eurent protesté officiellement contre l' « oubli » par le Pape de la mention d'Israël lors de sa condamnation des attaques survenues dans le monde les semaines passées.

Le Pape Benoît XVI avait tenu, lors du discours prononcé à Rome hier (24/7/2005) à condamner le terrorisme international, et il avait mentionné les pays sinistrés : Egypte, Turquie, Irak et Grande-Bretagne. Mais il a préféré ne pas parler d'Israël, sciemment ou pas.

C'est le chef du service des juifs de l'étranger au ministère des Affaires étrangères, Nemrod Berken, qui a transmis la protestation du ministère auprès du Vatican, suite à l'oubli par le Pape du nom d'Israël. Berken a attiré l'attention de l'ambassadeur Sambi sur le fait que des petites filles et des citoyens innocents ont trouvé la mort dans l'opération de Natanya. Il a demandé au Vatican de condamner ouvertement les opérations terroristes en Israël.

Par ailleurs, des sources au ministère des Affaires étrangères ont adressé des critiques acerbes à Benoît XVI. Ainsi, un haut responsable a affirmé : « La négligence par le Pape des opérations terroristes dont est victime Israël est flagrante. Car outre la faute morale inhérente à une telle négligence, il n'est pas possible d'interpréter ce fait autrement que comme une autorisation donnée pour la perpétration d'actes terroristes contre les juifs ». Et cette négligence flagrante de la part du Pape est suffisante pour renforcer les éléments extrémistes partisans du terrorisme et affaiblir les éléments modérés ».




Z’avez-vu ça un peu?! Sacré Benoît! Il est fort admettons le!



Pourquoi?! Parce qu'il a réussi à s'attirer les foudres des israéliens sans même avoir mentionné Israël! Va pas tarder à être promu anti-sémite d'honneur le Ben-oît!



Non, plus sérieusement, c'est sidérant... Le pape aurait été "négligent" de ne pas mentionner Israël comme pays victime du terrorisme... Mais comment aurait-il pu le faire en son âme et conscience?! Comment aurait-il pu mentionner les dommages subis par l'état israélien et passer sous silence les crimes de ce même état envers le peuple palestinien?!



Mentionner Israël revenait à lui donner une image de victime dans un conflit où il est en réalité l'agresseur! Israël est en guerre contre une population civile dont le désespoir, au quotidien, pousse certains à se faire exploser à l'aveuglette.

Israël confisque des terres, détruit des maisons, arrache et brûle des oliviers millénaires, implante des colonies en violations de résolutions internationales, ordonne et exécute ouvertement des assassinats politique, emprisonne des enfants, torture légalement et exerce, vis-à-vis de la population palestinienne, un Antisémitisme virulent et sans commune mesure dans le monde.



Les responsables du ministère israélien des Affaires étrangères étaient-ils prêts à ce que le Pape aborde cette question dans son ensemble?!

Et même si le pape aurait souhaité le faire, imaginez le déchaînement général que ses propos exhaustifs auraient alors soulevé! Critiquer les attentats palestiniens n'aurait pas pesé lourd face aux critiques des attentats israéliens et le pape fraîchement élu aurait été fraîchement mis en joue et ciblé AS!



Sans aucun doute... au vu des critiques subies sans même avoir prononcé le mot Israël...!






Mesures

http://www.aad-online.org/2005/Francais/12-December/24-31/24-12/aad1/1.htm

Au début, le mouvement était très limité

Par : Amiram Barkat

Source: www.haaretz.co.il
14-9-2005

Le prêtre William Somplatsky-Jarman cumule ses fonctions d'homme de religion et d'administrateur d'un fonds d'investissement de plus de 7 milliards de dollars. Ce sont les investissements de l'Eglise Presbytérienne*, l'une des Eglises protestantes les plus importantes aux Etats-Unis qui revendique quelque 2,5 millions de fidèles.

En août dernier, William est devenu l'ennemi juré des grandes organisations juives aux Etats-Unis. Le comité des investissements de l'Eglise dont il est le chef a publié une liste noire regroupant quatre multinationales qui « soutiennent l'occupation israélienne ». Une cinquième entreprise « soutenant le terrorisme anti-israélien » a été ajoutée sur la liste. Le comité appelle ces entreprises à renoncer au soutien qu'elles apportent à l'occupation israélienne, faute de quoi l'Eglise liquidera les actions qu'elle y détient et qui atteignent la somme de 60 millions de dollars.

Les entreprises visées par l'Eglise Presbytérienne sont « Caterpillar » qui fabrique les bulldozers utilisés dans la construction du Mur de séparation ; « ITT » qui fournit à l'armée israélienne des appareils électroniques et de communication et des jumelles de vision nocturne ; et « United Technologies » qui fournit à l'armée israélienne des hélicoptères et d'autres équipements militaires. La compagnie Motorola a été ajoutée sur la liste après avoir gagné l'appel d'offre pour l'exportation d'appareils de communications sans-fil à l'armée israélienne. Motorola est également le principal actionnaire de la compagnie « Mirs ». D'après l'Eglise, Mirs opère en Judée Samarie (nord de la CisJordanie) sans l'autorisation de l'Autorité palestinienne, ce qui représente une violation des accords d'Oslo signés en 1995.

Réagissant à ces accusations, un responsable de Motorola a affirmé que Mirs travaillait en vertu d'un permis obtenu du ministère de la Communication et de l'Administration civile. « Mirs offre également ses services aux organismes de l'Autorité palestinienne à travers un distributeur accrédité depuis des années », a ajouté le même responsable.

Cette campagne de désinvestissement ne représente pas une vraie menace pour les compagnies précitées dont aucune n'a répondu à l'appel lancé par l'Eglise. N'empêche, Somplatsky-Jarman est très satisfait. Lors d'un entretien téléphonique la semaine dernière, il a estimé que les réactions des fidèles vis-à-vis de la décision de l'Eglise étaient positives. « Les gens voient que nous parlons de faits et que nous travaillons doucement et avec détermination », a-t-il affirmé.

Cette détermination s'explique par l'importante que Somplatsky-Jarman accorde à l'évacuation de la Bande de Gaza. « Les choses bougent un peu à Gaza, mais parallèlement, le nombre de colons augmente en CisJordanie et à Jérusalem-Est. Le discours continue sur l'élargissement des colonies avec l'objectif de faire intégrer toute la ville de Jérusalem dans les frontières d'Israël. Ce que nous souhaitons c'est un accord juste sur la coexistence de deux Etats dans des frontières reconnues par chacune des deux parties. Actuellement il n'y a même pas de négociations », regrette-t-il.

Les menaces de désinvestissement lancées par l'Eglise ont bénéficié d'une large couverture dans la presse américaine. Le « New York Times » et le « Chicago Tribune » ont évoqué une « détérioration » des relations entre les Juifs et les Protestants américains. Ces derniers mois, un grand nombre d'associations juives ont lancé une contre campagne dénonçant la décision de l'Eglise. Selon les associations juives, les initiateurs de la campagne de désinvestissement sont partiels dans la mesure où ils ignorent le terrorisme palestinien et le droit d'Israël à se défendre.

Ces critiques ont amené l'Eglise Presbytérienne à élargir sa campagne pour inclure également les entreprises qui soutiennent le terrorisme. Ainsi, le mois dernier, la banque Citigroup, l'une des plus importantes corporations bancaires aux Etats-Unis, a rejoint la liste noire. La décision a été basée sur un article paru au « Wall Street Journal » accusant la banque de fermer les yeux sur des virements d'argent pour des terroristes via des organisations « de charité ». Les responsables de Citigroup ont qualifié de « scandaleuse » la décision de l'Eglise.

La campagne de désinvestissement n'a pas beaucoup dérangé les organisations juives établies aux Etats-Unis. Un activiste de la contre campagne estime que « La difficulté d'identifier les entreprises liées au terrorisme, dont la plupart ont été interceptées par l'Administration américaine, a amené l'Eglise -par souci d'équilibre- à restreindre la liste des entreprises soutenant l'occupation ». Une analyse catégoriquement rejetée par Somplatsky-Jarman. « Nos ressources limitées nous obligent à traiter un nombre limité d'entreprises à la fois. Dans la phase actuelle nous avons décidé de ne viser que les entreprises où nous sommes actionnaires, mais cela ne signifie pas que nous allons nous limités à celles-ci », explique-t-il.

Mais la campagne de désinvestissement soulève d'autres questions : Si le critère est l'assistance offerte à l'armée de l'occupation israélienne, les forces israéliennes dans les Territoires utilisent une large gamme de produits fabriqués par des multinationales. Il devient logique dans ce cas de boycotter, non seulement les entreprises qui fabriquent les bulldozers, les hélicoptères et les chars, mais aussi des entreprises comme « Intel » qui fabrique les microprocesseurs des ordinateurs utilisés par les soldats israéliens, ainsi que « Coca-Cola » et « McDonald's ». Mais Somplatsky-Jarman raisonne autrement, d'après lui, fournir des soft drinks n'est ni une implication importante ni une assistance stratégique. Il en est de même pour les microprocesseurs utilisés par l'armée israélienne comme par tout autre client. « Cela dit, s'il s'avère qu'une entreprise développe des logiciels spécialement pour l'armée israélienne, cette entreprise là pourrait faire l'objet d'un boycott », ajoute-t-il.

Une boule de neige

Au mois de juillet 2004, l'Eglise Presbytérienne a décidé de partir à la traque des multinationales dont les produits représentent un soutien à l'occupation israélienne. Depuis cette date, les organisations juives ont lancé leur contre campagne. Malgré les progrès relatifs au désengagement de Gaza et du Nord de Samarie, la campagne de désinvestissement a gagné du terrain dans les sphères du protestantisme américain. En novembre 2004, l'Eglise Episcopale* a pris une décision semblable à celle de l'Eglise Presbytérienne. Elle publiera dans les prochains jours sa propre liste noire des entreprises soutenant l'occupation pour ensuite liquider les actions qu'elle y possède. En juin 2005, l'Eglise Méthodiste* a rejoint la campagne suivie par la « United Church of Christ ».

Israël craint la montée en puissance de cette campagne de boycott qui risque de prendre les allures de celle menée dans les années 80 contre le régime de l'apartheid en Afrique du Sud. A Jérusalem-Est, le prêtre anglican Naïm Atik, un activiste de la campagne de désinvestissement, affirme que celle-ci est devenue comme une boule de neige. « Personne ne peux plus arrêter la campagne », affirme-t-il. De son côté, le rabbin Abraham Cooper, du Centre Simon Wiesenthal* (l'un des premiers organismes qui ont lutté contre la campagne), compare la progression de la campagne, lente mais ferme, à l'avancée d'un mastodonte.

Cooper estime que, si elle dépasse l'Eglise et atteint les sphères syndicales et des fonctionnaires, cette campagne risque de porter une grave atteinte à l'économie israélienne. Cooper craint également que les investisseurs, qui s'abstiennent d'habitude de placer leur argent dans les pays où règnent la violence et la corruption, ne placent Israël sur leur liste noire. Selon lui, même le tourisme en Israël peut subir les contrecoups de cette campagne si les Eglises font pression sur les agences de transport aérien qui transportent les pèlerins chrétiens pour ne pas utiliser les aéroports israéliens, ou pour changer l'itinéraire du pèlerinage de sorte à éviter de passer par Israël.

Mais les Juifs ne sont pas tous aussi pessimistes. Par exemple, Ethan Felson, membre du Conseil juif des affaires publiques, estime que cette campagne est vouée à l'échec. « Bien que les Américains n'aient pas une bonne connaissance du conflit au Proche-Orient, ils ne le voient pas en termes sud-africains (Noirs contre Blancs). Les Américains savent très bien que la situation est beaucoup plus compliquée. Les entreprises américaines resteront entièrement passives et finalement, ceux qui appellent au boycott seront ignorés », estime Felson.

C'est ce que pense également le rabbin Mordechai Liebling, membre de « Rabbins pour les droits de l'homme » aux Etats-Unis. Liebling est aussi expert en campagnes de désinvestissement et il connaît l'influence que peuvent exercer les actionnaires. Cet homme qui garde de bonnes relations avec les pasteurs protestants estime que l'actuelle campagne de boycott ne saurait être comparée à celle lancée contre le régime de l'apartheid en Afrique du Sud.

« La campagne de désinvestissement contre l'Afrique du Sud était une stratégie bien définie et bien réussie. Parce que là-bas, de grandes entreprises possédaient des usines et réalisaient d'importants bénéfices à travers l'exploitation de la main d'œuvre noire. Cette forme d'exploitation n'existe pas dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Tant que le critère restera le soutien à l'occupation ou à la construction du Mur de séparation, il sera difficile de trouver une entreprise multinationale auquel s'applique ce critère, sauf peut-être Caterpillar », estime Liebling.

Toutefois, celui-ci, pense que c'est au niveau politique que la comparaison devient possible avec l'Afrique du Sud. Si Israël ne risque pas d'être économiquement boycotté, il risque l'isolement politique. Quand des communautés religieuses influentes organisent une telle campagne, cela risque de créer une opinion publique voyant en Israël un Etat paria. Mais Liebling estime que la campagne de désinvestissement risque de réaliser le contraire de ses objectifs en entraînant la radicalisation des Israéliens et des Juifs américains. « Les Protestants vont augmenter l'animosité contre leurs idées et leurs propres personnes. L'expérience nous dit que les gens tiennent à leurs positions quand ils se sentent visés », conclut-il.

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* L'Eglise Presbytérienne américaine occupe une place importante dans l'histoire des Etats-Unis. Elle est connue pour ses prises de position morales, pour son refus d'investir dans les entreprises de fabrication de l'alcool, des cigarettes et dans les casinos et pour son militantisme en faveur de la justice sociale. Elle a respecté le boycott imposé naguère contre le régime d'apartheid sud-africain, et critique Israël pour son oppression des Palestiniens. Récemment, l'Eglise Presbytérienne a décidé de boycotter les entreprises qui investissent en Israël.

* L'Eglise Episcopale : Une Eglise protestante aux Etats-Unis.

* L'Eglise méthodiste est issue d'un mouvement de Réveil dans l'Angleterre industrielle du 18ème siècle.

* Centre Simon Wiesenthal : Centre Juif basé à Paris et très influent en Occident. Il est connu pour sa traque des anciens Nazis.