03/06/2009

La torture des enfants palestiniens sous l’occupation israélienne

Source : http://www.legrandsoir.info/article6117.html

 

MIFTAH
« Amnesty International avait jadis établi que la torture est la seule forme de violence qu’un État niera toujours sans jamais oser la justifier. Israël a fait mentir Amnesty, c’est le seul pays au monde qui ait légitimé la torture tant du point de vue juridique que rhétorique. » Eitan Felner, directeur de B’Tselem

Un thème souvent ignoré ou à peine abordé est la torture. Peut-être cela vient-il du fait que beaucoup ne veulent pas admettre qu’un mot si atroce ait un sens de nos jours ou à notre époque, encore moins qu’il soit une réalité. Peut-être que c’est parce que le sujet est si pénible et réellement répugnant que peu ont les tripes d’écrire à son propos. Bien sûr, il y a aussi le fait que ceux qui commettent des actes de tortures font en sorte de couvrir leurs exactions sous d’ignobles interprétations en vertu du concept de nécessité, de telle façon qu’une plainte ne soit jamais déposée, ou en s’assurant que le bureau des plaignants ignore tout simplement leurs actions illégales. Sinon, tout simplement, on torture si durement la victime qu’elle serait incapable de témoigner, et mieux encore si elle mourrait.

Cependant, ne faites pas erreur, ces pratiques sont largement employées, et des Palestiniens ont pendant longtemps été les destinataires bien malgré eux de traitements cruels et inhumains entre les mains de l’Intelligence Militaire Israélienne et l’Agence de Sécurité Israélienne, auparavant les Services de Sécurité Générale (GSS).

En 1999, le nombre de plaintes contre l’utilisation de la torture par Israël a obligé la Haute Cour de Justice à exclure quatre méthodes de torture, à savoir le droit de « secouer » un homme, de le tenir dans la position du « shabach », de le forcer à s’agenouiller dans la position de la grenouille (« quambaz »), et de le priver de sommeil, d’une manière autre que ce qui est inhérent à l’interrogatoire. Beaucoup ont confondu cette décision avec l’abolition de l’usage de la torture en Israël, mais en y regardant de plus près, le Comité Public contre la Torture en Israël révèle que cette décision a laissé des brèches qui font que la torture et les mauvais traitements subis par les Palestiniens peuvent continuer lors des interrogatoires du GSS et de l’Intelligence Militaire.

Les rapports de torture les plus dérangeants sont ceux commis contre les enfants âgés d’entre 13 et 18 ans. DCI/PS rapporte que rien ne s’est amélioré depuis la décision de 1999, avec les témoignages de tous les enfants emprisonnés sur des méthodes de torture, ou autres traitements cruels, inhumains ou dégradants utilisés sur leur personne. En fait, de nouvelles formes de tortures ont été développées et sont utilisées beaucoup plus fréquemment, incluant davantage de techniques axées sur la psychologie, tel l’usage de l’isolement, l’utilisation de collaborateurs palestiniens pour arracher des confessions, ou des pressions sur les enfants pour qu’ils coopèrent avec les soldats israéliens. Depuis septembre 2000, la Défense Internationale des Enfants, Section Palestine (DCI/PS) estime qu’environ 700 enfants ont été arrêtés par l’armée israélienne, plus de 160 restent incarcérés. 95% d’entre eux ont été arrêtés pour avoir lancé des pierres et sont torturés jusqu’à ce qu’ils avouent avoir lancé 150 pierres et dénoncent les autres ayant pris part à de telles activités. Si une confession est arrachée à l’enfant durant un interrogatoire mené par l’Intelligence Militaire ou l’ISA, ils est envoyé au poste de police afin qu’il y fasse la même confession, de façon à ce qu’elle soit reconnue juridiquement.

Il est important de noter que la décision de la Haute Cour de Justice israélienne mentionnée ci-dessus s’applique uniquement aux pratiques de l’ISA ; cependant, des enfants palestiniens furent torturés aussi bien par l’Intelligence Militaire que par la police israélienne. Donc, essentiellement, la décision a réussi à réduire avec succès les inquiétudes sans perturber le travail des autres bureaux qui pratiquent la torture. En outre, l’ISA est libre, tout comme les autres bureaux, de développer de nouvelles méthodes, tant la décision est spécifique et stricte pour ce qui concerne les pratiques qui sont exclues, ce qui lui laisse beaucoup de marge de manoeuvre. Étant donné que le débat est fréquemment étouffé par l’argument de « la bombe à retardement » [1], la question sur la torture est continuellement placée dans le contexte de « la sécurité » d’Israël et de la menace à son existence, donc son usage est quasiment toujours justifié. De plus, la décision de la Haute Cour de Justice est dénuée de clause ou même de référence au sujet de l’utilisation de la torture contre les enfants.

L’armée israélienne s’est engagée dans une campagne d’arrestations sans précédent, emprisonnant des milliers de Palestiniens, incluant un nombre significatif d’enfants. Le critère pour être incarcéré paraît principalement reposer sur l’âge et le sexe des prisonniers, à savoir être de sexe masculin et âgé d’entre 14 et 60 ans. Les jeunes Palestiniens continuent de souffrir des conséquences de l’occupation, lorsque treize enfants de 16 ans et moins ont été tués durant le seul mois de janvier, ce nombre augmentant de six si l’on inclut ceux qui ont 18 ans ou moins, pour arriver à un total global de 19 morts. Selon des chiffres récents de LAW, le nombre total d’enfants âgés de 17 ans et moins tués depuis le 28 septembre 2002 s’élève à 451.

Environ un tiers des 21.086 blessés sont des enfants. De plus, on estime que 45% des jeunes Palestiniens souffrent de troubles nerveux post-traumatiques.

Le DCI/PS estime qu’au moins 15% des personnes nouvellement détenues sont des enfants. Selon les témoignages répétés provenant de ceux qui sont relâchés, les enfants sont traités de la même manière que les adultes, souvent soumis à la torture. Il est important de réaliser que depuis que les autorités israéliennes ne font aucune distinction entre des enfants de 16 ans et des adultes, il est difficile d’obtenir le nombre officiel de tous les enfants emprisonnés. De plus, le nombre des enfants enfermés en centre de détention militaire en Cisjordanie est inconnu. Enfin, la difficulté de garder la trace de tous ces jeunes détenus est augmentée par l’effet du « tambour », car ils sont continuellement arrêtés, relâchés et repris quelques semaines après.

Notez que sous la loi internationale, la détention d’un enfant peut être employée uniquement comme une mesure de dernier ressort et ce pendant la période appropriée la plus courte possible. Néanmoins, il apparaît que la politique israélienne à l’encontre des jeunes Palestiniens est contraire aux normes internationales, avec une détention le plus souvent utilisée comme une mesure de premier ressort. Une peine d’emprisonnement est la seule sentence donnée aux enfants. Le DCI/PS note qu’il n’y a jamais eu de cas d’enfants palestiniens, entre 14 et 17 ans, reconnus coupables d’avoir commis « un crime » par un tribunal militaire israélien, étant condamné à toute autre peine qu’à une peine de prison. Les deux dernières années indiquent qu’au lieu d’adhérer au principe de la « période appropriée la plus courte », la longueur des peines qui leur sont infligées actuellement commence à s’allonger.

Lors des récentes invasions, des enfants furent arrêtés soit à la suite des fouilles de maison en maison, et rassemblés dans la rue, soit après un appel au mégaphone des soldats israéliens demandant instamment aux hommes d’une certaine catégorie d’âge de sortir de chez eux et de se regrouper dehors. Les deux types d’arrestations furent effectués par des troupes lourdement armées qui, souvent, terrorisent les familles et détruisent leurs biens pendant le processus. Ils bandent les yeux, attachent les mains des personnes qu’ils arrêtent, et les emmènent dans un centre de détention. Les enfants palestiniens sont régulièrement battus pendant le voyage. Dans quelques zones, des détenus sont dirigés vers des installations provisoires établies dans des écoles palestiniennes ou d’autres emplacements plus grands, puis ils sont transférés dans une installation militaire située dans une colonie. Les autres sont amenés directement au camp militaire.

Arrivés au camp militaire, les détenus sont informés verbalement qu’ils sont détenus selon des décrets d’urgence, datant du temps du Mandat Britannique en Palestine. Le 5 avril 2002, le commandant militaire pour la Cisjordanie a émis un nouvel arrêté militaire (n°1500) qui permet aux soldats israéliens d’arrêter n’importe quel Palestinien de Cisjordanie sans fournir de raison, ni de justification. De plus, l’ordre stipule que ces personnes peuvent être enfermées pendant une période de 18 jours avant que toute procédure légale ne soit engagée. Il s’appuie sur des ordres publiés précédemment, exigeant que les détenus soient présentés devant un juge sous 8 jours. L’arrêté militaire n°1500 est rétroactif, s’appliquant à toutes les personnes interpellées depuis le 29 mars 2002.

Après 18 jours, le détenu est supposé être amené devant un « tribunal » militaire improvisé (en fait, sous une tente avec pour mobilier une chaise et une table), où le juge peut prolonger sa détention, lui donner un ordre de détention administrative, ou le relâcher. Fréquemment, les juges servant dans ces tribunaux en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza manquent de formation et d’expérience. Au contraire, ce sont des officiers militaires de carrière de l’Intelligence Militaire. Ces tribunaux ne répondent pas aux normes en vigueur, mais dépendent plutôt d’un système d’arrêtés militaires israéliens émis par l’autorité militaire. L’arrêté militaire définit la situation comme « une situation de guerre », pourtant les prisonniers ne sont pas considérés comme des prisonniers de guerre. Les ordres de détention administrative sont généralement délivrés à partir de « preuves tenues secrètes ». Le prisonnier ne peut avoir connaissance des éléments secrets retenus à son encontre, et n’a pas de représentation juridique. Ceux qui se retrouvent avec un ordre de détention administrative sont transférés à Ansar III, récemment rouvert (Ketziot), une prison faite de tentes dans le désert du Néguev.

La plus grande et la plus frustrante barrière que les avocats palestiniens doivent franchir, est d’essayer d’obtenir des informations sur les prisonniers en centres de détention. Des visites sont autorisées uniquement après 18 jours, mais on exige des avocats qu’ils aient les noms des personnes qu’ils désirent voir. Les autorités en charge de ces centres ne fournissent pas les noms ou le nombre de ceux qu’ils gardent en détention ; de ce fait, les renseignements doivent être trouvés du côté de ceux qui sont relâchés ou des membres de familles (qui ne savent pas où leurs proches sont gardés). Les personnes ne sont pas nécessairement détenues près de leur lieu de résidence ; par exemple, DCI/PS fut informé de deux enfants du camp de Jénine détenus près de Ramallah. Une fois, une liste de noms fut présentée à la personne responsable du centre, mais c’est selon l’humeur qu’ils autorisent l’avocat à visiter ses clients. DCI/PS fut informé d’avocats qui furent obligés d’attendre deux semaines avant qu’on leur donne l’autorisation de rencontrer des détenus.

Durant leur détention ou emprisonnement, les enfants palestiniens sont régulièrement déplacés d’un centre à un autre, afin de leur donner l’impression qu’ils sont seuls et que personne ne peut les aider. Ils passent des périodes prolongées coupés du monde extérieur, du fait qu’on leur refuse la visite de leur famille et même de leur représentant juridique, et quand ils sont autorisés à voir leurs parents, les couvre-feux incessants, les bouclages et autres restrictions empêchent les membres de leurs familles de parvenir jusqu’aux centres de détention. Les prisonniers juvéniles sont placés dans une cellule sale, malodorante (200 cm par 150 cm) connue comme « zinzaneh », le sol peut être mouillé ou couverts d’excréments humains. La cellule peut être soit presque complètement dépourvue de lumière, ou en être inondée constamment. Si le prisonnier essaye de dormir, un garde viendra et le (la) réveillera. De plus, les enfants sont souvent privés de nourriture et n’ont pas accès aux toilettes.

Le dossier constitué par le DCI/PS fait état d’enfants palestiniens aux yeux bandés, aux mains attachées, ainsi que de tabassages au cours des interrogatoires. En outre, les méthodes exclues par la Haute Cour de Justice israélienne sont malgré tout utilisées avec des enfants qui sont violemment secoués - de graves situations pouvant causer des dommages au cerveau -, qui sont ligotés sur de petites chaises dans des positions inconfortables obligeant le corps à rester recroquevillé durant des périodes étendues, qui sont exposés à des changements de température extrêmes, par exemple en enlevant les vêtements du prisonnier et en l’enfermant dans une petite armoire, après quoi le système de climatisation est activé pour produire une chute brutale de la température. En outre, il y a eu plusieurs cas documentés où des gardes de prison ont essayé de violer des enfants, et s’ils ne réussissent pas à le faire, les enfants sont placés au milieu d’une population criminelle d’adultes israéliens, après quoi ils sont violentés et abusés, sous l’oeil vigilant de ces gardiens. Les pressions psychologiques et les abus physiques dont sont victimes ces enfants lors de leur incarcération ont évidemment des effets durables et débilitants sur le reste de leur vie.

À leur libération, des enfants détenus sont conduits dans des zones éloignées, en pleine nuit, d’où ils s’exposent à des situations dangereuses sans moyen pour rentrer chez eux. Ils peuvent réellement risquer leur vie, quand ils se retrouvent dans des secteurs déclarés sous couvre-feu par l’armée israélienne (des résidents font état de tirs s’ils s’aventurent hors de leur maison), ou dans des secteurs peuplés de colons israéliens (possédant un lourd passé historique de violence contre les civils palestiniens).

La torture n’est pas restreinte à ceux qui sont détenus ; en effet, en plusieurs occasions, les forces israéliennes ont fait subir aux civils palestiniens des traitements inqualifiables. Mi-octobre, The Guardian rapporta une affaire où un commandant israélien, le Lieutenant Colonel Geva Saguy, ordonnant à un garçon palestinien de se mettre nu, de tenir un papier brûlant sous les testicules, l’a menacé de lui enfoncer une bouteille dans l’anus, l’a battu et terrifié en lui disant qu’il allait lui tirer dessus. Étonnamment, le tribunal militaire l’a relevé de son poste ; cependant, la plupart des cas de torture sont justifiés par la cour militaire, et les interrogateurs agissent en toute impunité. Selon le Washington Post, les forces israéliennes ont récemment démarré une pratique appelée « la loterie », où toute personne prise violant le couvre-feu est obligée de choisir parmi des bouts de papier pliés, où sont écrites diverses punitions telles que « jambe cassée », « main fracassée », « tête fracassée », et les soldats administrent alors la punition sélectionnée. Il se dit que cette pratique est liée à la mort récente d’Amran Abu Hamediye (18 ans), que des témoins palestiniens ont vu être sévèrement molesté au niveau de la tête.

La description ci-dessus des conditions de vie des enfants prisonniers palestiniens n’est rien qu’un court métrage horrible. Il est essentiel de réaliser que le but des interrogateurs est d’augmenter la vulnérabilité d’un enfant à un point tel qu’ils le brisent émotionnellement. La perte forcée de l’enfance et de l’innocence est, en soi, déjà un crime, sans parler de quelques-unes des actions les plus invraisemblables perpétrées par le GSS et l’armée. La plupart d’entre nous aimeraient croire que ces interrogateurs israéliens et les responsables de tels actes ne sont pas des êtres humains. Bien que de telles personnes doivent être sadiques, ce sont néanmoins des êtres humains, qui révèlent le mal absolu de notre société. Nous sommes de la même espèce, et pour rendre justice aux victimes, plutôt que de se consoler dans le fait que de telles personnes doivent être anormales, nous devons exposer leurs atrocités et refuser la fréquence avec laquelle la torture continue d’être administrée.

Sources :

B’Tselem http://www.btselem.org/

Defence for Children International http://www.dci-pal.org/english/index.htm

The Guardian http://www.guardian.co.uk/]

LAW http://www.lawsociety.org/

The Palestine Monitor http://www.palestinemonitor.org/

The Public Committee against Torture in Israel http://stoptorture.org.il/

The Washington Post http://washingtonpost.com/

The World Organization against Torture http://www.omct.org/

Traduit de l’anglais par Eric Colonna, The Torture of Palestinian Children Under Israelian Occupation http://www.miftah.org/Display.cfm?D...

Note du traducteur [1]Dans le rapport de la commission d’enquête officielle présidée par le juge Moshe Landau en 1987, l’argument de la « bombe à retardement » justifie le recours à la véritable torture afin de découvrir une bombe sur le point d’exploser dans un bâtiment rempli de monde. http://www.miftah.org/Display.cfm?D...

MIFTAH est une institution palestinienne indépendante, fondée en janvier 1999 et basée à Jérusalem, qui a pour objectif l’intégration de plusieurs démarches : la construction et la prise de pouvoir d’une nation palestinienne fondée sur les principes de la démocratie, du respect des droits humains, d’un gouvernement représentatif ; la réconciliation et la coopération avec les autres nations.

http://www.hns-info.net/article.php...

La torture, monnaie courante en Israël

Source : http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article2857

 

samedi 15 décembre 2007 par Jsf

Plusieurs témoignages publiés par ISM (International Solidarity Movement) sur les tortures pratiquées sur les Palestiniens par des membres des services de renseignement israéliens et par les soldats.

Mais qui s’inquiète des droits de l’Homme dans ce cas ?

Un prisonnier libéré parle

Le lundi 3 décembre, un homme âgé de 25 ans originaire d’An Nabilyas, près de Qalqilya a été libéré de la prison du Naqab - l’un des 429 prisonniers libérés par Israël comme un soi-disant geste de "bonne volonté" pour les discussions de paix à Annapolis. Mousa a passé 6 ans en prison sur les 12 ans auxquels il a été condamné. Tout heureux d’être libre, l’histoire de Mousa met en lumière les techniques de torture mises en place par les forces israéliennes et les difficiles conditions qu’endurent les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

Arrêté à Azzoun, Mousa a d’abord été emmené à Petakh Tikva pour un interrogatoire qui a duré 78 jours. Il raconte que, lors des deux premiers jours il a été interrogé sans pause, et qu’il a été continuellement frappé.

Mousa raconte que parfois 16 membres du Shabbaq le frappaient en même temps, en lui donnant des coups de pied et de coups de poing. Il n’avait pas le droit de dormir, les soldats israéliennes le frappaient s’il s’endormait. Il a été régulièrement suspendu au plafond, les poignets liés, avec juste le bout de ses orteils touchant le sol, "comme dans la danse classique".

Pendant les huit jours suivants, il a encore continuellement battu, mais il était parfois autorisé à dormir dans une cellule isolée (dite "zinzana") pendant environ 30 minutes. Au bout des dix premiers jours, les passages à tabac ont diminué, mais il est resté suspendu au plafond pendant environ 14 heures par jour tout en étant interrogé.

Tout au long de sa période d’interrogatoire, les soldats ont menacé d’emprisonner toute sa famille et de maltraiter sa mère et ses soeurs. Ils ont constamment tenté de le forcer à avouer des crimes qu’il n’a pas commis, tels que des meurtres. La seule réponse de Mousa était "Je ne l’a pas fait", ce qui lui valut plusieurs passages à tabac.

Les visites à la salle de bain étaient déterminées en fonction de l’humeur des interrogateurs, parfois il était autorisé à utiliser la salle de bains, d’autres fois l’accès lui était refusé pendant de longues périodes. La seule eau potable mise à sa disposition dans la salle de bains lui semblait dangereuse car elle était brunâtre et nauséabonde. Contrairement à d’autres détenus qui ont déclaré avoir reçu peu de nourriture pendant leur période d’interrogatoire, Mousa a été nourri deux fois par jour, mais avec seulement deux petits morceaux de pain, une cuillère de yaourt et une demi-tomate, à peine suffisant pour le maintenir en vie.

Après 78 jours d’interrogatoire, Mousa a été placé danssix prisons différentes au cours de ses six années d’incarcération. Il a finalement été emmené dans la prison du Naqab (Ketziot) où étaient détenus la plupart des prisonniers libérés après Annapolis. Certains prisonniers ont appris par leurs gardiens qu’ils seraient libérés le 21 novembre, mais cette date est passée sans libération. En fait, il y a eu quatre fausses promesses de libération avant que les prisonniers soient libérés lundi dernier.

Pendant cette période, les détenus sont restés dans des conditions inhumaines, sans nourriture suffisante et sans couvertures. Mousa raconte qu’il pesait 72kgs quand il a été envoyé à Ketziot, mais il n’en faisait plus que 60kgs lorsqu’il a été relâché.

À sa libération, les affaires de Mousa ne lui ont pas été restituées, pas même à sa carte d’identité.

Les responsables de la prison prétendent qu’elles ont été perdues, ce qui bloque Mousa jusqu’à ce qu’il puisse se procurer une nouvelle pièce d’identité - un processus qui peut prendre environ un mois, voire plus. D’ic là, la situation de Mousa est extrêmement précaire, puisqu’il peut être arrêté et remis en prison s’il s’aventure dans la rue sans carte d’identité.

Mousa affirme être l’un des 150 prisonniers libérés ayant encore à purger une période significative de leur peine. Les autres, explique-t’il, n’avaient plus qu’un ou deux mois à faire, ou même avaient purgé leur peine et ont été gardés une semaine ou deux pour être inclus dans le communiqué, une critique reprise également par un chef du Fatah, Marwan Barghouti, dans une plainte présentée à des membres de la Knesset israélienne qui lui ont rendu visite.

Mousa a été également extrêmement critique sur le fait que 1818 Palestiniens ont été arrêtés depuis le mois de juillet, et qu’à l’heure actuelle, plus de 100 hommes et adolescents d’Azzoun sont emprisonnés par les forces israéliennes, en soulignant que sa libération n’a été rien d’autre qu’une opération publicitaire.

Bien que très heureux d’être avec sa famille (son cousin a noté : "Il ne l’a pas souri comme ça depuis six ans"), Mousa est choqué par la Palestine, qu’il a retrouvé lors de sa libération.

Même si ses parents lui avaient parlé du Mur d’Apartheid, il a été stupéfait de découvrir qu’il était si proche de son village et du nombre de terres palestiniennes qui ont été saisies. "

Je suis sorti de l’intérieur d’une prison pour me retrouver dans une prison à ciel ouvert."

(source)

(Traduction : MG pour ISM)


Des soldats des Forces d’Occupation torturent un adolescent sur de fausses accusations

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes. Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations.

Au cours de la dernière répression de l’armée israélienne contre les habitants du village d’Azzoun, des policiers en civil ont enlevé un adolescent de 16 ans pour le soumettre à un interrogatoire prolongé entrecoupé de coups.

L’adolescent d’Azzoun, Mahmoud Radouan et son ami circulaient dans une charrette tirée par un âne sur la route 55, juste à l’extérieur d’Izbat At Tabib, pour se rendre dans le champ de son ami situé dans les environs d’An Nabi Elyas, lorsque des policiers déguisés en Palestiniens conduisant ce qui semblait être un taxi palestinien ont arrêté les deux jeunes, en pointant une arme sur eux et en les forçant à s’asseoir sur la route à côté de la rambarde.

Au bout de 30 minutes, les policiers ont libéré l’ami de Mahmoud mais lui, ils l’ont gardé en lui disant : "Nous avons quelque chose sur vous, nous savons que vous posez des problèmes."

Il a été ensuite interrogé dans le taxi et au commissariat de police d’Ariel où il a ensuite été emmené. L’interrogatoire portait sur des accusations de jets de pierres sur les voitures circulant sur la route 55 ainsi quesur les jeeps de la police et de l’armée lors des invasions d’Azzoun.

Mahmoud a été menacé à maintes reprises. Les interrogateurs lui ont dit qu’il devait avouer le jet de pierres s’il voulait rentrer chez lui ou alors il serait présenté devant le tribunal et condamné à une amende. Ils l’ont menacé de lui "poser des problèmes" ainsi qu’à sa famille. Ils l’ont insulté à de nombreuses reprises et ont prononcé des grossièretés à son égard ainsi qu’à l’égard des femmes de sa famille.

Les interrogateurs lui ont placé sa veste sur la tête, ont enroulé les manches autour de son cou et les ont serrés jusqu’à étouffer le jeune détenu.

Ils l’ont ensuite frappé à coups de poing dans l’abdomen, sur le côté et à la tête et ils lui ont donné un coup de crosse de M16 dans les jambes.

Il a été interrogé ainsi pendant 2 heures et frappé à chaque fois qu’il niait les accusations. Malgré le passage à tabac qui accompagnait son interrogatoire, Mahmoud a continué à proclamer son innocence, en niant les acussations et en déclarant qu’il n’avait pas pris part aux jets de pierres.

Les interrogateurs de l’adolescent ont continué à contraindre Mahmoud à avouer en menaçant de le placer en isolement et de le suspendre au plafond et de le torturer jusqu’à ce qu’il cède.

Par la suite, n’ayant pas réussi à le faire avouer, ils ont emmené Mahmoud dans un couloir où il est resté assis, attaché à un banc en métal, pendant environ 4 heures.

Vers 22h, Mahmoud a été emmené dans un véhicule de l’armée et deposé près du village de Harris, loin de son village d’Azzoun. Après avoir attendu pendant une heure sur le bord de la route près de Harris, un jeune du village lui a prêté un téléphone afin qu’il puisse appeler sa famille. 10 minutes plus tard, Mahmoud a pu faire signe à un taxi de s’arrêter et ils est arrivé à Azzoun vers minuit.

Le calvaire, basé sur des fausses accusations a duré près de 10 heures et illustre bien ce que beaucoup de jeunes palestiniens endurent dans le cadre de la politique israélienne qui cible les jeunes sans motifs et sans preuves.

Ce n’est pas la première fois que Mahmoud est injustement soumis à des passages à tabac et à des interrogatoires.Il y a juste un an, c’était en hiver, Mahmoud, qui avait alors 15 ans, a été arrêté à son domicile à 1 h du matin.

Les Forces d’Occupation Israélienne ont frappé à la porte de sa maison, à la recherche de son frère, Mohammed, mais ils sont revenus 15 minutes plus tard pour embarquer Mahmoud et l’emmener au commissariat de polida de la colonie illégale de Ma’ale Shamron pour un interrogatoire.

Deux autres jeunes hommes d’Azzoun, âgés de 14 ans, ont également été emmenés pour être interrogés. À Ma’ale Shamron, les policiers ont ouvert un dossier sur les jeunes, puis ils les ont emmenés au commissariat de police de la colonie illégale d’Ariel.

Pendant tout le trajet qui a duré 1 heure, les soldats ont frappé Mahmoud avec des matraques sur la tête et sur tout le corps, en maudissant sa famille et en l’accusant de jeter des pierres, le prétexte de la détention.

À Ariel, Mahmoud a été emmené sur un toit où 2 enquêteurs israéliens lui ont mis un sac en plastique sur la tête, l’ont jeté à terre, lui ont menotté les bras dans le dos et lié les pieds et ils lui ont donné des coups de pied et de poing sur tout le corps pendant environ 20 minutes.

Pendant tout ce temps, les deux hommes ont continué d’accuser Mahmoud de jeter de pierres et ont insulté sa mère et sa famille.

L’adolescent a finalement été emmené à l’intérieur d’une cabane, où il est resté assis, toujours menottés et les pieds liés, de 3 heures à 6 heures du matin. Les policiers qui passaient le frappaient ou le gifflaient pour le réveiller quand il s’endormait.

Lorsque les agents de renseignement israéliens sont arrivés peu après 6 heures du matin, ils ont commencé à interroger les 3 jeunes chacun séparément. Mahmoud a été interrogé 3 fois pendant 30 minutes.

Au cours de ces périodes d’interrogatoire, ses interrogateurs lui ont posé la même question, lancé les mêmes accusations, et ils ont tenté à maintes reprises de faire avouer Mahmoud du jet de pierres. "Vous jeter des pierres. Où est votre arme ? Votre ami dit que vous jetez des pierres."

Ces déclarations et accusations ont également été faites aux deux autres jeunes, dans leur tentative de les obliger à se confesser d’actions qu’ils nient avoir commis.

Puis Mahmoud a été emmené dans la colonie illégale de Qedumim pendant 20 minutes avant d’être finalement libérés près du village de Jinsafut, à environ 8 km à l’est d’Azzoun.

Ces deux incidents ne sont pas isolés et ils illustrent la politique et les pratiques actuelles et systématiques qui servent à ridiculiser et à terroriser les jeunes palestiniens.

Les habitants pensent que les impositions de couvre-feux et de barrages routiers à Azzoun, les interrogatoires comme ceux-ci font partie d’une stratégie à long terme pour fabriquer une histoire de la violence dans le village afin de justifier la construction d’une barrière de séparation qui bloquera la principale entrée d’Azzoun ainsi que l’accès à la route 55.

Torture : les Nations unies exigent d’accéder à la prison secrète d’Israël

Source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6635

 

 

jeudi 21 mai 2009 - 05h:18

Jonathan Cook

 

 

Hamoked : "Cette prison est une violation du droit international plus lourde encore que dans le cas de Guantanamo Bay, car elle n’a jamais été inspectée et nul ne sait ce qui s’y passe."

 

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(photo : B’Tselem)

Les observateurs des Nations unies sur la torture ont reproché à Israël son refus d’autoriser l’inspection d’une prison secrète surnommée par les critiques, le « Guantanamo Bay d’Israël », et ils exigent qu’Israël leur dise si d’autres camps clandestins de détention sont en activité.

Dans un rapport publié vendredi, le Comité contre la Torture demande qu’Israël révèle l’emplacement du camp, officiellement appelé « Camp 1391 », et en permette l’accès au Comité international de la Croix-Rouge.

Des conclusions d’organisations israéliennes des droits de l’homme indiquent que la prison a servi dans le passé à détenir des prisonniers arabes et musulmans, notamment des Palestiniens, et que la torture et la maltraitance physique y étaient régulièrement pratiquées par les interrogateurs.

Une commission de 10 experts indépendants du Comité des Nations unies a également jugé crédibles les rapports de groupes israéliens concluant que les détenus palestiniens étaient systématiquement torturés en dépit de la décision de 1999 de la Cour suprême israélienne interdisant de telles pratiques.

L’existence du Camp 1391 a été révélée en 2002, quand des Palestiniens y furent internés pour la première fois lorsque Israël a lancé une nouvelle invasion de la Cisjordanie. Dans des conclusions à l’attention du Comité des Nations unies, Israël a nié que des prisonniers étaient actuellement détenus sur ce site, tout en reconnaissant que plusieurs Libanais y avaient été détenus lors de l’attaque du Liban en 2006.

Le Comité a exprimé sa préoccupation au sujet d’une décision de la Cour suprême de 2005, qui estime « raisonnable » de la part de l’Etat de ne pas faire d’enquête sur les soupçons de pratique de la torture dans la prison. La commission d’experts s’estime préoccupée à bon droit du fait que sans inspection, la prison est peut être encore utilisée ou peut l’être à tout moment.

« Le tribunal israélien, note le Comité, devrait s’assurer que toutes les allégations de torture et de maltraitance sur les prisonniers au Camp 1391 soient soumises à enquête (et) et que les conclusions de celle-ci soient rendues publiques. »

C’est Hamoked, une organisation israélienne des droits humains, qui, la première, a identifié la prison après que deux Palestiniens cousins aient été enlevés à Naplouse en 2002, sans que leurs familles n’aient pu retrouver leurs traces. Les officiels israéliens ont finalement reconnu que les deux avaient été détenus dans un lieu secret.

Israël refuse toujours d’identifier le lieu exact de la prison, qui se trouve en Israël à environ 100 kilomètres au nord de Jérusalem. Quelques bâtiments en sont visibles, mais la plus grande partie de la prison a été bâtie sous terre.

«  Nous n’avons pu être au courant au sujet de cette prison que grâce à une erreur de l’armée quand elle y a mis des Palestiniens parce qu’elle manquait de place dans les principales prisons d’Israël. » dit Dalia Kerstein, directrice d’Hamoked.

« Le véritable objectif du camp est d’y interroger les prisonniers du monde arabe et musulman qui se trouvent ainsi difficiles à retrouver, de sorte que leurs familles ne peuvent contacter les organisations israéliennes pour leur venir en aide. »

Pour Mme Kerstein, cette prison est une violation du droit international plus lourde encore que dans le cas de Guantanamo Bay, car elle n’a jamais été inspectée et nul ne sait ce qui s’y passe.

Selon les témoignages des cousins palestiniens, Mohammed et Bashar Jadallah, ils ont été détenus dans des cellules d’isolement de 2 mètres carré, avec des murs noirs, sans fenêtre et une ampoule allumée 24 heures sur 24. A de rares occasions, ils ont pu sortir, escortés, mais ils devaient porter des lunettes fumées.

Quand on a demandé à Bashar Jadallah, 50 ans, où il était, il a répondu qu’il était « sur la lune ».

Dans son témoignage, Mohammed Jadallah, 23 ans, affirme qu’il a été frappé à maintes reprises, ses chaînes resserrées, qu’il a été attaché dans des positions douloureuses sur une chaise, qu’il ne pouvait ni aller aux toilettes ni dormir, il était aspergé d’eau s’il s’endormait. Les interrogateurs lui auraient aussi montré des photos de membres de sa famille et l’auraient menacé de leur faire du mal.

Si les Palestiniens passant par cette prison étaient interrogés par la police secrète intérieure, le Shin Bet, les ressortissants étrangers à la prison tombaient sous la responsabilité d’une branche spéciale des renseignements militaires connue sous le nom d’Unité 504, dont les méthodes d’interrogatoires sont convaincues d’être bien plus serrées.

Peu après que la prison ne fût connue, un ancien détenu - Mustafa Dirani, dirigeant du groupe chiite libanais Amal - a engagé une action en justice en Israël affirmant qu’il avait été violé par un gardien.

Mr Dirani, enlevé au Liban en 1994, a été enfermé au Camp 1391 pendant huit ans avec un dirigeant du Hezbollah, Sheikh Abdel Karim Obeid. Israël espérait leur tirer des informations sur la disparition d’un aviateur, Ron Arad, descendu au-dessus du Liban en 1986.

Mr Dirani a soutenu devant le tribunal qu’il avait été maltraité physiquement par un interrogateur militaire de haut grade, appelé « Major George », et notamment qu’il l’avait sodomisé avec un bâton.

L’affaire a été abandonnée début 2004 à la libération de Mr Dirani dans un échange de prisonnier.

D’après Mme Kerstein, rien ne prouve qu’il y ait d’autres prisons en Israël comme le Camp 1391, mais certains des témoignages recueillis d’anciens détenus laissent penser qu’ils ont été détenus en d’autres lieux secrets.

Ce qui la préoccupe, c’est qu’Israël pourrait être l’un des pays destinataires des vols de « restitutions extraordinaires », où des prisonniers capturés par les Etats-Unis étaient introduits clandestinement dans d’autres pays pour y être torturés.

«  Si une démocratie autorise une prison de ce genre, qui dira qu’il n’y en a pas d’autres ? » demande-t-elle.

Le Comité a examiné d’autres soupçons de torture impliquant Israël. Il s’est dit particulièrement soucieux de l’absence d’enquête par Israël sur plus de 600 plaintes déposées par des détenus contre le Shin Bet depuis la dernière session de la commission, en 2001.

Il a également mis en avant les pressions exercées sur des habitants de Gaza qui avaient besoin de traitement médical pour les amener à devenir des informateurs.

Ishai Menuchin, directeur exécutif du Comité public contre la torture en Israël, a déclaré que son groupe avait envoyé plusieurs rapports au Comité montrant que la torture était systématiquement pratiquée contre les prisonniers.

« Après la décision de la Cour en 1999, les interrogateurs ont appris à devenir plus créatifs dans leurs techniques. » a-t-il dit.

Et d’ajouter que, depuis la redéfinition par Israël de la bande de Gaza en « entité ennemie », certains des Palestiniens enlevés étaient détenus en tant que « combattants illégaux » et non « détenus sécurité ».

«  Dans ces conditions, ils peuvent être qualifiés pour l’incarcération dans les prisons secrètes tel que le Camp 1931. » 

(JPG)Jonathan Cook est écrivain et journaliste basé à Nazareth, Israël. Ses derniers livres sont : Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East (Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books).

Son site : http://www.jkcook.net/

Du même auteur :

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Nazareth, Israël, le 17 mai 2009 - Jonathan Cook ; il fut publié également sur : counterpunch - dessins : site du Comité israélien contre la torture - traduction : JPP
Cet article a d’abord été publié par The National à Abu Dhabi.