03/06/2009

Sur Al-Khalil

Source: http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12062&type=temoignage&lesujet=Nettoyage%20ethnique

Hébron - 01-06-2009

 

Par Marcy Newman

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le colonialisme et le terrorisme sionistes en Palestine peut se résumer par une visite de Khalil (Hébron) : des réfugiés (anciens ou nouveaux) aux martyrs, aux démolitions de maisons, aux prisonniers politiques... le terrorisme militaire et colonial, le tout sur quelques kilomètres carrés.























Nous sommes allées aujourd’hui à Khalil, mon amie et moi, pour faire des courses – nous voulions aller dans un atelier de poterie pour commander des plaques pour la tombe de ses parents et je voulais continuer ma recherche de keffiehs faits en Palestine, qui ne sont tissés que dans une seule usine palestinienne maintenant, et elle se trouve à Khalil. Partout ailleurs en Palestine, si vous posez des questions et regardez de près, vous verrez qu’ils sont maintenant tous fabriqués en Chine. Et nous les avons finalement trouvé à laCoopérative des Palestiniennes, dans la vieille ville.

Mais d’abord, nous nous sommes baladées dans la vieille ville de Khalil et nous avons rencontré des familles très intéressantes. La première famille qui nous a invitées chez elle vit au bout de la rue parce que celle-ci a été bouchée parce que les terroristes israéliens ont colonisé le secteur tout entier de l’autre côté. Notre hôte a voulu nous montrer la maison que les colonisateurs lui ont volée, et la tour pour tireur d’élite terroriste israélien installée sur son toit. La pièce au dernier étage de la maison a été incendiée par ces terroristes israéliens et deux de ses frères ont été assassinés par eux également. Il nous a montré un panorama de son quartier depuis le toit de sa maison. Par exemple, il nous a montré un endroit où quelques familles avaient des vaches, mais les terroristes israéliens les ont empoisonnées.

Tandis que nous marchions à travers la ville, nous avons vu des dizaines de jeeps de soldats terroristes israéliens patrouillant dans les tures et terrorisant les habitants palestiniens. Nous avons vu des dizaines de colonisateurs terroristes israéliens en tenue de prières, avec un M-16 en bandoulière. Nous avons vu des maisons palestiniennes démolies, nous avons vu des dizaines de checkpoints compactés dans un secteur minuscule. Je suis déjà venue ici, mais pas depuis au moins trois ans – et pas dans cette zone où les rues sont bouchées et où beaucoup de Palestiniens ne peuvent pas passer (nous avons en fait été arrêtées à un checkpoint parce que nous ne marchions pas dans le bon sens). 

Nous avons aussi rencontré un homme qui vit de l’autre côté d’une petite vallée séparant cette route et la colonie terroriste israélienne connue sous le nom de Kiryat Arba. Il nous a offert du thé et un peu de protection contre le soleil, et nous a montré une vidéo de la maison de son voisin qui a été incendiée en décembre dernier par les colonisateurs terroristes israéliens.

Les photos que j’ai prises aujourd’hui parlent d’elles-mêmes, mais elles sont importantes pour montrer la nakba en cours à Khalil. Pas différente bien sûr que la nakba en cours à al-Quds ou à Aqraba ou dans le Néguev, mais la différence ici est que tout est concentré dans un espace si restreint.

Vous verrez sur ces photos beaucoup de colonisateurs terroristes israéliens et leurs colonies, dont une toute nouvelle constituée aujourd’hui d’une seule tente.

Un article de Rory McCarthy, dans The Guardian l’autre jour, dit clairement queles USA prennent une position de plus en plus ferme contre les colonies terroristes israéliennes.

Cependant, dans Electronic Intifada, Ali Abunimah nous rappelle que les mots ne veulent rien dire s’ils ne sont pas suivis d’actes :

« Obama a dit à Netanyahu, avec fermeté, qu’Israël devait stopper la construction de colonies sur la terre palestinienne expropriée en Cisjordanie, mais ces mots ont déjà été prononcés par les prédécesseur du président. A moins que ces déclarations ne soient suivies d’actions décisives – peut-être par la réduction des subsides américaines à Israël – il n’y a aucune raison de croire que le bla-bla qui a échoué par le passé sera soudain plus efficace. »


 

 

Source : Body on the Line

 

 

Traduction : MR pour ISM

 


LA TORTURE : PRATIQUE COURANTE EN ISRAEL

Source: http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=1806

 

 

Publié le 29-08-2005

 

Un arsenal juridique sophistiqué légalise la torture, les traitements inhumains ou dégradants, les rafles et les détentions administratives sans inculpation ni procès : décrets d’urgence hérités du Mandat britannique, plus de 2000 ordres militaires numérotés ou non, écrits ou oraux, des arrêtés du Ministère de l’Intérieur, des conclusions de commissions « d’enquête », la jurisprudence de la Cour Suprême..

EXEMPLES

- Décret d’urgence (loi d’exception britannique de 1945, toujours en vigueur) :

« Si cela semble nécessaire au gouvernement en raison des nécessités de la sécurité, il peut proclamer un état d’urgence. Cette situation cessera quand le gouvernement l’annoncera ou quand le délai fixé pour cet état sera écoulé. »

- Ordre militaire n°29 (année 1967) « Le détenu peut recevoir la visite de son avocat si le directeur de la prison est convaincu que la demande de rencontre a bien été faite pour discuter de questions juridiques et si cette rencontre n’apparaît pas susceptible d’entraver le processus d’enquête. »

- Ordre militaire n°378 (1970, amendée depuis une cinquantaine de fois)

« Un soldat peut, sans mandat, arrêter toute personne qui commet ou est soupçonnée d’avoir commis une infraction à la sécurité. Un mandat d’arrêt doit ensuite être délivré, dans un délai raisonnable, par n’importe quel officier de police pour une durée maximale de sept jours supplémentaires. Si les autorités policières l’estiment nécessaire, un nouveau mandat d’arrêt délivré par un officier de rang supérieur peut prolonger la période de détention de sept jours supplémentaires. »

L’ordre militaire n°1500 a autorisé la détention au secret pendant 18 jours, puis l’ordre militaire n°1518 l’a ramenée à 12 jours.

Aujourd’hui, une personne arrêtée peut être détenue au secret 32 jours.

- Ordre militaire n° 1229 (année 1988) : Le commandant militaire peut, pour raisons de sécurité de la zone et de sûreté publique, retenir une personne en prison, sur ordre signé de lui-même, pour une période de 6 mois, indéfiniment renouvelable. Les termes « sécurité de la zone et sûreté publique » ne sont pas définis et leur interprétation relève du commandant militaire. Il n’existe aucune obligation de juger ces personnes. Certaines détentions administratives ont ainsi duré des années.

Israël : « seule démocratie du Proche-Orient »... et seul Etat au monde à avoir légalisé la torture.

La codification de la torture par la Commission Landau, année 1987 ( du nom de l’ancien président de la Cour Suprême, Moshe Landau ) : Est autorisé le recours à des pressions physiques et psychologiques contre les personnes accusées d’ « activités terroristes hostiles »". Les moyens de pression devraient principalement prendre la forme de pressions psychologiques non violentes exercées lors d’un interrogatoire vigoureux et exhaustif, à l’aide de stratagèmes, y compris de tromperies. Toutefois, lorsque ces moyens n’atteignent pas leur but, des pressions physiques modérées ne peuvent être évitées. Le recours à la véritable torture pourrait être justifié pour découvrir une bombe sur le point d’exploser (dans les heures, jours ou mois) dans un bâtiment rempli de monde (doctrine dite de la « bombe à retardement »). La Cour Suprême a énoncé, dans son arrêt du 6 septembre 1999, que les services de sécurité pouvaient invoquer la « nécessité » pour justifier l’usage de ces méthodes. Le procureur général a autorisé tous les recours individuels à la torture.

Comme « illustration » :

Réponse-type adressée en 2002 par le Procureur Général au « Public Committee against Torture in Israël », ONG israélienne dénonçant les actes de torture du Shin Beit (ou Shabak)

« Pendant son interrogatoire, Mr... était considéré comme « une bombe à retardement ». La gravité des charges retenues, l’urgence à obtenir l’information détenue par Mr... et le fait qu’il n’y avait pas d’autre moyen pour y parvenir ont été pris en considération dans le choix de ces méthodes d’investigation (...) Il faut noter que cette décision est selon nous conforme à l’avis de la Cour Suprême dans l’affaire 5100/94.(...) Par conséquent, nous avons décidé de rejeter votre plainte. »

Talia Sason, Directrice des opérations spéciales auprès du Procureur Général de l’Etat d’Israël.

Droit International applicable :

- Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984 dite Convention de New-York, ratifiée par l’Etat d’Israël : Article 1er : le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles. Article 2 : 1. Tout Etat partie prend des mesures législatives, administratives, judiciaires et autres mesures efficaces pour empêcher que des actes de torture soient commis dans tout territoire sous sa juridiction. 2. Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture. 3. L’ordre d’un supérieur ou d’une autorité publique ne peut être invoqué pour justifier la torture.

- Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948 : Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Article 9 : Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. Article 10 : Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. Article 11 (1) : Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.

- Convention de Genève (III) relative au traitement des prisonniers de guerre, 1949. article 17 : Aucune torture physique ou morale ni aucune contrainte ne pourra être exercée sur les prisonniers de guerre pour obtenir d’eux des renseignements de quelque sorte que ce soit.

Les prisonniers qui refuseront de répondre ne pourront être ni menacés, ni insultés, ni exposés à des désagréments ou désavantages de quelque nature que ce soit.

- Convention de Genève (IV) relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, 1949. Article 49 - Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif.

L’IMPUISSANCE DES O.N.G Extrait de la mission internationale d’enquête de la FIDH de février 2003 : « Nous constatons que les autorités israéliennes ont refusé toute entrevue, sollicitée pourtant préalablement à notre arrivée en Israël. En outre, elles n’ont pas cru devoir répondre à nos questions écrites, postérieures à notre mission. Enfin, un refus exprès nous a été signifié quant à notre demande d’autorisation de visite des camps de prisonniers d’Ofer et de Ketsiot. Nous sommes donc amenés à constater le refus de toute coopération des autorités israéliennes. »

Rapport : Les enfants palestiniens sont maltraités et torturés dans les prisons israéliennes

Source: http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7150&type=communique&lesujet=Enfants

Palestine - 24-07-2007

Par Saed Bannoura

 

Un rapport publié par Defense for Children International (DCI), intitulé "Enfants derrière les Barreaux", constate qu'en 2006 et au cours du premier semestre 2007, la grande majorité des enfants appréhendés par les forces israéliennes a été emprisonnées. 























Photo : Arrestation d'un enfant par les Forces d'Occupation Israélienne



Seuls 3 à 5% des enfants enlevés ont eu le droit à une mise en liberté sous caution en attendant leurs procès.

DCI a également noté que plus de 99% des enfants ont tenté de plaider coupable et la petite minorité qui a plaidé non-coupable a été en suite déclarée coupable et condamnée

L'organisation des droits de l'homme attire l'attention sur des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme pour souligner que les individus accusés ont le droit d'être présumés innocent jusqu'à ce que l'on prouve leur culpabilité.

DCI déclare que les enfants ont admis les charges portées contre eux après des périodes prolongées d'interrogation, qui se sont produites avant leur parution devant la cour. 

Le rapport inclut des témoignages personnels d'enfants qui dénoncent les abus physiques et sexuels qu'ils ont subi entre les mains de l'armée israélienne et les mauvais traitements pendant des périodes prolongées d'interrogation. 

À la fin des interrogatoires, les enfants doivent signer des papiers, sans savoir ce qu'ils signent.



Maltraitance

Un enfant, Rashed Radwa, se souvient qu'il a été battu alors qu'il avait les yeux bandés. Il a été ensuite maltraité pendant dix heures dans le froid. On lui a alors demandé de signer des papiers en Hébreu et quand il a refusé, son interrogateur a cogné la tête contre un bureau

Le rapport déclare que "la police israélienne, l'armée israélienne et le personnel des services secrets israéliens effectuent quotidiennement des arrestations et des interrogatoires d'enfants palestiniens. Les arrestations et les interrogatoires consécutifs ont lieu dans les centres de détention, à l'écart de toutes règlementations, procédures ou lois transparentes, ce qui donne de larges pouvoirs au personnel de l'armée israélienne pendant cette phase."

L'ordre militaire israélien n° 378 déclare qu'un enfant palestinien peut être détenu par un simple soldat non gradé ou un par un officier de police israélienne pendant 96 heures. 

Suite à cela, un enfant peut être détenu pour interrogatoire pendant 8 jours. 

La période de détention peut alors être prolongée par un juge de l'armée pendant 90 jours et, ensuite, par un juge de la cour d'Appels pour 3 mois additionnels



Torture

DCI note que "Un aspect fondamental de la phase d'interrogatoire est l'utilisation de formes particulières de torture et de mauvais traitement". 
Les déclarations des enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, relatées par Defense for Children International dans cet article, illustrent les différents types de méthodes employées.

Le rapport reprend les articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme déclarant que personne ne devraient être sujets à la torture. 

Assem Lufti Abdel Lattif Khalil, 16 ans, raconte son expérience de torture entre les mains des soldats israéliens. Il a été battu et maltraité dehors sous la pluie. Il a passé 40 jours dans un centre d'interrogatoire.

Un jeune de 15 ans dit qu'il a été abusé sexuellement et frappé à plusieurs reprises sur des endroits sensibles du corps.

DCI indique : "L'effet global de tout cela est l'érosion et la réduction virtuelles des droies accusés palestiniens pendant la phase d'arrestation et d'interrogatoire. 
Un enfant palestinien en état d'arrestation et pendant l'interrogatoire n'a pas le droit de parler ; d'un accès libre et immédiat à un avocat ; d'être conseillé de ses droits alors qu'il est arrêté et interrogé ; de ne pas être agressé, maltraité ou torturé ; d'avoir un contact avec un membre de se famille ou de quelqu'un qui le soutienne et ; d'être présumé innocent




• Témoignage de Muss’ab Abed Al Basset Abdullah Abu Rayah, 15 ans, Camp d'Al Aroub, Prison d'Ofer le 12 Juin 2007 

J'ai été arrêté par des soldats israéliens le 24 mai 2007 près du Collège d'Al Aroub. Lors de l'arrestation, les soldats m'ont donné des coups de poing. Ils m'ont cogné au ventre et aux épaules et après ils m'ont mis dans leur jeep. Pendant le transfert, ils m'ont bandés les yeux et menotté. Ils m'ont giflé.

Le transfert a duré une demi-heure jusqu'à ce que nous ayons atteint Khirbit Sor et là j'ai été encore frappé. Un des soldats me frappait dans le dos et il me posat des questions sans interruption et quand je ne répondais pas, il me frappait au visage. Il a continué à me poser à des questions pendant une demi-heure. 

J'ai été ensuite transféré au centre de détention d'Atzion où j'ai été interrogé pendant une heure et l'interrogateur m'a montré des photos de quelqu'un qui lançait des pierres et de la peinture.

Vers le coucher du soleil, ils m'ont transféré dans un site militaire, je ne sais pas quel est le nom de cet endroit. J'ai passé toute la nuit dehors. Chaque soldat qui passait me frappait et je n'ai pas dormi du tout.

J'ai été interrogé en Hébreu et il y avait un soldat qui traduisait pour moi. J'ai signé des papiers mais je ne connais pas la teneur de ces papiers. Ils m'ont informé qu'ils contenaient ma confession sur le jet de pierres et le lendemain, ils m'ont transféré à la prison d'Ofer.

Nous étions 24 prisonniers, des enfants et un adulte sous une tente.

Source : http://www.imemc.org/

Traduction : MG pour ISM