03/06/2009

Tsahal avait carte blanche à Gaza

Source : http://www.palestinefr.net/modules.php?name=News&file=article&sid=439

 

Article du Courrier International

Durant la dernière opération de l'armée israélienne à Gaza, la hiérarchie militaire n'a pas appelé les soldats à faire preuve de retenue devant les civils palestiniens.

 

"C'est ça qui est chouette à Gaza, tu vois quelqu'un sur un chemin et il ne faut même pas qu'il ait une arme pour que tu puisses tout simplement lui tirer dessus", raconte d'ailleurs un soldat.



Les troupes israéliennes ont-elles vraiment violé le "code moral" de Tsahal ? Les militants de l'organisation Shovrim Shtika [Briser le silence, une organisation de soldats ayant servi dans les Territoires occupés] sont en train de recueillir un nombre impressionnant de témoignages auprès des soldats et des officiers qui ont participé à l'opération Plomb durci [attaque israélienne contre Gaza en décembre 2008 et janvier 2009]. Ce qui commence à ressortir des récits de combattants d'unités très diverses, c'est que ce "code moral" n'a pas été violé, mais que son énoncé a tout simplement été révisé par les officiers supérieurs israéliens qui ont planifié et déclenché l'attaque sur Gaza. Il y a quelques mois, invité à la Mekhina [école d'instruction préparatoire au service militaire] d'Oranim [un village de Galilée], par d'anciennes recrues, j'avais projeté un film amateur réalisé par un soldat et où l'on voyait d'autres soldats battre des Palestiniens à un barrage. "Voilà ce que la force fait de vous", leur avais-je expliqué. "Et n'attendez surtout pas de votre hiérarchie militaire qu'elle veille au respect des valeurs humaines." 

Face à des jeunes recrues fraîchement sorties du lycée et qui suivent une instruction sur des collines idylliques, il est difficile de rendre l'atmosphère qui règne aux barrages. Je leur ai donc expliqué qu'on pourrait leur donner l'ordre d'abattre tout individu marchant dans les rues de Naplouse durant les opérations nocturnes de l'armée israélienne. J'ai également tenté de rendre palpable l'atmosphère qui régnait dans mon unité en octobre 2000, au barrage de Kissoufim, dans la bande de Gaza : tout le monde voulait tuer, et beaucoup. Quant aux instructions qui nous étaient transmises oralement, elles n'étaient pas faites pour nous retenir. C'était même tout le contraire. 

Les soldats qui sont récemment revenus du champ de bataille et ont osé dire la vérité démontrent que les ordres restent inchangés et que tout désir de retenue reste exceptionnel et voué à l'échec. La suite du scénario est rodée depuis des années. Pressée par les médias et l'opinion, la justice militaire va promettre d'enquêter, mais l'instruction sera menée à charge contre de simples conscrits que l'on fera taire. Les conclusions de ces enquêtes sont connues d'avance et n'attendent plus qu'à être publiées : les forces armées israéliennes ont veillé en permanence au respect des valeurs supérieures de la morale et les cas incriminés n'ont été que des exceptions. Ensuite, les porte-parole de l'armée monteront en épingle le cas de ces rares soldats qui ont décidé de ne pas abattre de civils palestiniens et n'ont pas hésité à mettre leurs vies en danger. Peut-être même nous édifiera-t-on sur le cas de cet ambulancier israélien qui a administré les premiers soins à un Palestinien de Gaza. Au final, l'enquête sera clôturée et les soldats qui ont osé témoigner se verront reprocher d'avoir pris le risque de salir leur unité en se focalisant sur un incident isolé. Il n'empêche. Le portrait d'ensemble qui commence à ressortir des témoignages que nous sommes en train de recueillir auprès des combattants de Gaza est extrêmement grave. Il apparaît en effet que c'est uniquement parmi les soldats de terrain qu'il s'est trouvé des éléments modérateurs pour atténuer la portée des ordres venus d'en haut et qui poussaient les engagés à tuer pour tuer et à détruire pour détruire. 

Je suggère à Tsahal et à ses porte-parole de plancher sur un scénario novateur pour les mois à venir. Il serait ainsi bon que l'armée, tout comme l'échelon politique et l'opinion israélienne, se penche franchement sur les valeurs de notre état-major et sur la moralité des ordres reçus par nos soldats, plutôt que de s'acharner à jeter l'opprobre sur quelques "individus isolés". Il serait également bon que, nous tous, nous commencions à nous interroger sur l'objectif réel de l'opération Plomb durci et sur l'état d'esprit que les responsables de l'armée ont entretenu parmi nos soldats. Quels étaient les ordres ? Et comment était désignée la population palestinienne ? 

Dans quelques mois, lorsque le recueil complet des témoignages sera publié, il ne sera plus possible d'incriminer uniquement les simples soldats. Certes, certains d'entre eux ont manifestement éprouvé du plaisir à assassiner de simples civils. "C'est ça qui est chouette à Gaza, tu vois quelqu'un sur un chemin et il ne faut même pas qu'il ait une arme pour que tu puisses tout simplement lui tirer dessus", raconte d'ailleurs un soldat. D'autres ont joué à qui détruirait le plus de maisons. Mais tous ont obéi aux ordres et ont agi en fonction d'un état d'esprit entretenu par Tsahal. Les véritables exceptions dans cette histoire, ce sont ces rares soldats qui s'abstiennent de tuer des civils, de détruire des maisons et de piller des biens. Et ceux qui, plus rares encore, sont prêts à dire la vérité à l'opinion israélienne. 

* Officier israélien, membre de Shovrim Shtika.
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=95975

Témoignages de prisonnier(e)s palestiniens

Source : http://www.palestinefr.net/modules.php?name=News&file=article&sid=61

 

Personne ne peut imaginer la souffrance du prisonnier palestinien dans les prisons israéliennes qui commence dès le premier moment de sa détention, par l’attachement de ses mains à l’aide de chaînes de fer. 


Le prisonnier est battu farouchement durant le chemin et jusqu'à l’arrivée au lieu des interrogatoires où toutes sortes d’humiliations et de tortures inimaginables sont utilisées par les enquêteurs israéliens afin de l'obliger à donner certaines informations. 

Les tribunaux militaires israéliens ont l’habitude de prononcer des jugements injustes contre les prisonniers, de prolonger leurs durées de détention pour d’autres jours ou mois supplémentaires. 

Le transfert vers d’autres prisons israéliennes ou d’autres cellules est très fréquent où leurs souffrances va commencer dans des conditions insupportables. 

Les prisonniers et prisonnières dans les prisons israéliennes de Betah Takfa et de Sharon ont expliqué à l'avocate du Club du prisonnier palestinien, leur souffrance durant leur interrogatoire, en disant que les enquêteurs israéliens les menaçaient de détruire leurs maisons et d’arrêter leurs familles, comme une manière de pression pour obtenir certaines informations. 

Pour sa part, la prisonnière, Fotnah Abou El Eish, âgée de 21 ans de Naplouse, détenue depuis 21 juillet 2006, a dit que la police israélienne l'a arrêtée lors de son voyage à Tel Aviv. Et après sa fouillé, elle a été emmenée vers un bureau d'interrogatoire à Tel Aviv pour l’interpeller. 

Elle a apporté également que l'enquête a durée une heure et demie avec elle, puis a été transportée à la prison de "Bitah Takfa" où elle a été soumise à une deuxième enquête durant laquelle, les geôliers israéliens l'ont attachée à une chaise et ont commencé de la battre sur différentes parties de son corps

Elle a ajouté que les geôliers la torturaient quotidiennement, en utilisant différentes sortes de tortures illégales et inhumaines. 

Ces interrogatoires ont continué pendant 13 jours, où elle a été battue quotidiennement par les geôliers israéliens qui lui interdisaient de prendre des bains durant toute cette période d'enquête. 

Actuellement, elle se trouve dans la prison de Sharon, section 11. 

D'autre part, le prisonnier, Mustafa Ramaha de Naplouse également, âgé de 21 ans, a été arrêté le 9 juillet 2006 et incarcéré dans la prison israélienne de "Bitah Takfa". 

Il a dit que les forces de l'occupation l’ont arrêtés à l’intérieur de la maison, lui ont attachés les mains et l'ont conduits à la maison de son oncle pour la fouiller et l’interroger sur des questions privées, puis a été transporté à la prison de Hawarah. 

A son arrivée, les geôliers israéliens l'ont mis à nu pour le fouiller, et après avoir passé quelques heures, l'administration de la prison a décidé de le transférer à la prison de Bitah Takfa où les geôliers israéliens l'ont fouillés nu une deuxième fois.

Dans la nouvelle prison les interrogatoires ont commencé immédiatement et se sont poursuivis pour de longues heures, avant son transfert une autre fois à la prison d'Al Maskoubia pour le soumettre à d’autres interrogatoires. 

« Dans la prison d'Al Maskoubia, il y avait trois enquêteurs qui m'ont attachés à une chaise d'une manière très douloureuse et m'ont battus sauvagement sur toutes les parties essentielles de mon corps », poursuit Ramaha. 

L'autre prisonnier, Jamel Fakha, de Naplouse, âgé de 22 ans, a été arrêté le 10 Juillet 2006 par des unités spéciales israéliennes. 

Après les enquêtes, les soldats israéliens l'ont conduits vers une direction inconnue, où ils ont commencé à l'insulter et l’humilier, en utilisant différents moyens tels que la prise de photos ridicules et son attachement à une chaise de façon très douloureuse.

Après cela, il a été transféré à la prison de Hawarah, où il a passé trois jours horribles car les geôliers israéliens ont l'habitude de fouiller les cellules chaque nuit, de façon soudaine, en obligeant les prisonniers de se déshabiller dans le but de les humilier.

En ce qui concerne les conditions de vie dans les cellules israéliennes, le prisonnier a dit qu'elles sont extrêmement difficiles car l'aération est très mauvaise, et il n'y a aucune fenêtre dans les cellules. Les couvertures des prisonniers sont très sales, l'odeur des cellules est puante et les geôliers israéliens ne lui ont permettés de se baigner qu’après 14 jours de sa détention. 

Adli Zablah, un autre prisonnier de Naplouse, âgé de 23 ans, arrêté le 4 Juin 2006, raconte son histoire dans la prison israélienne de Bitah Takfa, en disant : " vers minuit, les forces de l'occupation israélienne ont envahi notre village, en lançant une vaste campagne de recherche et de fouilles dans les maisons en demandant les cartes d'identités des citoyens palestiniens. Notre maison était l’une des habitations ciblées par les soldats israéliens". 

Il a ajouté : " un nombre de soldats israéliens a envahi ma maison en m'obligeant de rentrer dans une des chambres, ils après avoir fermé la porte, ils ont commencé à me battre fortement sur le visage, puis m'ont attachés les mains et m'ont conduits à la prison de Hawarah où j'ai passé un jour et demi, puis, j'étais transporté au bureau interrogatoire d'Al Jalama où j'ai passé 14 jours, pour être transféré ensuite à la prison de Bitah Takfa". 

Adli a apporté qu'à son arrivée à cette prison, les enquêteurs ont commencé des interrogatoires qui ont duré six heures continuelles. 

Durant ces enquêtes, ils m'ont insultés, humiliés et battus sauvagement sur les parties sensibles de mon corps, en me menaçant d'expulser ma famille hors de Gaza

Il a poursuivit en disant : « Un jour, les prisonniers ont manifesté contre la mauvaise nutrition, et les geôliers israéliens les ont frappés et arrosés à l’aide de tuyaux d'eaux, en les obligeant de s'asseoir sur le sol humide durant trois heures continuelles ». 

Le cinquième prisonnier, Abdel Wahab Al Afghani, de Qalquilia, âgé de 20 ans, arrêté le 28 Juin 2006, a dit : « vers 1:30 pm, les soldats de l'occupation israélienne positionnés sur le barrage de Beit Eba, m'ont arrêtés après avoir demandé ma carte d'identité, et fouillé en étant nu en attachant mes mains fortement, puis m'ont conduits à la prison de Hawarah, et durant tout le chemin, les soldats me frappaient sauvagement sur le visage. 

J’étais transféré, ensuite, à la prison de Kadomim, où j'ai passé 8 jours qui étaient pour moi, les plus horribles dans ma vie. 

Dans cette prison, chaque cellule contenait 5 ou 6 prisonniers, alors que la nourriture présentée était très mauvaise et en petite quantité. 

Al Afghani poursuit en disant que les soldats israéliens l’ont transportés après cela à la prison de Bitah Takfa pour commencer de nouvelles enquêtes avec lui. 
Elles duraient parfois, six heures en étant les mains attachées à une chaise au moment où les enquêteurs le frappaient sauvagement en me menaçant d’arrêter mon frère et mon cousin. 

Le dernier prisonnier qui a donné son témoignage, était Mohammed El Doumiati, de Naplouse également, âgé de 19 ans, et a été arrêté le 30 Juin 2006 et qui se trouve actuellement, dans la prison israélienne de Bitah Takfa. 

Il dit : « vers 1:30 la nuit, des soldats sionistes ont encerclé ma maison, en demandant à ma famille de sortir dehors et en tirant des bombes sonores, puis m’ont arrêtés et conduits à la prison de Hawarah. "Durant tout le chemin, les soldats israéliens me battaient et me maltraitaient sauvagement, en utilisant toutes les vilenies ». 

Il poursuit en disant : " j'ai passé 4 jours dans la prison de Hawarah, puis j'étais transféré à la prison de Bitah Takfa pour que commencent de nouvelles enquêtes". 

A mon arrivée à cette prison, les soldats israéliens m'ont fouillés en étant nu, puis m’ont incarcérés dans une cellule individuelle durant 7 jours continus. Les interrogatoires duraient de 7:00 du matin jusqu'à 7:00 du soir. 

A la fin de la période de ces enquêtes, les geôliers israéliens m'ont transporté à la prison d'Al Maskoubia où j'ai passé 9 jours, puis ils m'ont transférés à la prison de Bitah Takfa pour que je soit interrogé de nouveau.

Aout 2006 

Des soldats dénoncent les exactions israéliennes

Source : http://www.palestinefr.net/modules.php?name=News&file=article&sid=438

 

Pour l'armée israélienne, le coup ne pouvait pas plus mal tomber. Des soldats, anciens élèves d'un prestigieux collège préparant au service militaire, ont livré par le menu des récits d'exactions commises lors de l'opération menée dans la bande de Gaza du 27 décembre au 18 janvier. Ces témoignages ont été publiés dans la revue du collège, puis repris par les médias au moment même où les responsables militaires et politiques israéliens sont menacés d'être poursuivis dans plusieurs pays européens pour "crimes de guerre".


Parmi les faits rapportés par les soldats figure notamment la tragédie d'une mère palestinienne tuée avec ses deux enfants par un tireur d'élite israélien. Leur crime: ils étaient entrés par erreur dans une zone interdite située près leur maison, utilisée comme poste d'observation par des militaires. D'autres soldats se sont livrés à de multiples actes de vandalisme et de violences gratuites dans des maisons palestiniennes. "J'ai été profondément choqué, car ces actes vont à l'encontre de toutes les normes morales que nous tentons d'inculquer", déplore Danny Zamir, le directeur du collège.

"Ces témoignages sont d'autant plus inquiétants qu'ils ne sont pas le fait de Palestiniens ou d'organisations gauchistes étrangères, dont la crédibilité peut être sujette à caution, mais de soldats qui n'ont aucun intérêt à ternir la réputation de leurs camarades", souligne pour sa part Moshé Hanegbi, commentateur judiciaire très écouté de la radio publique israélienne. Selon lui, "il ne faut pas que l'armée enquête sur elle-même, car cela ne serait pas crédible et ne permettrait pas de répondre aux accusations de crimes de guerre lancées à l'étranger".

Un rapport de l'ONU


Ces accusations font peser une menace qui n'a rien de théorique. En 2005, déjà, un ancien général avait failli être interpellé par la justice britannique pour son rôle dans la répression durant l'Intifada. Il avait échappé à la police en refusant de descendre de l'avion de la compagnie israélienne El Al dans lequel il était arrivé à Londres. Depuis, des organisations telles qu'Amnesty International sont reparties à l'attaque après l'opération "Plomb Durci" dans la bande de Gaza, durant laquelle quelque 1.300 Palestiniens ont été tués, selon un bilan palestinien.

Hasard du calendrier: les révélations des soldats interviennent alors qu'une commission d'enquête de l'ONU doit remettre dans les prochains jours un rapport sur les raids israéliens contre les bâtiments de l'agence des Nations unies d'aide aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza. Seize anciens juges et juristes ont également appelé vendredi à la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale sur les atteintes aux droits humanitaires commises "des deux côtés" à Gaza. Cette demande a été reprise en Israël par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme orientées à gauche.

De son côté, l'armée accuse les islamistes du Hamas, maîtres du jeu dans la bande de Gaza, de s'être systématiquement servis de la population civile palestinienne comme d'un "bouclier humain". Elle a malgré tout donné son feu vert à la police militaire pour une enquête, histoire de prouver qu'Israël prenait l'affaire au sérieux. 

Source : JDD