03/06/2009

La torture, monnaie courante en Israël

Source : http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article2857

 

samedi 15 décembre 2007 par Jsf

Plusieurs témoignages publiés par ISM (International Solidarity Movement) sur les tortures pratiquées sur les Palestiniens par des membres des services de renseignement israéliens et par les soldats.

Mais qui s’inquiète des droits de l’Homme dans ce cas ?

Un prisonnier libéré parle

Le lundi 3 décembre, un homme âgé de 25 ans originaire d’An Nabilyas, près de Qalqilya a été libéré de la prison du Naqab - l’un des 429 prisonniers libérés par Israël comme un soi-disant geste de "bonne volonté" pour les discussions de paix à Annapolis. Mousa a passé 6 ans en prison sur les 12 ans auxquels il a été condamné. Tout heureux d’être libre, l’histoire de Mousa met en lumière les techniques de torture mises en place par les forces israéliennes et les difficiles conditions qu’endurent les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

Arrêté à Azzoun, Mousa a d’abord été emmené à Petakh Tikva pour un interrogatoire qui a duré 78 jours. Il raconte que, lors des deux premiers jours il a été interrogé sans pause, et qu’il a été continuellement frappé.

Mousa raconte que parfois 16 membres du Shabbaq le frappaient en même temps, en lui donnant des coups de pied et de coups de poing. Il n’avait pas le droit de dormir, les soldats israéliennes le frappaient s’il s’endormait. Il a été régulièrement suspendu au plafond, les poignets liés, avec juste le bout de ses orteils touchant le sol, "comme dans la danse classique".

Pendant les huit jours suivants, il a encore continuellement battu, mais il était parfois autorisé à dormir dans une cellule isolée (dite "zinzana") pendant environ 30 minutes. Au bout des dix premiers jours, les passages à tabac ont diminué, mais il est resté suspendu au plafond pendant environ 14 heures par jour tout en étant interrogé.

Tout au long de sa période d’interrogatoire, les soldats ont menacé d’emprisonner toute sa famille et de maltraiter sa mère et ses soeurs. Ils ont constamment tenté de le forcer à avouer des crimes qu’il n’a pas commis, tels que des meurtres. La seule réponse de Mousa était "Je ne l’a pas fait", ce qui lui valut plusieurs passages à tabac.

Les visites à la salle de bain étaient déterminées en fonction de l’humeur des interrogateurs, parfois il était autorisé à utiliser la salle de bains, d’autres fois l’accès lui était refusé pendant de longues périodes. La seule eau potable mise à sa disposition dans la salle de bains lui semblait dangereuse car elle était brunâtre et nauséabonde. Contrairement à d’autres détenus qui ont déclaré avoir reçu peu de nourriture pendant leur période d’interrogatoire, Mousa a été nourri deux fois par jour, mais avec seulement deux petits morceaux de pain, une cuillère de yaourt et une demi-tomate, à peine suffisant pour le maintenir en vie.

Après 78 jours d’interrogatoire, Mousa a été placé danssix prisons différentes au cours de ses six années d’incarcération. Il a finalement été emmené dans la prison du Naqab (Ketziot) où étaient détenus la plupart des prisonniers libérés après Annapolis. Certains prisonniers ont appris par leurs gardiens qu’ils seraient libérés le 21 novembre, mais cette date est passée sans libération. En fait, il y a eu quatre fausses promesses de libération avant que les prisonniers soient libérés lundi dernier.

Pendant cette période, les détenus sont restés dans des conditions inhumaines, sans nourriture suffisante et sans couvertures. Mousa raconte qu’il pesait 72kgs quand il a été envoyé à Ketziot, mais il n’en faisait plus que 60kgs lorsqu’il a été relâché.

À sa libération, les affaires de Mousa ne lui ont pas été restituées, pas même à sa carte d’identité.

Les responsables de la prison prétendent qu’elles ont été perdues, ce qui bloque Mousa jusqu’à ce qu’il puisse se procurer une nouvelle pièce d’identité - un processus qui peut prendre environ un mois, voire plus. D’ic là, la situation de Mousa est extrêmement précaire, puisqu’il peut être arrêté et remis en prison s’il s’aventure dans la rue sans carte d’identité.

Mousa affirme être l’un des 150 prisonniers libérés ayant encore à purger une période significative de leur peine. Les autres, explique-t’il, n’avaient plus qu’un ou deux mois à faire, ou même avaient purgé leur peine et ont été gardés une semaine ou deux pour être inclus dans le communiqué, une critique reprise également par un chef du Fatah, Marwan Barghouti, dans une plainte présentée à des membres de la Knesset israélienne qui lui ont rendu visite.

Mousa a été également extrêmement critique sur le fait que 1818 Palestiniens ont été arrêtés depuis le mois de juillet, et qu’à l’heure actuelle, plus de 100 hommes et adolescents d’Azzoun sont emprisonnés par les forces israéliennes, en soulignant que sa libération n’a été rien d’autre qu’une opération publicitaire.

Bien que très heureux d’être avec sa famille (son cousin a noté : "Il ne l’a pas souri comme ça depuis six ans"), Mousa est choqué par la Palestine, qu’il a retrouvé lors de sa libération.

Même si ses parents lui avaient parlé du Mur d’Apartheid, il a été stupéfait de découvrir qu’il était si proche de son village et du nombre de terres palestiniennes qui ont été saisies. "

Je suis sorti de l’intérieur d’une prison pour me retrouver dans une prison à ciel ouvert."

(source)

(Traduction : MG pour ISM)


Des soldats des Forces d’Occupation torturent un adolescent sur de fausses accusations

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes. Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations.

Au cours de la dernière répression de l’armée israélienne contre les habitants du village d’Azzoun, des policiers en civil ont enlevé un adolescent de 16 ans pour le soumettre à un interrogatoire prolongé entrecoupé de coups.

L’adolescent d’Azzoun, Mahmoud Radouan et son ami circulaient dans une charrette tirée par un âne sur la route 55, juste à l’extérieur d’Izbat At Tabib, pour se rendre dans le champ de son ami situé dans les environs d’An Nabi Elyas, lorsque des policiers déguisés en Palestiniens conduisant ce qui semblait être un taxi palestinien ont arrêté les deux jeunes, en pointant une arme sur eux et en les forçant à s’asseoir sur la route à côté de la rambarde.

Au bout de 30 minutes, les policiers ont libéré l’ami de Mahmoud mais lui, ils l’ont gardé en lui disant : "Nous avons quelque chose sur vous, nous savons que vous posez des problèmes."

Il a été ensuite interrogé dans le taxi et au commissariat de police d’Ariel où il a ensuite été emmené. L’interrogatoire portait sur des accusations de jets de pierres sur les voitures circulant sur la route 55 ainsi quesur les jeeps de la police et de l’armée lors des invasions d’Azzoun.

Mahmoud a été menacé à maintes reprises. Les interrogateurs lui ont dit qu’il devait avouer le jet de pierres s’il voulait rentrer chez lui ou alors il serait présenté devant le tribunal et condamné à une amende. Ils l’ont menacé de lui "poser des problèmes" ainsi qu’à sa famille. Ils l’ont insulté à de nombreuses reprises et ont prononcé des grossièretés à son égard ainsi qu’à l’égard des femmes de sa famille.

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes.

Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations. Malgré le passage à tabac qui accompagnait son interrogatoire, Mahmoud a continué à proclamer son innocence, en niant les acussations et en déclarant qu’il n’avait pas pris part aux jets de pierres.

Les interrogateurs de l’adolescent ont continué à contraindre Mahmoud à avouer en menaçant de le placer en isolement et de le suspendre au plafond et de le torturer jusqu’à ce qu’il cède.

Par la suite, n’ayant pas réussi à le faire avouer, ils ont emmené Mahmoud dans un couloir où il est resté assis, attaché à un banc en métal, pendant environ 4 heures.

Vers 22h, Mahmoud a été emmené dans un véhicule de l’armée et deposé près du village de Harris, loin de son village d’Azzoun. Après avoir attendu pendant une heure sur le bord de la route près de Harris, un jeune du village lui a prêté un téléphone afin qu’il puisse appeler sa famille. 10 minutes plus tard, Mahmoud a pu faire signe à un taxi de s’arrêter et ils est arrivé à Azzoun vers minuit.

Le calvaire, basé sur des fausses accusations a duré près de 10 heures et illustre bien ce que beaucoup de jeunes palestiniens endurent dans le cadre de la politique israélienne qui cible les jeunes sans motifs et sans preuves.

Ce n’est pas la première fois que Mahmoud est injustement soumis à des passages à tabac et à des interrogatoires.Il y a juste un an, c’était en hiver, Mahmoud, qui avait alors 15 ans, a été arrêté à son domicile à 1 h du matin.

Les Forces d’Occupation Israélienne ont frappé à la porte de sa maison, à la recherche de son frère, Mohammed, mais ils sont revenus 15 minutes plus tard pour embarquer Mahmoud et l’emmener au commissariat de polida de la colonie illégale de Ma’ale Shamron pour un interrogatoire.

Deux autres jeunes hommes d’Azzoun, âgés de 14 ans, ont également été emmenés pour être interrogés. À Ma’ale Shamron, les policiers ont ouvert un dossier sur les jeunes, puis ils les ont emmenés au commissariat de police de la colonie illégale d’Ariel.

Pendant tout le trajet qui a duré 1 heure, les soldats ont frappé Mahmoud avec des matraques sur la tête et sur tout le corps, en maudissant sa famille et en l’accusant de jeter des pierres, le prétexte de la détention.

À Ariel, Mahmoud a été emmené sur un toit où 2 enquêteurs israéliens lui ont mis un sac en plastique sur la tête, l’ont jeté à terre, lui ont menotté les bras dans le dos et lié les pieds et ils lui ont donné des coups de pied et de poing sur tout le corps pendant environ 20 minutes.

Pendant tout ce temps, les deux hommes ont continué d’accuser Mahmoud de jeter de pierres et ont insulté sa mère et sa famille.

L’adolescent a finalement été emmené à l’intérieur d’une cabane, où il est resté assis, toujours menottés et les pieds liés, de 3 heures à 6 heures du matin. Les policiers qui passaient le frappaient ou le gifflaient pour le réveiller quand il s’endormait.

Lorsque les agents de renseignement israéliens sont arrivés peu après 6 heures du matin, ils ont commencé à interroger les 3 jeunes chacun séparément. Mahmoud a été interrogé 3 fois pendant 30 minutes.

Au cours de ces périodes d’interrogatoire, ses interrogateurs lui ont posé la même question, lancé les mêmes accusations, et ils ont tenté à maintes reprises de faire avouer Mahmoud du jet de pierres. "Vous jeter des pierres. Où est votre arme ? Votre ami dit que vous jetez des pierres."

Ces déclarations et accusations ont également été faites aux deux autres jeunes, dans leur tentative de les obliger à se confesser d’actions qu’ils nient avoir commis.

Puis Mahmoud a été emmené dans la colonie illégale de Qedumim pendant 20 minutes avant d’être finalement libérés près du village de Jinsafut, à environ 8 km à l’est d’Azzoun.

Ces deux incidents ne sont pas isolés et ils illustrent la politique et les pratiques actuelles et systématiques qui servent à ridiculiser et à terroriser les jeunes palestiniens.

Les habitants pensent que les impositions de couvre-feux et de barrages routiers à Azzoun, les interrogatoires comme ceux-ci font partie d’une stratégie à long terme pour fabriquer une histoire de la violence dans le village afin de justifier la construction d’une barrière de séparation qui bloquera la principale entrée d’Azzoun ainsi que l’accès à la route 55.

Torture : les Nations unies exigent d’accéder à la prison secrète d’Israël

Source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6635

 

 

jeudi 21 mai 2009 - 05h:18

Jonathan Cook

 

 

Hamoked : "Cette prison est une violation du droit international plus lourde encore que dans le cas de Guantanamo Bay, car elle n’a jamais été inspectée et nul ne sait ce qui s’y passe."

 

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(photo : B’Tselem)

Les observateurs des Nations unies sur la torture ont reproché à Israël son refus d’autoriser l’inspection d’une prison secrète surnommée par les critiques, le « Guantanamo Bay d’Israël », et ils exigent qu’Israël leur dise si d’autres camps clandestins de détention sont en activité.

Dans un rapport publié vendredi, le Comité contre la Torture demande qu’Israël révèle l’emplacement du camp, officiellement appelé « Camp 1391 », et en permette l’accès au Comité international de la Croix-Rouge.

Des conclusions d’organisations israéliennes des droits de l’homme indiquent que la prison a servi dans le passé à détenir des prisonniers arabes et musulmans, notamment des Palestiniens, et que la torture et la maltraitance physique y étaient régulièrement pratiquées par les interrogateurs.

Une commission de 10 experts indépendants du Comité des Nations unies a également jugé crédibles les rapports de groupes israéliens concluant que les détenus palestiniens étaient systématiquement torturés en dépit de la décision de 1999 de la Cour suprême israélienne interdisant de telles pratiques.

L’existence du Camp 1391 a été révélée en 2002, quand des Palestiniens y furent internés pour la première fois lorsque Israël a lancé une nouvelle invasion de la Cisjordanie. Dans des conclusions à l’attention du Comité des Nations unies, Israël a nié que des prisonniers étaient actuellement détenus sur ce site, tout en reconnaissant que plusieurs Libanais y avaient été détenus lors de l’attaque du Liban en 2006.

Le Comité a exprimé sa préoccupation au sujet d’une décision de la Cour suprême de 2005, qui estime « raisonnable » de la part de l’Etat de ne pas faire d’enquête sur les soupçons de pratique de la torture dans la prison. La commission d’experts s’estime préoccupée à bon droit du fait que sans inspection, la prison est peut être encore utilisée ou peut l’être à tout moment.

« Le tribunal israélien, note le Comité, devrait s’assurer que toutes les allégations de torture et de maltraitance sur les prisonniers au Camp 1391 soient soumises à enquête (et) et que les conclusions de celle-ci soient rendues publiques. »

C’est Hamoked, une organisation israélienne des droits humains, qui, la première, a identifié la prison après que deux Palestiniens cousins aient été enlevés à Naplouse en 2002, sans que leurs familles n’aient pu retrouver leurs traces. Les officiels israéliens ont finalement reconnu que les deux avaient été détenus dans un lieu secret.

Israël refuse toujours d’identifier le lieu exact de la prison, qui se trouve en Israël à environ 100 kilomètres au nord de Jérusalem. Quelques bâtiments en sont visibles, mais la plus grande partie de la prison a été bâtie sous terre.

«  Nous n’avons pu être au courant au sujet de cette prison que grâce à une erreur de l’armée quand elle y a mis des Palestiniens parce qu’elle manquait de place dans les principales prisons d’Israël. » dit Dalia Kerstein, directrice d’Hamoked.

« Le véritable objectif du camp est d’y interroger les prisonniers du monde arabe et musulman qui se trouvent ainsi difficiles à retrouver, de sorte que leurs familles ne peuvent contacter les organisations israéliennes pour leur venir en aide. »

Pour Mme Kerstein, cette prison est une violation du droit international plus lourde encore que dans le cas de Guantanamo Bay, car elle n’a jamais été inspectée et nul ne sait ce qui s’y passe.

Selon les témoignages des cousins palestiniens, Mohammed et Bashar Jadallah, ils ont été détenus dans des cellules d’isolement de 2 mètres carré, avec des murs noirs, sans fenêtre et une ampoule allumée 24 heures sur 24. A de rares occasions, ils ont pu sortir, escortés, mais ils devaient porter des lunettes fumées.

Quand on a demandé à Bashar Jadallah, 50 ans, où il était, il a répondu qu’il était « sur la lune ».

Dans son témoignage, Mohammed Jadallah, 23 ans, affirme qu’il a été frappé à maintes reprises, ses chaînes resserrées, qu’il a été attaché dans des positions douloureuses sur une chaise, qu’il ne pouvait ni aller aux toilettes ni dormir, il était aspergé d’eau s’il s’endormait. Les interrogateurs lui auraient aussi montré des photos de membres de sa famille et l’auraient menacé de leur faire du mal.

Si les Palestiniens passant par cette prison étaient interrogés par la police secrète intérieure, le Shin Bet, les ressortissants étrangers à la prison tombaient sous la responsabilité d’une branche spéciale des renseignements militaires connue sous le nom d’Unité 504, dont les méthodes d’interrogatoires sont convaincues d’être bien plus serrées.

Peu après que la prison ne fût connue, un ancien détenu - Mustafa Dirani, dirigeant du groupe chiite libanais Amal - a engagé une action en justice en Israël affirmant qu’il avait été violé par un gardien.

Mr Dirani, enlevé au Liban en 1994, a été enfermé au Camp 1391 pendant huit ans avec un dirigeant du Hezbollah, Sheikh Abdel Karim Obeid. Israël espérait leur tirer des informations sur la disparition d’un aviateur, Ron Arad, descendu au-dessus du Liban en 1986.

Mr Dirani a soutenu devant le tribunal qu’il avait été maltraité physiquement par un interrogateur militaire de haut grade, appelé « Major George », et notamment qu’il l’avait sodomisé avec un bâton.

L’affaire a été abandonnée début 2004 à la libération de Mr Dirani dans un échange de prisonnier.

D’après Mme Kerstein, rien ne prouve qu’il y ait d’autres prisons en Israël comme le Camp 1391, mais certains des témoignages recueillis d’anciens détenus laissent penser qu’ils ont été détenus en d’autres lieux secrets.

Ce qui la préoccupe, c’est qu’Israël pourrait être l’un des pays destinataires des vols de « restitutions extraordinaires », où des prisonniers capturés par les Etats-Unis étaient introduits clandestinement dans d’autres pays pour y être torturés.

«  Si une démocratie autorise une prison de ce genre, qui dira qu’il n’y en a pas d’autres ? » demande-t-elle.

Le Comité a examiné d’autres soupçons de torture impliquant Israël. Il s’est dit particulièrement soucieux de l’absence d’enquête par Israël sur plus de 600 plaintes déposées par des détenus contre le Shin Bet depuis la dernière session de la commission, en 2001.

Il a également mis en avant les pressions exercées sur des habitants de Gaza qui avaient besoin de traitement médical pour les amener à devenir des informateurs.

Ishai Menuchin, directeur exécutif du Comité public contre la torture en Israël, a déclaré que son groupe avait envoyé plusieurs rapports au Comité montrant que la torture était systématiquement pratiquée contre les prisonniers.

« Après la décision de la Cour en 1999, les interrogateurs ont appris à devenir plus créatifs dans leurs techniques. » a-t-il dit.

Et d’ajouter que, depuis la redéfinition par Israël de la bande de Gaza en « entité ennemie », certains des Palestiniens enlevés étaient détenus en tant que « combattants illégaux » et non « détenus sécurité ».

«  Dans ces conditions, ils peuvent être qualifiés pour l’incarcération dans les prisons secrètes tel que le Camp 1931. » 

(JPG)Jonathan Cook est écrivain et journaliste basé à Nazareth, Israël. Ses derniers livres sont : Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East (Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books).

Son site : http://www.jkcook.net/

Du même auteur :

-  Des Palestiniens bénéficient d’une dégradation des relations turco-israéliennes 
-  Bataille de l’électricité avec Israël pour une petite bédouine 
-  Un parc israélien, leçon de l’histoire oubliée 
-  Un Djihad de l’armée israélienne ? 
-  Les enfants de Gaza ne peuvent plus être soignés à l’étranger

 

 

Nazareth, Israël, le 17 mai 2009 - Jonathan Cook ; il fut publié également sur : counterpunch - dessins : site du Comité israélien contre la torture - traduction : JPP
Cet article a d’abord été publié par The National à Abu Dhabi.

LE GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN ATTAQUÉ EN JUSTICE POUR PERMIS DE TORTURER ILLIMITÉ

Source : http://www.europalestine.com/spip.php?article3483

 

Publié le 19-11-2008


Plusieurs associations israéliennes des droits de l’homme viennent d’engager des poursuites judiciaires contre leur gouvernement, Ehud Olmert et les dirigeants de la Shabak (Sûreté générale) pour encouragement systématique à la torture lors des interrogatoires. Mais cela n’empêche pas nos gouvernants de dérouler le tapis rouge à ces criminels chaque fois qu’ils viennent en France. Qu’attendent les ONG françaises pour soutenir leurs homologues israéliennes et engager des procédures afin que les responsables de tortures en Israël soient présentés devant la justice chaque fois qu’ils mettent les pieds sur le sol français, comme la législation française le permet ? (Convention internationale sur la torture signée par la France en 1984)

"La Sûreté Générale israélienne viole l’arrêt de la Cour Suprême et autorise par avance le recours à la torture contre les personnes soumises à interrogatoire *

Comité Public contre la Torture en Israël (PCATI)

Le Comité Public contre la Torture en Israël, le Centre pour la Défense de l’Individu (HaMoked) et l’Association pour les Droits du Citoyen ont introduit, ce matin, auprès de la Cour Suprême une requête pour outrage à la cour, contre le gouvernement israélien et celui qui est à sa tête, Ehoud Olmert, contre la Sûreté Générale (Shabak) et celui qui est à sa tête, Youval Diskin, en raison de leur responsabilité dans la politique qui accorde par avance l’autorisation de recourir à la torture, en violation grave d’un arrêt de la Cour Suprême.

La requête a été introduite, au nom de ces organisations, par l’avocat Avigdor Feldman, membre du conseil d’administration du Comité Public contre la Torture en Israël. Il est dit dans la requête que, non seulement la Sûreté Générale et le Premier ministre qui la supervise tournent en dérision l’instance juridique suprême d’Israël, mais il s’agit d’un outrage grave, répété, conséquent, systématique, ancré dans des directives et des procédures, qui requiert dès lors d’imposer l’arrêt de la Cour par des moyens d’une exceptionnelle rigueur, en usage dans des cas de ce genre : arrestation des responsables de l’outrage, le Premier ministre Ehoud Olmert et le chef de la Sûreté Générale Youval Diskin, et amende imposée au gouvernement israélien et à la Sûreté Générale.

En septembre 1999, suite à des requêtes introduites par le Comité Public contre la Torture en Israël, le Centre pour la Défense de l’Individu et l’Association pour les Droits du Citoyen, la Cour Suprême avait décrété que ni le gouvernement, ni les dirigeants de la Sûreté Générale n’avaient autorité pour établir des directives, des règles et des permissions de recourir à des moyens physiques au cours des interrogatoires. Pendant plus de neuf ans à partir de l’arrêt de la Cour, connu sous le nom d’ « arrêt sur la torture », se sont accumulés chez les requérants des preuves et des témoignages démontrant que la Sûreté Générale le viole d’une façon systématique.

Diverses sources pointent du doigt le maintien du système des procédures et des permis de torturer les personnes sous interrogatoire par la Sûreté Générale, et ceci à l’encontre de l’arrêt de la Cour, du droit criminel local et du droit international. La requête apporte des preuves de l’octroi d’une autorisation à porter atteinte à une personne interrogée, et cela alors que l’autorisation avait été donnée à l’avance par celui qui avait autorité sur l’interrogateur et même par le chef de la Sûreté Générale lui-même, selon une directive permanente – connue des interrogateurs, des requérants et des juges sous la formule générale de « procédure d’interrogatoire par nécessité ».

Ces preuves sont constituées à la fois des témoignages, déposés devant des tribunaux, d’interrogateurs de la Sûreté Générale, témoignages placés en annexes confidentielles à la requête, ainsi que des témoignages de personnes ayant subi des interrogatoires, et des réponses faites publiquement par la Sûreté Générale et le cabinet du Premier ministre.

C’est ainsi, par exemple, qu’on peut lire dans la réponse de la Sûreté Générale à une information qui avait été rapportée par le quotidien Haaretz : « L’autorisation de recourir à la force lors des interrogatoires est accordée au moins au niveau du chef d’équipe d’interrogateurs, et vient parfois du chef de service lui-même », et à une autre occasion : « Qu’il soit clair que l’autorisation de recourir à des moyens spéciaux d’interrogatoire ne peut être donnée que par le chef de la Sûreté Générale ».

Dans la requête, il est noté que l’arrêt de la Cour établissait sans la moindre équivoque que les actes de la Sûreté Générale à l’égard d’une large population de suspects et de personnes interrogées durant une longue période, dans le passé, et selon toutes vraisemblances aussi ces neuf dernières années, n’étaient pas légales. Les requérants indiquent que les exécutants de ces actes étaient susceptibles de faire l’objet d’une enquête et de poursuites pénales pour des crimes d’une extrême gravité, en Israël ou hors d’Israël, conformément au droit israélien et par l’effet du droit international.

www.stoptorture.org.il/en/node/1332 (anglais)

(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

* Une histoire palestinienne – A. Gresh, Nouvelles d’Orient, 16 nov 2008

CAPJPO-EuroPalestine