03/06/2009

10'000

Source: http://lepetitblanquiste.blogs.letelegramme.com/archive/2009/02/03/palestine-plus-de-10-000-palestiniens-sont-detenus-illegalem.html

10.02.2009

Plus de 10.000 Palestiniens sont détenus illégalement et torturés dans les prisons israéliennes

De 1987 à 2006, l'armée d'occupation israélienne a arrêté 288.000 Palestiniens [1].

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Au 20 juillet 2006, plus de 9.850 prisonniers étaient répartis dans plus de 30 prisons et centres de détention et d'arrestation. Certains avaient été jugés et condamnés (45%), d’autres étaient détenus sans jugement (46,4%) ou en détention administrative (8,6%).
Parmi les condamnés, 610 l’étaient à plus de 50 ans de prison et 698 à des peines allant de 15 à 50 années de prison. Sept prisonniers avaient déjà passé plus de 25 ans en prison (le plus ancien était Sa'id Atabeh, détenu depuis 29 ans) et 57 étaient emprisonnés depuis plus de 20 ans.

FEMMES
Le nombre des prisonnières s'élevait à 105. Trois prisonnières avaient été contraintes d’accoucher à l'intérieur de la prison.

ENFANTS
59 enfants étaient détenus dont 3 filles.
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Plus de 1.000 prisonniers souffraient de maladies chroniques et diverses, et 200 prisonniers souffraient de maladies graves. Les prisonniers sont privés des soins, des interventions chirurgicales ainsi que des analyses médicales que leur état de santé exige.
183 prisonniers sont décédés en prison : 69 à la suite de tortures, 42 par négligence médicale et 72 ont été assassinés de sang-froid après leur arrestation [1].
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TORTURES
Des milliers de prisonniers Palestiniens ont été torturés par les forces d’occupation israéliennes dans les prisons et les camps d’internement.
Parmi les méthodes de torture : l’obligation de rester debout durant des jours en subissant la chaleur du soleil ou le froid, d’être maintenu attaché à une chaise sans dossier, d’être soumis à une musique très bruyante ou encore d’être empêché d’utiliser les toilettes [2].

Le Shin Bet (service israélien de sécurité intérieure) est accusé d'avoir recours à certaines techniques spéciales de "pression physique": elles vont du Dry Beating (frappes qui ne laissent pas de traces) au Frog Crouch, qui oblige le prisonnier à se tenir sur la pointe des pieds, les mains attachées, avant d’être poussé ou frappé pour qu’il tombe. Quant à la Banana Position, elle consiste à lier les pieds et les mains ensemble sous un tabouret alors que le corps est penché en arrière dans une position incurvée [3].
Ces interrogatoires spéciaux « tombent sous la classification de tortures » selon les règles internationales.

En septembre 1999, la Haute cour de justice israélienne a fixé que les services israéliens n’avaient pas l’autorité juridique leur permettant d’utiliser « des moyens physiques » sur les personnes interrogées. Sans résultats.

« Au fil du temps, la prolongation de la colonisation a gangrené la société israélienne, abaissé ses barrières morales » [4].

JPD

[1] Rapport du 20 juillet 2006 du ministère des détenus et ex-détenus de l’autorité palestinienne.
[2] Washington Post, 18 juin 2004.
[3] Enquête de 2007 publiée par deux organisations israéliennes de défense des droits de l’homme, B’Tselem et Hamoked.
[4] Alain Gresh, "Israël, Palestine, vérités sur un conflit", Fayard, 2002.

PRISONS ISRAÉLIENNES : UN ENFANT DE 16 ANS TORTURÉ

Source : http://www.enfantsdepalestine.org/ar,295

 

Déclaration de presse de Nadi al-asir al-Filistini
samedi 9 avril 2005, par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

ercredi 6 avril) Le jeune prisonnier de 16 ans, Mahmoud Radi Urayqat, a remis un témoignage sous serment à l'avocat de Nadi al-asir, M. Hussayn Sheikh, déclarant avoir été torturé sauvagement après avoir été arrêté à son domicile, situé dans le village d'Abu Dis, au sud d'al-Quds. Il avait été emmené à la colonie de Maale Adoumim.

 

-  L'avocat rapporte que le jeune Mahmoud lui a déclaré : "ils ont éteint leurs cigarettes sur mon corps, j'ai été battu, ils m'ont interdit de manger, de me rendre aux toilettes et de dormir pendant 24 heures." Il a été ensuite emmené dans une zone située en hauteur, au-dessus d'Abu Dis, où ils l'ont obligé à avoir des gestes dégradants, comme d'imiter l'âne, le chien, ils l'ont obligé à dire des mots dégrandants et humiliants pour les membres de sa famille, et lorsqu'il a refusé, ils l'ont battu sauvagement. Ils ont ensuite versé de l'eau sur sa tête lorsqu'il a demandé à boire, en lui disant : "rassasie-toi". L'enfant a également été battu avec des pierres sur son corps, et à chaque fois qu'une pierre le touchait, les soldats applaudissaient. Ils ont poursuivi ces lancements de pierre jusqu'à ce qu'il ait le visage et le corps en sang.

Le jeune Urayqat avait refusé d'avouer les actes dont il est accusé, qui sont de lancer des pierres contre des patrouilles de l'armée sioniste qui passaient près du village, et de lancer des pierres sur les soldats qui sont postés près du mur israélien, à Abu Dis. L'avocat Hussayn Sheikh a déclaré qu'un grand nombre de prisonniers se sont plaints des tortures semblables dans le centre de détention installé dans la colonie de Maale Adoumim, où les personnes arrêtées sont emmenées avant d'être transférées dans les autres prisons.

De son côté, Issa Qaraqi', président de Nadi al-asir, a déclaré que ces pratiques sont extrêmement graves et que Nadi al-asir al-Filistini avait l'intention de porter cette affaire aux officiels palestiniens qui devraient la susciter lors des discussions avec la partie israélienne, et également aux représentants des organismes internationaux, dont l'ONU.

-  (jeudi 7 avril) Nadi al-asir al-Filistini informe qu'il y a actuellement 350 enfants détenus dans les prisons israéliennes, âgés de moins de 18 ans. 13 filles sont emprisonnées dans la prison de Telmond, la plus jeune est Hiba Yaghmour, d'al-Khalil, âgée de 14 ans. Hiba est blessée d'une balle dont elle a été touchée le jour de son arrestation.

Nadi al-asir informe dans son rapport, à l'occasion de la journée de l'enfant palestinien, que les enfants prisonniers sont répartis dans plusieurs prisons et camps , ils vivent des conditions très dures et aucune attention n'est portée en considération de leur jeune âge. Ils sont maltraités, agressés, ils subissent des méthodes et des comportements dégradants et humiliants, des menaces de viols, des abus sexuels, et des tortures diverses comme les agressions des chiens dressés, afin de leur soutirer des aveux.

Pour Nadi al-asir, 95% des enfants détenus ont fait des aveux sous la torture et la menace, et la majeure partie des aveux sont faux. Nadi al-asir a indiqué que la direction des prisons mène une politique de pillage des biens des prisonniers, avec le système des amendes qu'elle impose sur les prisonniers, et notamment les enfants. Nadi al-Asir appelle les organisations internationales à agir pour faire libérer immédiatement les enfants détenus, car leur détention représente une grave atteinte aux droits de l'enfant, et une grave violation des conventions internationales relatives aux enfants.

-  Des soldats israéliens agressent les parents des prisonniers (7 avril) agences.

Les parents de prisonniers palestiniens détenus dans la prison de Haddarim ont déclaré qu'ils ont été agressés par les soldats israéliens lorsqu'ils se sont rendus à la visite. Une grande partie des familles a été bloquée dans une pièce spéciale et a été interdite de rencontrer les prisonniers, bien qu'elles aient accompli un long et pénible voyage dans ce but.

La famille du prisonnier Ibrahim Hammouda du camp Aïda, près de Bethlehem, a raconté que les soldates l'ont agressée, insultée les membres de la famille, femmes et enfants, les soldates ont même déchiré les papiers d'identité sous prétexte qu'ils ne correspondent pas aux personnes.

Les parents des prisonniers ont déclaré qu'ils sont arrivés à la prison vers 13h30, et qu'ils ont été retenus dans une pièce jusqu'à 20 heures, sans qu'ils puissent rencontrer les prisonniers. Ils ont raconté le long et pénible voyage qu'ils entreprennent pour pouvoir voir les prisonniers, ils sont obligés de passer à travers plusieurs barrages militaires, et notamment celui de Tarqoumia au sud de la ville d'al-Khalil et la liaison militaire près de Beit Jala, où ils sont retenus pendant de longues heures et fouillés, en les faisant descendre des cars.

Où est la Croix-Rouge Internationale ? Comment peut-elle accepter que des populations civiles soient humiliées de cette manière alors que c'est elle qui organise les visites ? Que fait la Croix-Rouge face à de tels comportements ?

Post-Scriptum :

Traduction

Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

Etablissement 1391 : Prison Secrète d’Israël

Source : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=256&type=analyse&lesujet=Torture

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Israel - 14-11-2003

Par Chris McGreal

 

Il a été enlevé des cartes et effacé des vues aériennes. Mais l’Etablissement 1391 existe bien – Vous n’avez qu’à demander aux Palestiniens et aux Libanais qui y ont été emprisonnés et torturés.


Une fois que les bandeaux et les menottes sont enlevées, les hommes sous leurs cagoules noires ont tous la même question : «Où suis-je ?»

Une voix filtrant par une fente étroite dans la porte d'acier a dit à Sameer Jadala qu’il était «à Honolulu», Raab Bader a dit qu’il était "dans un sous-marin" et "à l’extérieur des frontières d’Israel», Bashar Jadala a dit qu’il «était sur la lune». 

Nombre d’entre-eux l’ont imaginé à ce moment-là, parce que seule une poignée d’hommes politiques et de la sécurité savent qu’une telle chose existe, mais ils étaient prisonniers dans le Guantanamo d’Israel : l’Etablissement 1391. 

« J’étais pieds-nus, en pyjama lorsque j’ai été arrêté et il faisait vraiment froid, » explique Sameer Jadala, un chauffeur de bus palestinien. « Quand je suis arrivé dans cet endroit, ils m’ont demandé de me déshabiller et m’ont donné un uniforme bleu Puis, ils m’ont donné un sac en tissu noir. 
Ils m’ont dit : c’est ton sac. Tu dois le garder avec toi. Lorsque quelqu’un vient dans ta cellule, tu dois le mettre sur ta tête. Lorsqu’on t’ammène de la nourriture, tu dois le mettre sur ta tête. Tu ne dois jamais voir le visage des soldats. Tu n’aimerais pas savoir ce qu’il t’arriverait si tu l’enlevais. » Parfois, je pensais que je pourrais mourir dans cet endroit et que personne ne le saurait. »


L’Etablissement 1391 a été effacé des vues aériennes et enlevé des cartes modernes. 

Une fois qu'un commissariat de police a été marqué, il y a maintenant un espace blanc. Parfois, même la route qui y conduit a été effacée. Mais la prison secrète israélienne, à l’intérieur d’une base de Renseignements de l’armée, près de la route principale entre Hadera et Afula au Nord d’Israel, est bien réelle

Depuis 20 ans ou plus, elle a été installée dans un grand et imposant batiment d’un seul étage conçu par un ingénieur britannique, Sir Charles Taggart, dans les années 30, tout comme une série d’autres garnisons destinées à contenir l’agitation croissante en Palestine. Aujourd’hui, les énormes murs de béton et les portes de fer sont eux-mêmes protégés par des doubles barrières surveillées par des miradors et patrouillées avec des chiens d’attaque.

La prison a détenu des Libanais enlevés par l’armée israélienne comme otages, des déserteurs Irakiens et un officier des Services de Renseignements Syrien qui a tenté de déserter mais a été accusé d’espionnage et a choisi de rester dans une autre prison plutot que de rentrer chez lui et affronter le peloton d’exécution. Plus récemment, de nombreux Palestiniens ont été incarcérés dans la prison 1391 pour interrogatoire ce qui a mené à la révélation presque accidentelle d'une prison que l'Etat avait décrété ne pas exister.

Ceux qui en ont passé les portes savent que ce n’est pas une illusion. Un ancien détenu a intenté un procès soutenant qu'il avait été violé deux fois lors de son interrogatoire – une fois par un homme et une autre fois avec un baton. Mais la plupart de ceux qui en sont sortis disent que la vraie torture est l’impact psychologique du confinement solitaire dans la saleté, des cellules noircies si mal éclairées que les résidents peuvent à peine voir leurs propres mains et n’ont aucune idée de l’endroit où ils sont et, dans de nombreux cas, pourquoi ils y sont.

“Notre principale conclusion est que cela existe pour rendre possible la torture – une sorte particulière de torture qui créé des états progressifs de terreur, de dépendance et de débilité" explique Manal Hazzan, un avocat des Droits de l’Homme qui a aidé à faire connaitre l’existence de la prison. "La Loi donne à l’armée assez d’autorité pour cacher des prisonniers, alors pourquoi auraient-ils besoin d’un établissement secret ?" 

Contrairement aux autres prisons israéliennes, la Croix Rouge Internationale, des avocats et des membres du parlement israélien se sont vu refuser l’accès. 

Un membre de la Gauche Israélienne, Zahava Gal-On, décrit l’Etablissement 1391 comme “l’un des signes des régimes totalitaires et du Tiers-Monde”. Le gouvernement israélien refuse de discuter de la prison secrète autrement que de donner une réponse standard : « L’Etablissement 1391 est situé sur une base militaire secrète. La base est utilisée par les services de sécurité pour des activités confidentielles diverses et donc son emplacement est tenu secret».

Mais il n’y a pas que les avocats des droits de l’homme et les députés de Gauche qui ont un problème. Ami Ayalon est un ancien chef des Services Secrets israéliens, le Shin Bet. Il a été questionné au sujet de l’Etablissement 1391 mais il a dit qu’il ne voulait rien avoir avec cela. "Je savais qu’il existait un Etablissement qui n’était pas sous la responsabilité des Services Secrets, mais sous la responsabilité des militaires. Je ne pensais pas alors et je ne pense toujours pas aujourd’hui qu’une telle institution devrait exister dans une démocratie" a t’il dit.

Sameer Jadala a été arrêté chez lui à Naplouse, l’an dernier à 3 h du matin un jour de décembre. Pendant 3 jours, le Palestinien agé de 33 ans a été transféré d’une cellule de prison à une autre. Le quatrième jour, il a eu les yeux bandés, les mains liées et les pieds attachés. Des lunettes teintées ont été mises sur ses yeux alors qu’il était mis de force sur le sol à l’arrière d’une voiture. Puis, il a été recouvert d’une couverture.

Jadala estime qu’ils ont roulé pendant à peu près une heure. "Nous avons été sortis un par un. J’ai su qu’il y avait deux autres prisonniers dans la voiture par le bruit des chaines." dit-il. "J’ai eu les yeux bandés jusqu’à ce qu’ils me mettent dans ma cellule. Il y avait une petite fente dans la porte. Elle n’était même pas assez large pour y passer une cigarette. Une voix a dit : "enlève le bandeau de tes yeux mais à chaque fois que je viendrai, tu dois le mettre et poser tes mains contre le mur."

Raab Bader, un comptable de 38 ans, père de deux enfants, est passé également par ces cellules, bien que les deux hommes n’aient pas été en contact. Il a été, lui aussi, arrêté à Naplouse, bien qu'il ait été convaincu qu'il n'avait rien à cacher : "J’ai été détenu comme une taupe aveugle, sauf pendant les longues heures où un agent (des renseignements) m’a interrogé." dit-il.

A Bader, on lui a dit, à diverses occasions, qu'il était sur un sous-marin, dans l'espace ou à l’extérieur des frontières d’Israel. Il a été poussé dans une cellule sans fenêtre de 2 m2. Un ventilateur au plafond amènait l’air dans la cellule mais les détenus disent que le bruit est assourdissant.

"La cellule était peinte en noir. Je n’ai jamais vu le plafond. Quand je levais les yeux, je ne voyais que l’obscurité. La lumière, pas plus forte que celle d’une bougie arrivait d’une étrange façon de l’un des côtés de la pièce," dit-il en prêtant serment. 

"Le lit était un matelas mince et humide posé sur un bloc de béton à quelques centimètres au dessus du sol. Les toilettes était un seau qui était vidé tous les quelques jours. L’eau arrivait dans la cellule par un trou dans le mur contrôlé par le gardien. "Au neuvième jour consécutif dans la cellule qui empestait, un des soldats est venu me faire sortir. Il a presque vomi et est sorti en courant."
 dit Bader. "J’ai passé beaucoup de jours dans ce mitard et dans d’autres comme celui-ci, et heure après heure, je me parlais et je pensais que j’allais devenir fou, ou je me suis retrouvé à rire de moi-même."

Jadala essayait toujours de comprendre pourquoi il avait été arrêté. "J’ai demandé à celui qui effectuait l’interrogatoire : Pourquoi suis-je ici ? Que voulez-vous de moi ? Quand j’ai demandé où j’étais, ils m’ont dit que j’étais à Honolulu. Je ne leur ai plus jamais demandé." dit-il.

Il vint plus tard à l’esprit de Jadala qu’il était là parce que les jours précédents, son frère, Mohammed, et un cousin, Basher, avaient été arrêtés alors qu’ils traversaient la Cisjordanie en provenance de la Jordanie. Les services secrets d’Israel suspectaient Mohammed d’appartenir au Hamas. Sameer Jadala pense maintenant qu’il a été détenu comme partie d’un jeu psychologique élaboré afin de faire pression sur son frère pour parler. 

Mohammed Jadala, qui est encore prisonnier, a signé une déclaration sous serment prétendant qu’il avait été torturé jusqu’à l’aveu. Il dit qu’il avait été battu lors de son premier interrogatoire dans une prison normale puis il a été transféré à l’Etablissement 1391. Quand il a demandé où il était, la réponse fut : "Sur la lune".

"Ils m’ont gardé dans un mitard pendant 67 jours. Lors de cette période, ils ont continué à me torturer mais ils utilisaient différentes méthodes. Ils ne me laissaient pas dormir plus de 2 heures par nuit. Quand je commençais à m’endormir, ils me réveillaient en faisant du bruit ou en me jetant de l’eau. Comme résultat de la torture, ils ont pu obtenir de moi que j’admette toutes sortes de délits." nous a t’il dit.

Les investigateurs ont amenés brièvement ensemble les deux frères, apparemment comme moyen de faire savoir à Mohammed que Sameer paierait le prix s’il ne parlait pas. "Ils ont amené mon frère et mon cousin dans la prison secrète et ils me les ont montré alors qu’ils pleuraient. Les investigateurs m’ont dit qu’ils pleuraient à cause de moi." dit Mohammed.

Les premiers prisonniers de l’Etablissement 1391 étaient probablement des Libanais. La prison fait partie d’un camp militaire qui abrite un groupe des renseignements de l’armée, l’Unité 504, qui est spécialisée dans les interrogatoires. 

L’unité a une mauvaise réputation et certains de ses membres ont falsifiés des rapports. L’un a été accusé de meurtre et un autre d’espionnage. Les jours glorieux de l’Unité 504 eurent lieu lors des 18 ans d’occupation du Sud-Liban lorsqu’ils interrogeaient les combattants capturés du Hezbollah et qu’ils dirigeaient un vaste réseau de collaborateurs, dont certains sont toujours en jugement et risquent leurs vies devant les autorités Libanaises.


A la fin des années 1980, l’Unité 504 est partie à la recherche d’une nouvelle sorte de prisonniers, des hommes qui pouvaient être pris comme otages puis échangés contre des soldats et des pilotes israéliens qui avaient été capturés. En 1989, les Israéliens se sont emparés du Sheikh Abd al-Karim Obeid, un leader spirituel du Hezbollah. Cinq ans plus tard, ils ont enlevé Mustafa Dirani, un important combattant Shi'ite. Les deux ont été emmenés directement à l’Etablissement 1391.

Les soldats qui ont pris Obeid, ont également enlevé ses gardes du corps, des membres de sa famille et Hashem Fahaf, un jeune homme qui était venu rendre visite au sheikh pour chercher une bénédiction et qui s’est retrouvé enfermé durant les 11 années à suivre, dans un premier temps à la prison 1391.

Fahaf n’a jamais été accusé d’aucun crime mais il lui a été refusé l’accès à un avocat et à tout contact avec le monde extérieur. Pendant les premières années, les Israéliens ont nié même qu’ils le détenaient. En avril 2000, la Cour Suprème Israélienne a finalement donné l’ordre de libérer Fahaf. Le gouvernement a dit qu’il le retenait ainsi que 18 autres Libanais comme otages – ou « valeurs de négociation » comme préfèrent l’appeler les officiels israéliens – dans l’espoir d’obtenir la libération d’un navigateur de l’armée de l’air, le Colonel Ron Arad.

Mustafa Dirani, la principale cible des enlèvements, a été Chef de la Sécurité du mouvement Shi'ite, Amal, et a détenu Arad pendant environ 2 ans, conduisant, de temps en temps, le colonel dans le coffre de sa voiture. Dirani a été interrogé pendant 5 semaines sans interruption. 

Libéré de l’établissement 1391, huit ans plus tard mais encore enfermé dans une prison israélienne, il a intenté un procès devant les Tribunaux Israéliens prétendant qu’il avait été sodomisé par ses investigateurs. Le procès a nommé "un Major George" qui a donné l’ordre à un soldat de le violer. A une autre occasion, le prisonnier Libanais a accusé le Major d’avoir enfoncé un baton dans son rectum. D’autres anciens prisonniers de 1391 ont décrit comment ils avaient été déhabillés totalement pour un interrogatoire, les yeux bandés et les mains liées, et un baton appuyé sur leurs fesses alors qu’ils étaient menacés d’être violés. 

En réponse au procès, le gouvernement israéliens a nié que Dirani ait été violé mais il a confirmé que les prisonniers étaient habituellement nus pour les interrogatoires. Néanmoins, le Bureau du Procureur Général est allé plus loin et a dit que "dans le contexte d'une enquête de police militaire, le soupçon existe qu'un enquêteur qui a interrogé le plaignant ait menacé d'exécuter un acte sexuel sur le plaignant."

Le “Major George” a été renvoyé. Des dizaines d’autres enquêteurs ont signé une pétition protestant contre sa punition pour l’utilisation de méthodes qu’ils ont dit être sanctionnées par les autorités.

Un autre prisonnier Libanais, Ahmed Ali Banjek, a été reconnu coupable de contrebande d’un missile surface-air dans une zone sous contrôle israélien du Sud Liban sur la base d’une confession faite à la prison 1391. Il a dit, plus tard, au Tribunal militaire que cela lui avait été arraché sous la torture, et qu’il avait été forcé à s’asseoir sur un baton jusqu’à ce qu’il pénètre dan son anus. Le Tribunal a été persuadé que la confession n’était pas sérieuse et a libéré Banjek. 


L’Etablissement 1391 est resté secret pendant 2 décénnies ou plus parce que ceux parce que ceux qui ont été livrés entre ses mains pourraient être faits pour disparaître. Mais même dans la sévérité de l’occupation, Israel doit reconnaître que les Palestiniens ont des droits. L’an dernier, alors que l’armée a regroupé des milliers de Palestiniens pendant la réoccupation des villes de la Cisjordanie, elle a été à court de places pour les interroger. Certains ont été emmenés à la prison 1391.

Une organisation des droits humanitaires de Jérusalem, le Centre pour la Défense des Individus, (Hamoked), sont partis à la recherche d’un homme, Muatez Shahin, qui avait été emmené de sa maison par l’armée, il y a un an. Les militaires ont insisté sur le fait qu’il n’était sur aucune liste de prisonniers. Hamoked a adressé une pétition devant la Haute Cour et, après plusieurs tentatives par l’Etat de bloquer la vérité, ils ont gagné, au début de cette année, la reconnaissance sans précédent que Shahin avait disparu dans la prison inconnue auparavant. Les Procureurs de l’Etat avaient dit initialement au Tribunal que la prison n’était plus en service. Quelques semaines plus tard, l’Etat a été obligé de l’avouer autrement.

"Les circonstances ont changé et les membres de la sécurité nous ont informé que les détenus sont actuellement prisonniers dans l’Etablissement 1391," ont dit les procureurs au Tribunal.

La directrice de Hamoked, Dalia Kerstein, une Israélienne, était horrifiée. "Je suis choquée de voir qu’ici, il existe un tel établissement. Je ne veux pas qu’il existe une telle prison secrète dans le pays où je vis," a-t’elle dit. "Nous remettons en question la légitimité de cet endroit. Nous cherchons à le fermer et nous remettons en question tout le système d’interrogation qui est pratiqué dans cet établissement et qui est une conséquence du fait que l’endroit est secret, y compris la torture." 

“La torture psychologique est très intense. Les gens sont là depuis des mois. J’ai rencontré 5 personnes venant de villes différentes de la Cisjordanie, de différentes organisations et ils ont tous décrit les mêmes méthodes. Ils ne battent pas les personnes mais il y existe une très forte torture psychologique qui entraine chez les personnes des hallucinations ou des dépressions."

Sameer Jadala était proche de la dépression alors qu’il était trainé d’interrogatoire en interrogatoire qui semblaient mener nulle part et que ses inquisiteurs tentaient d’obtenir de lui qu’il implique son frère ou qu’il avoue être un membre du Hamas. Puis ses investigateurs lui ont offert la chance de gagner sa liberté par un test au détecteur de mensonges.

"J'ai dit que je savais qu’en dehors du doute, il n'y avait rien sur moi. J’ai pris le test. A la fin, ils ont dit "Félicitations, Sameer" et je ne les ai jamais revu," dit-il."La nuit, des soldats m’ont rendu visite. Ils m’ont mis un bandeau sur les yeux et des chaines aux mains et aux pieds. Ils m’ont mis dans une voiture, m’ont recouvert d’une couverture et j’ai été conduit devant un tribunal près de Jénine…"

"D’abord, j’ai vu un docteur qui m’a demandé où j’étais. J’ai dit : « Je ne sais pas, je ne sais réellement pas ». Le docteur a demandé au soldat où j’étais. Le soldat a fait signe de la main sa main en l’air comme s'il indiquait une planète éloignée. Le docteur a arrêté de poser des questions."

Puis, Jadala a été trainé devant un juge, qui également voulait savoir où j’avais été détenu. Le procureur a dit qu’il ne savait pas. "Le juge voulait savoir si j’avais un avocat. J’ai demandé comment je pouvais choisir un avocat alors que je ne savais même pas où j’étais. Il n’y avait aucune possibilité de contacter quelqu’un à l’extérieur." dit-il.

Ce n’était pas la fin de l’épreuve. Les avocats du gouvernement ont demandé à plusieurs reprises aux Tribunaux militaires d’étendre sa détention "pour raisons de sécurité" - par période d’une semaine ou deux – mais n’ont jamais dit de quoi il était suspecté.

"Pendant une audition, j'ai fondu en larmes. Le juge m’a demandé pourquoi je pleurais. J’ai dit que pendant 30 jours, je n’ai pas su où j’étais, je n’ai eu aucun contact avec un avocat, j’ai été transporté de façon brutale. Le juge a finalement dit qu’ils devaient présenter des preuves contre moi ou me laisser partir. Et, ils m’ont laissé partir."

 

Source : www.guardian.co.uk

Traduction : MG